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La prière et Pentecôte


 

On Prayer and Pentecost

 

Sea Raven

Sea Raven est une théologienne membre de l’Église universaliste.
Elle fait partie du Westar Institute qui cherche à reconstituer le Jésus historique.
(Note de G.C. : On pourra s’interroger sur la validité de sa « reconstitution » même des paroles de Jésus que rapportent les évangélistes)

 

 

11 novembre 2014

Pour un grand nombre – sinon la totalité – des chrétiens du 21e siècle, la prière est une magie.

- Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mat 18.20)
- Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai (Jean 14.13)
- Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. (Jean 15.7)
- Ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. (Jean 16.23)

La prière implique aussi traditionnellement une persévérance comme dans la parabole de la veuve et du juge inique (Luc 11.1-13) et dans le récit du voisin qui frappe à la mort au milieu de la nuit pour demander de l’aide (Luc 18.1-14)

Le christianisme courant affirme qu’avec Dieu tout est possible si on prie au nom de Jésus.

Mais les disciples de Jésus du 21e siècle qui admettent les conceptions cosmologiques actuelles ont pris conscience qu’il n’y a pas de Dieu « là-bas » ou « là-haut » qui puisse intervenir pour bouleverser les lois de la physique universelle, quand bien même on prierait saint Antoine ou le pape Jean XXIII ou au nom de quelqu’un d’autre.

Supposons seulement que le cœur de l’Évangile de Jean (les chapitres 14 à 16) soit une illustration de la définition que John Dominic Crossan donnait de Dieu : sa présence est justice et vie et son absence est injustice et mort. Si la vie sans justice est une mort vivante, la prière est donc la volonté affirmée de collaborer avec les forces de la justice et de la vie.

Voyons aussi le Prologue de Jean :

Au commencement il y avait la parole divine et la sagesse. La parole divine et la sagesse étaient avec Dieu et c’est Dieu... La Loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus l’Oint. Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître. (Jean 1)

Dieu est ainsi défini comme « parole divine et sagesse », et il est donc révélé à tout le monde dans la vie et l’enseignement de Jésus.
Jean dit, en écho à l’apôtre Paul :

La Loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus l’Oint.

La vraie nature de Dieu n’apparait donc pas dans la facile justice de rétribution codifiée dans nos lois humaines. La « grâce » de Dieu (« charis » dans le texte grec original) apparaît dans la vie et l’enseignement de Jésus. Le grec « charis » peut se traduire par « grâce » ou par « compassion ». Le problème est que les deux mots ont été dévalués jusqu’à ne plus signifier qu’ « être désolé » pour commuer une peine de mort.
Ce qui est difficile est de prendre conscience que la justice de Dieu est distributive, inclut la grâce en tant que compassion et entraîne un changement de mentalité. La justice-compassion établit ou restaure la volonté radicale de Dieu qui est toujours en quelque sorte de changer l’eau en vin.

Le Jésus que présente Jean avait en lui la conviction que la nature de Dieu était justice-compassion et éliminait toute crainte de la mort, aussi bien la mort physique que la mort spirituelle. Affirmer la condamnation de ceux qui ne croient pas que rencontrer Jésus soit rencontrer Dieu n’est que l’expression d’une expérience concrète : ceux qui n’aiment pas leur prochain, qui haïssent les autres et ne pratiquent pas la justice-compassion en subissent automatiquement les conséquences : Ils sont incapables de recevoir la paix que Jésus donne :

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. (Jean 14.27).

Le monde avec son système d’injustice et d’avidité ne s’intéresse pas à susciter un système de justice et de partage qui exigerait de renoncer à l’intérêt égoïste, ce dont peu de gens sont capables.

Dans la parabole de la veuve et du juge inique (Luc 11.1-13) l’auteur s’efforce de montrer comment Dieu exauce la prière des fidèles. Mais en racontant cette parabole, le Jésus historique était en train de parler de trois sujets différents : la loi impériale de Dieu très différente de la loi romaine, l’hospitalité et la confiance. Dans le Notre Père (qui se trouve aussi en Matthieu 6), Jésus n’a probablement prononcé que les deux premières lignes : « Abba-Père, que ton nom soit respecté, impose ta loi impériale ». Le Jésus de Luc a probablement dit ici la parabole de l’ami demandant de l’aide au milieu de la nuit, mais c’était à propos de l’hospitalité, et non pas pour dire que Dieu répond aux prières insistantes.

Le texte complet de l’Évangile est :

Je vous le dis, même si vous ne vous leviez pas pour les lui donner parce que c'est votre ami, vous vous lèverez car vous auriez honte de ne pas le faire (Luc 11.8)

L’exaucement de Dieu à une prière persévérante n’a rien à faire ici.

Le Jésus de Luc a probablement ajouté à l’intention de ses disciples :

Soyez tranquilles, ceux qui demandent reçoivent, ceux qui cherchent trouvent et on ouvre à celui qui frappe.

Mais ce n’est pas un enseignement concernant la prière adressée à un Dieu interventionniste : il s’agit de la confiance qu’on peut avoir en participant à l’œuvre en cours de la restauration de la justice-compassion de Dieu. Jésus a, sans doute, dit ces paroles pour donner confiance à ses disciples qui s’engageaient comme lui dans un ministère itinérant.

Dans les deux récits du juge inique et du pharisien et du péager (18.1-14) le Jésus de Luc réprimande la jeune Église qui doute de la capacité de Dieu de fournir une justice aussi puissante que l’Empire qui favorise la puissance politique persévérante. Ces paroles de Jésus sont d’une ironie acide que l’évangéliste a totalement déconstruite. Luc fait de la parabole une illustration de la foi (en tant que croyance) du fait que Dieu va exaucer la prière. Mais Jésus parle en fait des juges romains corrompus qui font justice à ceux qui crient et menacent le plus.
Aujourd’hui l’ironie de Jésus se porterait de manière analogue sur le criminel système de « justice » américain qui reproche aux noirs d’être au mauvais endroit au mauvais moment et acquitte les meurtriers plus malins. Système qui considère comme d’ « innocentes plaisanteries » les moqueries racistes d’enfants blancs méritant tout au plus une réprimande, mais poursuit en justice comme « menaces de mort » les réponses des enfants noirs.

Le « Jesus Seminar » fondé par le Westar Institute a fait le commentaire suivant : « Le juge corrompu rend justice à la veuve pour se débarrasser de ses demandes. Il veut peut-être protéger sa réputation mise à mal par les allées et venues incessantes de la plaignante. »

Ce n’est pas une caractéristique du « Royaume de Dieu » que de voir exaucer tous nos vœux dans la mesure où nous insistons. C’est celle de l’Empire romain qui exige fidélité plutôt qu’intégrité et punit plus qu’il ne fraternise. Dans la pensée courante, lorsque la prière au nom de Jésus n’est pas exaucée, lorsque « frapper infatigablement à la porte du ciel » demeure sans résultat, lorsque même des marchés sont inutilement proposés à Dieu (« J’arrêterai de fumer »), au lieu d’admettre que Dieu n’interviendra pas, on dit souvent qu’il « éprouve notre foi » ou qu’ « il a un meilleur plan pour moi ».

Néanmoins changer de théologie est une attitude beaucoup plus efficace que multiplier les prières à un dieu disqualifié.

- Dans l’Évangile de Jean, Jésus donne le saint Esprit le soir de sa Résurrection :

Jésus souffla sur eux, et leur dit : Recevez le saint Esprit. Jean 20.22

- Dans les Actes des Apôtres, le saint Esprit descend sous forme de langues de feu sur la communauté chrétienne réunie à Jérusalem. Les disciples sont rendus capables de rapporter l’histoire de Jésus dans toutes les langues du monde connu.

- Pierre cite le prophète Joël :

Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

- Paul proclame

Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. (I Corinthiens 12.13)

Aucune magie dans tout cela !

 

Traduction Gilles Castelnau


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