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« Être semblable au Christ »

est mal

 

 

Don’t be Christ-like. It’s evil

 

 

George Elerick


1er mai 2015

La recommandation de nous rendre « semblables au Christ »
est la marque d’une attitude misanthropique
et dominatrice de l'humanité


Être « semblable au Christ » connote une personnalité éthérée. En réalité le Christ s’est distingué à fréquentes reprises de ses disciples. Il a même dit qu’ils auraient plus de capacités que lui-même. Il n’est pas un modèle. D’ailleurs à son départ, il n’a pas laissé de Bible, de livre d’instruction. En faire un modèle revient à établir si les gens sont moraux, immoraux, anormaux etc. Plus que la simple disparition du christianisme, une telle attitude entraîne l’institutionnalisation de la norme. Comme s’il se trouvait dans le ciel le livre de code du parfait chrétien qu’il faudrait suivre pour que tout aille bien et que la vie soit belle chaque seconde de chaque jour. Il ne faut pas s’étonner de ce que tant de gens ne veulent plus se dire chrétiens.

Le philosophe français Jean Baudrillard a dit que l’éthique était le mal et que suivre un modèle était aussi le mal. Dans cet esprit, l’expression « être semblable au Christ » est une formulation désastreuse car elle incite à se détourner de notre être profond, à sortir de nous-même pour devenir quelqu'un d’autre. Ce serait comme s’il nous manquait quelque chose à nous-même, que nous avions besoin d’un autre, une sorte d’addiction : idée que si l’on suit ce modèle magique, tout sera bien.

Une telle idéologie est choquante : elle propose une vision méprisable de l’humanité selon laquelle nous serions incapables de tout ce que le Christ promouvait. Elle me semble contraire aux évangiles. J’y lis pourtant qu’il relevait les femmes en leur disant qu’elles avaient plus de force en elles qu’on ne le leur disait ; il traitait les homosexuels en égaux (note de GC : le centurion et son serviteur auquel il était « très attaché ») ; ils disait la vérité à toutes les autorités. Il était un rebelle. Mais il ne cherchait pas à instaurer une nouvelle religion. Il vivait seulement ce qu’il était, sans se proposer comme modèle.

Il est clair qu’il croyait en Dieu, mais il ne disait pas comment il fallait y croire. Il mettait le doigt sur les fissures et les fautes du système en fonction sans chercher à imposer des idées normalisées.

Cet article ne veut pas non plus convaincre les lecteurs de se conformer à ma propre compréhension du ministère du Christ. Je veux simplement dire la différence entre ce que je lis dans les évangiles et le modèle que l’Église enseigne et auquel elle invite à se conformer.

L’idéologie qui se cache derrière le slogan « être semblable au Christ » est misanthropique et destructrice de liberté.
Misanthropique car elle implique en fait qu’en dehors du modèle prédéterminé du « Christ », nous ne valons pas grand chose. Derrière l’espoir de cette image magique et stéréotypée se cache la sinistre idéologie qu’elle condamne. Lorsqu’on nous dit que si nous suivons la liste d’actes, de paroles, de bonnes actions qui nous rendront semblables au Christ, nous sommes toujours amenés à comprendre que si nous revêtons l’habit magique qui nous rend « semblables au Christ », nous serons de fait plus moraux, plus spirituels etc. Et nous subissons en fait une domination.
En effet on peut parfaitement dire au contraire, que suivre un modèle nous détourne de notre voie personnelle.

Il vaut donc mieux renoncer à ce type d’affirmation. Lorsque j’utilise le mot « voie personnelle », il ne s’agit évidemment pas de suivre un autre modèle que celui du Christ, mais bien de vivre notre liberté humaine en nous libérant de tous les modèles qui sont détestables et consternants.

Dieu n’est pas un grand être mystérieux tirant les ficelles. Il est l’Être (« ousis », la substance) commun à toutes les réalités. La libération des règles, des commandements moraux, des modèles est une possibilité qui nous est donnée à tous de vivre une liberté retrouvée. Lutter pour progresser dans cette direction rendrait notre monde plus heureux.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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Note de GC

L’auteur réagit sans doute contre les images stéréotypées du chrétien fidèle que donnent certaines Églises, notamment évangéliques ou issues de la Droite religieuse : être régulier au culte, communier le dimanche dans les communautés catholiques, ne pas fumer, ne pas draguer, ne pas fréquenter les cafés.
Formalisme extérieur permettant par ailleurs un manque d’engagement dans la société pour plus de justice et de fraternité, un rigorisme moral excluant les homosexuels, les divorcés, les cohabitants juvéniles...
Il ne s'agit pas de se conformer à un modèle tout fait (et forcément discutable) mais de se laisser animer par l'Esprit de Dieu comme le Christ nous l'a montré.

 


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