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Walter Palmer et le lion Cecil

 

L’immoralité de la chasse

provient du plaisir de donner la mort



« opinion » parue dans le quotidien anglais The Guardian

du 31 juillet 2015

 

traduction Gilles Castelnau

 

1er août 2015

La mort d’une aussi belle créature que Cecil le Lion a justement provoqué une colère unanime.
Mais pourquoi est-on plus sensible à la manière dont meurt un animal qu’à sa qualité de vie ? Après tout, Cecil a eu 13 années libres et heureuses de vagabondage dans le park national Hwange du Zimbabwé.
En ce qui concerne sa souffrance, les dernières heures de sa vie ont incontestablement été douloureuses, mais elles peuvent difficilement être comparées à la misérable existence de tant d’animaux de nos exploitations agricoles qui finissent dans nos assiettes.
La vie libre de Cecil n’était limitée que par les frontières du park (environs 14 650 km carrés). Alors que dans un élevage industriel, l’espace de vie moyen accordé aux poulets n’a guère que la dimension d’une feuille de papier de format A4. Ils n’y vivent que six semaines confinés dans leurs excrément sans voir jamais le soleil ni respirer le plein air.
Ceci étant, il peut sembler surprenant que nous focalisions notre indignation sur un dentiste de la petite ville de Bloomington (Minnesota) alors qu’on a donné la médaille de l’Empire britannique à Bernard Mathews pour son gigantesque élevage de dindes.

D’ailleurs, quelle est la différence entre l’exploitation d’un élevage commercial d’animaux et l’exploitation de lions ? Le revenu d’un permis de chasse aux animaux sauvages est important et se trouve redistribué à des Africains défavorisés.
Dans ces conditions, le scandale provoqué par la mort de Cecil le lion, n’est-il pas simple sentimentalité occidentale de la part de ceux qui sont sensibles à « L’histoire de la vie », la chanson d’Elton Jones dans le film « le Roi Lion », mais qui ne prennent pas vraiment conscience de sa signification. Ceci concerne sans doute ceux qui manifestent leur réprobation de l’attitude du Dr Palmer en déposant des peluches devant son cabinet de dentiste.
Après tout si Cecil avait trouvé la mort dans un combat contre un autre lion, il n’aurait sans doute pas moins souffert.


Mais parlons plutôt du sens moral de la chose. Le plus troublant dans cette histoire est bien le plaisir que donne la chasse.
Bien sûr, nous tuons des animaux pour nous nourrir, mais nous faisons partie des rares animaux qui tuent aussi pour le sport et pour le seul plaisir de tuer. Il est d’ailleurs étonnant que les renards et les chats – qui sont si souvent l’objet d’un souci particulier de la part des amis des bêtes – partagent ce plaisir avec nous.
La chasse est la manière dont certains vivent l’impulsion qu’ils ressentent d’une profonde unité avec le monde de la nature. Pour d’autres, comme le dentiste Walter Palmer ou Francis Macomber, le héros du romancier Ernest Hemingway, la chasse aux grands animaux évoque une pulsion beaucoup plus profonde. On peut se demander quelle grave insuffisance ils cherchent à compenser en courant le monde entier pour éprouver un frisson salvateur en tuant une vie. L’usage d’une arbalète perfectionnée qu’affectionnait le Dr Palmer accroissait la sensation inquiétante de connexion primitive qu’il éprouvait avec la souffrance de sa proie.

Il n’y a pas de doute que ce dentiste de banlieue dont la vie ne tournait qu’autour des caries et des douleurs de gencives de ses patients, avait besoin du face à face avec un lion pour se sentir un peu plus réellement vivant, un peu plus mâle dominant.
Non qu’il reconstitue courageusement une sorte d’égalité avec le lion : il bénéficiait, en effet, de la présence à ses côtés d’un chasseur professionnel armé d’un fusil de haute puissance. De plus nombre de ces lions étaient tellement habitués à la présence humaine que celle-ci ne les faisait plus guère réagir. Il n’y avait rien de courageux dans cette chasse. Les photographies du Dr Palmer torse nu étreignant un léopard mort font penser à celles bien connues de Vladimir Poutine qui, lui aussi, s’efforçait de manifester ainsi sa virilité.
L’élevage industriel des animaux est sans doute plus cruel pour les bêtes. Mais cette cruauté ne provoque aucun plaisir sadique chez ceux qui y travaillent. Et c’est pourquoi la condamnation du Dr Palmer est pleinement justifiée.

 


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