« Jésus étendit la main, le toucha et dit : "je le veux, sois purifié", et à l’instant la lèpre le quitta » (Lc 5,13)
Jésus, par ce geste, rejoint l'homme dans son impureté et la partage avec lui. Il montre ainsi la supériorité de la compassion sur le respect des règles d'hygiène et des interdits religieux. Jésus est souverainement libre. Il n'hésite pas à enfreindre la loi de Moïse quand la vie, la dignité de l'homme est en jeu.
Jésus nous montre que Dieu ne craint pas la misère, la maladie, et même ce qui lui est le plus étranger, le péché de l'homme. Son Dieu nous rejoint là où nous sommes et nous guérit. Jésus nous révèle ainsi que le péché est ce choix qui consiste à écarter l'homme sous prétexte d'honorer Dieu comme l'ont voulu les djihadistes meurtriers de Charlie Hebdo. « Si quelqu'un dit "j'aime Dieu et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur". » (1 Jn 4, 20).
Alors, soyons, nous aussi, miséricordieux envers tous les hommes, aussi étrangers et indignes qu'ils nous paraissent, c'est la vraie manière de servir et d'honorer Dieu. Au contraire, toute condamnation d'autrui au nom de Dieu est au service de Satan et de la haine qui travaille le monde, puisque Dieu même est requis à son service.
Jésus attaque le mal là où il apparaît le plus clairement : la réquisition de Dieu à des intérêts particuliers au point que Dieu devient Celui qui exige la destruction de son image : l'homme. Ce Dieu n'est pas Dieu, c'est une idole. Le Dieu de Jésus guérit de cette lèpre qui nous défigure, il libère de Dieu, du Dieu imaginaire garant des murs que les hommes dressent entre eux, celui que nous produisons... au nom même de Dieu.
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