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Vivre en chrétien

sans croire en l’incroyable

 

 

How to live as a Christian without having to believe the unbelievable

 

Jim Burklo

 

pasteur de l’Église unie du Christ de Californie (USA)

Aumônier à l’université de Californie du Sud

 

 

28 mars 2014

Le christianisme nous demande des choses très difficiles mais qui valent vraiment la peine. Aimer ses ennemis – ce qui semble souvent impossible. Renoncer volontairement à sa puissance, à son argent, à son temps, à son influence pour servir les pauvres, les malades, les opprimés peut être absolument effrayant. Avoir en toutes circonstances le cœur plein de pur amour, comment le pourrions-nous ? Mais si nous faisons cela, nous instaurons le ciel sur la terre. Ce sont les choses qui comptent, celles que Jésus attend de nous. Cela peut prendre toute une vie d’efforts pour seulement s’en approcher

Comparé à cela, croire en la réalité des récits fantastiques de la Bible semble peu de chose. Et c’est bien pourquoi il est absurde de laisser de telles questions dominer notre fidélité religieuse. Prendre ou non la Bible à la lettre, croire littéralement aux credo n’a réellement aucune importance. Si cela vous paraît impensable, ne vous inquiétez pas. Ne laissez pas les dogmes et les doctrines vous gêner sur la route de l’amour qui est la route de Dieu.

Certes, les doctrines peuvent être intéressantes. Elles nous aident à comprendre l’origine et le fond de notre religion. Mais être chrétien n'est pas répéter des credo. Au lieu de nous demander si l’histoire de la résurrection de Jésus est un fait historique, occupons-nous de ce qui est important. Pensons à nos voisins sans travail ou sans assurance maladie, prenons conscience des amertumes qui doivent être guéries, réfléchissons à ce que nous allons voter, à notre manière d’être de bons citoyens et voyons si nous sommes fidèle à notre idéal. Fréquentons les églises, les associations, les groupes de réflexion, les cafés philo, voyons ensemble ce qui est utile et laissons les vieilles doctrines qui ne le sont pas.

Lorsque Jésus disait de croire en lui, il ne demandait pas de croire en tout une liste de croyances. Il demandait de croire à l'étincelle de divin qui brillait en lui car il voulait que nous soyions conscients de l’étincelle de divin qui brille en nous. La foi qui comptait pour lui était la fidélité, la volonté de suivre le chemin de l’Amour, la volonté de nourrir les affamés,de libérer les opprimés, de guérir les malades et de prêcher la bonne nouvelle qui est celle de l’Amour.

La clé du christianisme est le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5 à 7). C’est le premier enseignement que Jésus a donné à ses disciples et à la foule qui le suivait. Il y exhorte à aimer ses ennemis, à être humble dans la prière. Il dit que les pauvres seront bénis et il leur dit de ne pas s’inquiéter. Il dit de ne pas juger. Mais il ne dit rien des points suivants :

 

1. La Bible

Ni Jésus ni aucun des personnages dont les noms sont attribués aux livres du Nouveau Testament n’avaient la moindre idée que ce qu’ils disient ou écrivaient deviendrait des textes bibliques. C’est longtemps après, sur une période de 300 ans, que le Nouveau Testament a été constitué par les premiers chrétiens. Jésus citait et interprétait fréquemment les Écritures hébraïques (l’Ancien Testament) pour illustrer son enseignement et il le faisait de manière libre, poétique, allégorique. Il est vraiment difficile d’imaginer qu’il aurait demandé que les chrétiens lisent le Nouveau Testament de manière littérale, comme s’agissant de récits historiques. A supposer évidemment qu’il ait su qu’un jour le Nouveau Testament existerait.

 

2. Les credo, les dogmes, la doctrine

On pourrait penser que si Jésus considérait ces choses comme tellement importantes, c’est par elles qu’il aurait commencé son enseignement. Mais le Sermon sur la Montagne ne mentionne pas le fait de croire aux miracles, à la naissance miraculeuse du Christ, à la Trinité, au Symbole des Apôtres, ni même d’ « accepter Jésus pour son Seigneur et Sauveur personnel » comme disent les évangéliques. Jésus ne s’occupait pas des dogmes. Il s’occupait du cœur, de la manière dont on se traite mutuellement.

 

3. Homosexualité et IVG

Le Nouveau Testament ne mentionne nulle part aucune parole de Jésus sur ces sujets ni ne fait aucune allusion au fait qu’ils auraient eu de l’importance à ses yeux. Il ne faut pas confondre le christianisme avec un ensemble rigide d’anciennes règles ni avec le programme d’un parti politique actuel.

 

Le christianisme est à la fois plus simple et plus difficile que beucoup de gens ne pensent. J’ai fait mes premiers pas à l’âge de 16 ans dans une vie chrétienne adulte. C’était lors d’une randonnée de jeunes dans la Sierra Nevada. Le chef nous a lu à haute voix un passage du Sermon sur la Montagne. Lorsqu’il est arrivé aux mots « aimez vos ennemis », un grand élan intérieur m’a secoué, que j’ai immédiatement attribué à Dieu. J’ai su tout de suite qu’il valait la peine de baser sa vie sur ce commandement. Et des décennies plus tard, je le pense toujours, même si je sens bien que je suis loin de l’accomplir vraiment.

Ce commandement d’aimer les ennemis a été pour moi un tel défi dans certaines circonstances difficiles, que je n’imagine pas placer une telle pierre d’achoppement sur la route de ceux qui voudraient, comme moi, être disciples de Jésus.

De nos jours, la plupart des Américains ne pensent plus qu’il n’y a qu’une seule vraie religion. On voit beaucoup de nos contemporains mener des vies excellentes et fraternelles et on ne peut pas imaginer qu’ils iront en enfer pour n’avoir pas admis un certain credo.

Nombreux sont ceux que rend perplexe la nécessité de prendre à la fois au sérieux les données de la science et les récits de miracles de la Bible. Mais ces questions ne sont pas au cœur d’une vie de foi. Il y a toute la place dans le christianisme pour ceux qui veulent suivre le chemin de Jésus d’amour inconditionnel et que pourtant le sens commun que Dieu leur a donné les empêche d’adhérer à des doctrines incroyables.

Comment peut-on suivre le chemin d’amour de Jésus en refusant les dogmes impossibles ?

1. Il faut d’abord trouver une paroisse ou un groupe – quelle que soit sa dénomination - où une telle attitude est admise, encouragée et pratiquée. (Dans les pays de langue anglaise de telles communautés sont mentionnées sur le site ProgressiveChristianity.org)

2. Pratiquer une discipline spirituelle. Il y a de nombreuses formes de prière, de contemplation, de méditation, d’approfondissement. Trouvez celle qui vous convient et pratiquez-la régulièrement car cela peut vous aider à demeurer centré sur l’amour, la compassion, la prise de conscience de soi, vous apprendre à réagir à vos propres émotions ainsi qu’à la rencontre des autres.

3. Approfondir ses connaissances concernant la rédaction de la Bible, l’histoire du christianisme et les autre religions. Lire et étudier la Bible et les interprétations qu’en donnent des spécialistes historiques et critiques font comprendre le milieu dans lequel elle a été rédigée. On découvre alors sa réalité humaine, ce qui en rend la lecture fascinante. On participe aux expériences spirituelles de ses auteurs et de ceux qui l’ont lue et transmise à l’époque. On prend conscience du fait que les anciens mythes qu’elle contient ont en réalité une importante puissance transformatrice de la vie. On comprend que les récits de miracles ne sont pas des comptes-rendus historiques mais que le vrai miracle est la Bible elle-même : un trésor de poésie, de récits, de sagesse et d’inspiration.

Découvrir les autres religions rend vivante la connaissance que l’on a du christianisme en prenant conscience à la fois des différences et des ressemblances.

 

Traduction Gilles Castelnau

 


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