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La providence


de l'infantilisme à l’esprit d’enfance

 


Antoine Nouis

directeur de l’hebdomadaire protestant Réforme

publié le 6 juin 2013

 

6 juin 2013

Les livres de piété fourmillent d'histoires sur la providence, telle celle de cet homme très pauvre qui avait un beau cheval.

L’animal était si beau que le seigneur du château voulait le lui acheter mais il refusait toujours :
-  « Pour moi ce cheval n'est pas un animal, c'est un ami. Comment voulez-vous vendre un ami ? »
Un matin, il se rend à l'étable et le cheval n'est plus là. Tous les villageois lui disent :
-  «  On te l'avait bien dit ! Tu aurais mieux fait de le vendre. Maintenant, on te l'a volé... quelle malchance ! »
Le vieil homme répond :
-  « Chance, malchance, qui peut le dire ? »
Quinze jours plus tard, le cheval revient, avec toute une horde de chevaux sauvages. Il s'était échappé, avait séduit une belle jument et rentrait avec le reste de la horde.
-  « Quelle chance ! », disent les villageois.
-  « Chance, malchance, qui peut le dire ? », répond le vieil homme.
Une semaine plus tard, le fils de l'homme se casse une jambe en dressant un nouveau cheval.
-  « Quelle malchance ! », disent ses amis.
Quelque temps plus tard, l’armée du seigneur du pays arrive dans le village, et enrôle de force tous les jeunes gens disponibles. Tous... sauf le fils du vieil homme, qui a sa jambe cassée...

Une notion problématique

Des histoires comme celle-là nous feraient croire à la providence au nom du verset qui dit que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu », (Ro 8, 28) . Mais nous savons que cela n'est pas toujours vrai. L’histoire de notre monde est aussi une histoire monstrueuse qui compte sa part de tragédies, d'innocents qui sont frappés et de salauds qui sont épargnés.
Comme le disait déjà Jérémie :
-  « Tu es trop juste, Éternel, pour que j'entre en procès avec toi ; Je veux néanmoins te parler sur tes jugements : pourquoi la voie des méchants est-elle une réussite ? Pourquoi vivent-ils tous tranquillement, les traîtres qui trahissent ? » (Jér I2,1).

Avec lucidité, Marcel Légaut a écrit : « La providence est un postulat qu'aucun regard sur le monde tel quel ne peut rendre vraisemblable. »
Le mot providence ne se trouve pas dans la Bible et le principal attribut qui est donné à Dieu se trouve dans le verset qui dit :
-  « Dieu est amour » (I Jn 4,8).
Nous sommes invités à passer d'une vision du Dieu tout-puissant à celle du Dieu tout-aimant, au Dieu dont la seule puissance est celle de l'amour.

Est-ce à dire qu'il faille abandonner l'idée de providence ? François Varillon a écrit :
-  « Si Dieu n'est pas providence, il faut dire tout net qu'il n'existe pas. S'il n'est pas providence, on se demande s'il y aurait lieu de parler de Lui. » Et de décrire les trois âges de la foi :

L’enfance de la foi est le temps de l’innocence. C'est la découverte d'un Dieu qui pourvoit à nos besoins comme une mère nourrit un bébé. Mais le nourrisson n'a pas vocation à demeurer dans cet état, il est appelé à grandir pour devenir autonome. Un Dieu qui viendrait satisfaire toutes nos faims et tous nos désirs ne serait qu'une idole et certainement pas le Dieu de Jésus-Christ. Une foi qui resterait à ce stade serait de l'infantilisme. « Passer de la confiance aveugle à la révolte, puis à la confiance lucide »

Après l'enfance, nous pouvons évoquer l'adolescence de la foi. Elle apparaît lorsque l'idole du premier âge se brise, qui réalise que le monde est injuste et que la vie est parfois tragique. On passe alors de l'innocence à la révolte : qui est ce Dieu qui se définit par l’amour et qui n’arrête pas le déferlement du mal ? Cette révolte est aussi dans la Bible, dans les Psaumes, les livres de Job ou de Jérémie. Comme le dit François Varillon :
-  « La révolte n'est pas le blasphème, pas plus que la foi n’est la résignation. »

Le problème de la pure révolte est qu'elle risque de nous enfermer dans une amertume stérile, c'est pourquoi Jésus a appelé Nicodème à redevenir un tout-petit. Après l'infantilisme et la révolte, il s'agit de retrouver l’esprit d'enfance, ce que d'autres ont appelé une naïveté seconde. C'est le cri de Paul qui déclare dans une belle confession de foi :
-  « Qui nous séparera de l'amour du Christ ? La détresse, l'angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ? » (Rom 8,35).
Pour Paul, ces épreuves ne sont pas théoriques car il a connu la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger et le glaive (voir 2 Co 11,24-28). Cette déclaration sur l'amour du Christ ne vient pas d'un enfant innocent mais d'un homme qui a traversé le mal et la persécution et qui au bout du chemin peut dire :
-  « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur. » (Rom 8,39).

Les temps de l'enfance, de l'adolescence et de l’âge adulte correspondent à la confiance aveugle, à la révolte et à la confiance lucide. Ces trois étapes se succèdent mais elles sont aussi en tension car qui peut dire qu'il est pleinement adulte ? De l'enfant et de l’adolescent subsistent en chacun de nous.

 


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