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Jésus-Christ

pour

LES NULS

 

 

Éric Denimal - Matthieu Richelle

 

FIRST Editions

300 pages – 22,95 €

 

Gilles Castelnau

 

26 juin 2014

Éric Denimal et Matthieu Richelle ont réussi le pari impossible d’écrire un livre sur Jésus-Christ qui ne soit ni un catéchisme insufflant une religion, ni une présentation d’une objectivité froide et désincarnée, ni un placard fondamentaliste et sectaire, ni naturellement un pamphlet sarcastique.

Sans choquer personne, ils proposent une approche modérément historique et critique des textes de la Bible et des premiers credo, ils montrent comment les premiers chrétiens ont pu comprendre le ministère de Jésus et rédiger les évangiles, ils expliquent les divers développements théologiques et spirituels qui ont vu le jour au sein des Églises et en dehors d’elles.

Leur écriture est claire, précise, sympathique. Leurs affirmations ne sont jamais tendancieuses et douteuses, mais révèlent au contraire une bonne connaissance de la science moderne, illustrée par de très nombreux encadrés, brefs et toujours intéressants.

Les croyants y préciseront les bases de leur foi. Les incroyants comprendront l’attachement que l’on peut avoir pour ce personnage étonnant qu’était Jésus. Les nombreuses citations mentionnées en appendice rappelleront les passages principaux des évangiles et donneront peut-être envie à ceux qui les ignorent de s’y plonger.

En voici quelques passages.

 

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page 64

La vie et l’enseignement de Jésus selon les Évangiles

Naissance, enfance et jeunesse de Jésus

Reconstitution des événements

Bonne ou mauvaise étoile ?

Ceux que le folklore nomme « les trois rois mages » entrent en scène. Sauf qu'ils ne sont pas rois, ni trois. En tout cas, les Évangiles ne le précisent pas. D'après ces écrits, ils viennent bien d'Orient et cherchent « le roi des Juifs qui vient de naître ». Ils disent avoir vu son étoile et désirent l'adorer. C'est à Jérusalem qu'ils le cherchent, le pensant sans doute dans une maison princière (finalement, l'étoile n'est pas un GPS très précis !), et l'affaire arrive aux oreilles d'Hérode. Il est roi, intronisé par les Romains et désire le rester. Il s'informe auprès de ses conseillers religieux afin de savoir si cette histoire de roi est plausible : où donc un roi, un messie, est-il censé naitre selon les textes anciens ? Les prêtres ne tergiversent pas et annoncent que le Christ doit naître à Bethléem, telle est la prophétie de Michée. Hérode convoque aussitôt les mages d'Orient, fait mine de s'intéresser aux présages et autres prophéties, recommande aux astrologues de trouver ce fameux roi et de l'en informer aussitôt afin qu'il puisse, à son tour, l'honorer. Mais les intentions d'Hérode sont nettement moins nobles !

Les mages reprennent leur quête, guidés par l'étoile mystérieuse, et trouvent enfin le couple et l'enfant auxquels ils offrent une série de cadeaux. Les trois fameux présents - de l'or, de l'encens et de la myrrhe - ont peut-être suscité la croyance selon laquelle les donateurs étaient riches. Ce qui est véritable, c’est que ces trois présents sont riches de sens symbolique (note de GC : l’encadré qui suit explique ces symboles).

 

Encadré page 65

Cadeaux des mages en images

L’or est le plus précieux des présents, celui qui convient et qui honore un roi.

L’encens est un élément incontournable qui évoque un culte aux divinités.

La myrrhe évoque généralement la souffrance et la mort puisqu'elle est utilisée pour l'embaumement.

Ainsi donc, ces trois cadeaux font référence à la royauté, à la spiritualité et à la mortalité.

L’or, purifié par le feu suggère également la perfection ; l'encens, l'adoration et la prière ; la myrrhe, la douleur et la souffrance, mais pas seulement. La symbolique de la myrrhe pour un Juif de l’époque, fait écho à ce qu’en dit l'Ancien Testament. En effet, la myrrhe est mentionnée 12 fois dans la Bible hébraïque, et 7 fois dans le Cantique des Cantiques, un éloge poétique et Erotique de l'amour entre deux amants ! Dans un texte du Livre des Psaumes, elle est présente pour parfumer les vêtements du Roi-Messie à venir dans le cadre de fiançailles (symboliques elles aussi) avec lsraël. Enfin, elle est utilisée pour oindre l’Arche de l’Alliance.

Elle est donc aussi et surtout un symbole de l'Amour que porte Dieu au travers de son envoyé, pour son peuple. Cependant, comme les mages viennent d’0rient (le lieu des origines), il peut aussi être question ici d’une marque de considération et d'adoration venant déjà des nations païennes. Matthieu, l’évangéliste qui a précisé la nature des cadeaux, avait-il à l'esprit la prophétie d'Isaïe ?

« Lève-toi, brille : ta lumière arrive, la gloire du Seigneur se lève sur toi. Des nations marcheront à ta lumière et des rois à la clarté de ton aurore. Ils viendront tous ; ils porteront de l'or et de l'encens, et annonceront comme une bonne nouvelle. les louanges du Seigneur » (Isaïe 60)

 

page 87

Mission impossible

Rabbi Jésus

Miracles et exorcismes en tout genre

Un événement surnaturel qui manifeste une intervention exceptionnelle de Dieu et témoigne ainsi de sa puissance. Telle pourrait être la définition biblique du miracle. On peut ajouter, dans la logique de la révélation biblique, qu'il est une interférence du créateur de la nature, qui bouscule un temps une règle naturelle des forces de cette nature. Un hoquet dans le normal pour devenir paranormal. Selon la Bible, la nature tout entière est sous la maîtrise de son créateur et il serait faux de penser que le monde matériel est seulement assujetti à des lois naturelles permanentes. Si, dans le temps ordinaire, la nature est régie par des lois mises en place par la volonté et le génie de Dieu, ce Dieu peut bouleverser ces lois en vue d'une manifestation extraordinaire. Ainsi les lois physiques font qu'il est impossible à l'homme de marcher sur l'eau, mais le concepteur de ces lois est libre de les changer pour montrer sa puissance et permettre soudain, à Jésus, de marcher sur l'eau sans couler. De plus, ce miracle n'est pas simplement un accommodement pratique pour améliorer une situation ou, dans le cas présent, pallier l'absence de barque pour traverser des eaux, mais il a un sens que les témoins doivent saisir (idem pour les lecteurs des pages de l'Évangile). C'est ainsi que le miracle devient un indice dans l'ensemble du message.

Jésus, présenté comme l'incarnation de Dieu sur Terre, peut user de la toute-puissance créatrice divine pour bouleverser les lois naturelles qui font que telle chose d'ordinaire irréalisable est rendue pourtant possible. Il dit lui-même : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ! » (Luc 18.27).

 

 

page 114

Le jour à marquer d’une croix

Un accident de travail ?

- Jésus est-il vraiment innocent ?

Certes, il n'a tué ni volé personne, et est totalement innocent de tout ce dont on I'accuse. D'ailleurs, sans faux témoins, l'accusation ne tient pas. Mais une vraie lucidité oblige à reconnaître que Jésus est responsable, en un sens, de sa mort. Il serait audacieux de dire qu'il I'a bien cherchée, cette mort ! Mais faire de lui seulement l'innocente victime d'une justice aveugle, ne serait-ce pas une erreur... judiciaire ? Parce que Jésus savait tout ce qu'il encourait en tenant les propos qu'il tenait et en agissant comme il le faisait. Il le disait lui-même : « Il faut que le fils de I'homme souffre ! Il faut que le Messie meure ! » Il donne sa vie en sacrifice et même si, face à la mort, il mesure le poids d'un tel engagement, il va volontairement jusqu'au bout. Alors que ses proches, sentant le climat et la menace, conseillent fortement à leur maître de ne pas se rendre à Jérusalem, il insiste : « Je veux y aller ! C'est pour cela que je suis même venu ! » Cependant, sa mort n'est pas de son fait, ni due à son seul comportement. Elle a un sens. Et quand bien même on penserait que Jésus est pris dans un engrenage inéluctable dont I'issue est inscrite d'avance, il est capable d'affirmer : « Personne ne me prend la vie ; c'est moi qui la donne ! »

« Si le Père m'aime, c'est parce que moi, je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me l'enlève, mais c'est moi qui m'en défais de moi-même ; j'ai le pouvoir de m'en défaire et j'ai le pouvoir de la reprendre ; tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. » (Jean 10.17)

- Et Dîeu dans tout ça ?

Jésus parle d'ordre divin, de commandement du Père ! Lorsqu'au soir de son arrestation il demande à son Dieu d'être libéré de cette épreuve bien plus grande encore que celles endurées, trois ans plus tôt, face au Diable dans le désert, que se passe-t-il ? Il sait qu'après avoir offert la coupe de bénédiction à ses disciples, dans la chambre haute, il doit boire, lui, la coupe de malédiction qui conduit à la mort. Il est proche de la capitulation : « Ah ! si cela pouvait s’éloigner de moi ! Mais non, pas ma volonté, la tienne ! » on parle bien ici de la volonté de Dieu. L’apôtre Paul, plus tard, ne l'ignorera pas : « Dieu n'a pas épargné son propre fils, mais il l’a livré pour nous tous ! »

- Et tous les autres ! Dans la stricte logique de la Bible, et particulièrement dans celle du Nouveau Testament, si les religieux, les Romains, la foule, Pilate sont coupables, il en est de même pour chaque être de l'humanité puisque c'est pour sauver chacun que Jésus accepte la mort. D'où cette déclaration de l'Évangile de Jean : « Dieu a tellement aimé l'humanité qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne meure pas, mais qu'il atteigne la vie éternelle. » (Jean 3.16)

 

 

page 133

A la recherche du Jésus historique

Les sources historiques

Les Évangiles

Des témoignages indépendants ?

Quiconque lit les trois premiers Evangiles (Matthieu, Marc et Luc) remarque très vite qu'on y trouve beaucoup d'épisodes en commun, racontés de façon similaire. Ils sont qualifiés de « synoptiques », parce qu'on peut les présenter en synopse, c'est-à-dire sous forme de colonnes parallèles. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 330 versets se retrouvent sous une forme similaire dans chacun des trois ouvrages ! Comment expliquer un tel phénomène ?

La réponse est simple : les évangélistes n'ont pas rédigé leurs textes par écriture automatique. Ils ont utilisé des sources (écrites ou orales), et souvent les mêmes. On estime ainsi que Matthieu et Luc disposaient indépendamment d'un même recueil de paroles de Jésus. En outre, les trois n'ont pas écrit simultanément. Une fois le premier Évangile publié, les suivants ont pu bénéficier de son travail. Selon la théorie majoritaire chez les exégètes, Matthieu et Luc ont utilisé Marc. D'autres pensent que Matthieu a été écrit en premier. Par ailleurs, chacun contient des textes qu'on ne trouve nulle part ailleurs : ses scoops !

Ces liens indubitables entre les synoptiques font qu'il ne s'agit pas, globalement, de biographies indépendantes sur Jésus. La logique des auteurs a plutôt été de s'appuyer sur les acquis de leurs prédécesseurs, tout en proposant à chaque fois une manière inédite de raconter.

Cela ne signifie pas pour autant que l'on ne dispose pas grâce aux Évangiles de plusieurs témoignages indépendants sur Jésus. Au contraire. Marc n'a vraisemblablement pas utilisé la source des paroles de Jésus connue de ses deux collègues (appelée Q), et réciproquement. C'est pourquoi Marc et Q constituent deux documents indépendants. Il s'y ajoute deux autres gisements d'informations autonomes : les récits que l'on trouve uniquement dans Matthieu, et ceux qui sont propres à Luc (désignés respectivement par M et L). Au final, selon la théorie dominante, la liste des sources indépendantes n'est certes pas Matthieu, Marc, Luc, mais elle devient M, Marc, L et Q !

Et Jean dans tout cela ? La situation est toute différente. Le quatrième évangéliste n'a manifestement pas utilisé Q. On débat même pour savoir s'il a consulté les synoptiques, car son texte est presque totalement disjoint d'eux. Cela signifie soit qu'il ne les connaissait pas, soit qu'il a préféré composer un Évangile qui ne répète pas leurs informations, mais les complète. Certains pensent qu'il écrivait pour un lectorat qui connaissait déjà les trois autres Évangiles. En tous les cas, l'essentiel de son livre, qui n'a pas d'équivalent ailleurs, constitue d'une certaine manière une source indépendante supplémentaire sur Jésus.

 

 

page 183

Trois questions controversées sur le Jésus historique

Que s’est-il passé le dimanche de Pâques ?

Bilan

Le résultat auquel on parvient est quelque peu paradoxal. D'un coté, un historien ne peut pas, par définition, aboutir au résultat que la résurrection a bel et bien eu lieu. D'un autre côté, aucun des scénarios alternatifs avancés à ce iour ne se révèle pleinement convaincant ! Face à une telle situation, il faut bien constater que les spécialistes qui cherchent malgré tout à conclure font inévitablement intervenir leurs présupposés quant au surnaturel. ceux qui n'y croient pas se rabattent sur l'un des scénarios précédents, malgré son insuffisance. Ceux qui y croient tiennent là leur plus fort argument : la résurrection reste la meilleure explication à tout ce qui s'est passé ensuite. ceux qui n'ont pas d'apriori sur le sujet peuvent en tout cas estimer que l'absence d'explication « naturelle » donne matière à réflexion.

 

 

page 200

Jésus après Jésus, l’enquête

Comment les premiers chrétiens ont compris Jésus

Dieu devenu homme

Le Fils de Dieu

L’une des expressions le plus souvent employées par les premiers chrétiens pour parler de Jésus est « fils de Dieu » : nous l’avons déjà rencontrée. Une formule souvent mal comprise ! Il est temps de faire le point à son sujet.

Dans le judaïsme, cette expression est polyvalente, car le sens de « fils » se révèle très souple. Mais l'idée de base est simple : un fils ressemble souvent à son père. Tel père, tel fils ! Du coup, par extension, la filiation est souvent utilisée comme une image pour parler d'une relation étroite avec une personne ou même une idée. On parle ainsi des « fils des prophètes » pour évoquer non pas leurs enfants biologiques mais leurs disciples, qui sont eux-mêmes des prophètes. Dire qu'un homme est un « fils de la justice » n'est qu'une façon de dire qu'il est « juste ». En somme, « fils de » veut dire « en relation étroite avec », « appartenant au même monde que » ou « de même nature que », selon les cas.

C'est pourquoi l'expression « fils de Dieu » désigne plusieurs catégories d'êtres en étroite relation avec Dieu, qui sont d'une certaine manière proches du monde divin. Ainsi, quelques textes bibliques appliquent cette formule à des esprits situés dans le ciel, parfois assemblés autour de Dieu : les anges. La formule est aussi utilisée pour des rois, dont on estimait qu'ils étaient dans une relation étroite avec Dieu. Quand un homme montait sur le trône, on disait parfois qu'il avait été « choisi », et même « adopté » par Dieu. Ainsi, Dieu s'adresse parfois à un nouveau roi en lui disant : « Tu es mon fils ». De manière analogue, en Égypte, le pharaon était considéré comme le fils de Râ, le dieu Soleil. À plus forte raison pouvait-on considérer que le Messie était le fils de Dieu, lui qui devait être un roi spécialement institué par Dieu. C'est ainsi qu'on le présente dans quelques textes juifs rédigés vers l'époque de Jésus. Par exemple, le livre qu'on intitule 4 Esdras, écrit à la fin du Ier siècle apr. J.-C., prête à Dieu l'expression suivante : « Mon fils le Messie » (chapitre 7). Et dans bien des passages du Nouveau Testament, c'est en ce sens, celui d'un titre royal et même messianique, qu’on applique l'expression « fils de Dieu » à Jésus-Christ.

Bien entendu, les Juifs parlaient de Dieu comme de leur « Père », et dans la prière enseignée par Jésus à ses adeptes, on s'adresse à Dieu en disant : « Notre Père qui est dans le ciel ». Mais c'est dans un sens plus général, évoquant le rapport d'une créature humaine à son Créateur, du moins quand on fait partie du peuple de Dieu. L'expression précise « fils de Dieu », qui sonne comme un véritable titre officiel, était réservée aux anges, aux rois et au Messie.

Dans certains cas, le terme « Fils » prend un sens encore plus profond. Dans l'Évangile de Jean, Jésus parle de lui-même comme du Fils qui vit une relation unique avec Dieu, appelé le « Père ». Il ne s'agit pas alors tant de dire que Jésus est le Messie royal que d'exprimer la proximité exceptionnelle entre lui et Dieu. Au tout début du même Évangile, Jésus est appelé le « Fils unique », autre façon de désigner celui qui était depuis toujours avec Dieu. Le terme « Fils » en ce sens profond sert à exprimer le fait que Jésus est lui-même de nature divine, mais de façon indirecte, en évitant de dire de but en blanc qu'il est Dieu. Cela permet de préserver l'idée qu'il est distinct du Dieu-Père tout en étant lui aussi de nature divine.

 


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