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95 nouvelles thèses

 

après celles de Martin Luther

 

 

pasteur Serge Soulié

 

blog

 


23 mars 2014

Il y aura bientôt 500 ans un moine augustin affichait sur la porte de l’Eglise du Wittenberg en Saxe 95 thèses qui allaient révolutionner l'Europe. Si elles avaient pour but premier de lutter contre la pratique des indulgences par l’Eglise Romaine qui récupérait ainsi beaucoup d'argent, elles ont été le point de départ d'une Réforme non seulement de l’Eglise mais de la société tout entière.
Jusque là l’Eglise alliait sans aucune contestation le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Elle régentait le domaine de la croyance comme celui de l'économique, du social, de la culture ou des forces militaires. Dès lors ses pouvoirs allaient s'effriter dans tous ces domaines qui, en s'émancipant de sa tutelle connurent un nouvel essor intégrant les découvertes scientifiques de l'époque condamnées et rejetées par l'Eglise.
Ce mouvement appelé aujourd'hui « la Réforme », porteur de tant de progrès était soutenu par de nombreux princes en Allemagne, des Seigneurs en France, la plupart des gens instruits et cultivés et enfin par tous ceux qui voyaient en elle les prémices d’une ère nouvelle.

Nous pensons qu'un nouveau temps de la « Réforme » est arrivé. Aujourd’hui, dans une grande partie du monde, la science a toute sa place dans le développement des sociétés. Dans de nombreux états la liberté des citoyens est assurée par la séparation du religieux et du politique. Toutefois, il y a encore beaucoup trop de situations où la religion entre en conflit avec les aspirations des humains.
Par ailleurs de vieilles positions religieuses sont défendues par ceux qui y voient la possibilité de récupérer un pouvoir qui contraindrait l’Etat à appliquer ce que les religions dominantes définissent comme incontournable. Le combat pour se protéger de ces extrêmes ne peut pas être seulement politique. Ce sont bien les sentiments religieux qui doivent être revisités pour un renouvellement de la pensée et pour une nouvelle égalité entre les humains. La pensée religieuse doit se soumettre au progrès et accepter d’évoluer au risque d’apparaître inutile, ringarde, voire dangereuse.
C’est le cas pour certains pays actuellement. De son évolution, dépend la place utile qu’elle prendra dans la construction de la société de demain.
Les 95 thèses ci-dessous veulent participer à ce renouvellement, préparer une ère nouvelle et pourquoi pas une nouvelle religion au sens où la Réforme l'a été elle-même pour toute la chrétienté. Cette réforme ne fait pas table rase du passé, elle se veut une continuité de ce qui a été tout en intégrant les exigences dues aux nouvelles découvertes dans tous les domaines. Ainsi va l’histoire de l'humanité et de notre planète. L'histoire suit son cours et s'accomplit.

 

La religion

1- Il n'est pas juste de tracer une frontière où seraient d'un côté les croyants et de l’autre les incroyants. Le faire c’est accéder aux désirs de ceux qui nourrissent une envie de séparation. C’est cautionner l’idée que le croyant a quelque chose de plus que l’incroyant.

2- Tous les humains croient. Certains ignorent qu’ils croient. Ce qui les différencie c'est le choix et la définition de l'objet de leur croyance.

3-Les uns croient que Dieu existe, d'autres qu'il n'existe pas. Dans les deux cas Dieu n’est pas impensé. L’existence ou la non-existence de Dieu ne se démontre pas. La question est une impasse.

4- Tout est objet de croyance y compris les faits scientifiques bien démontrés ou les opinions bien argumentés. C’est ainsi que certains croient au réchauffement de la terre et d’autres pas.

5- La croyance est engendrée par nos sentiments, nos émotions et nos désirs. Elle va toujours au-delà de la réalité et s’accommode du surnaturel.

6- S'y ajoutent les représentations que nous nous faisons des êtres et des choses. Pour les uns Dieu peut faire des miracles, pour d'autres c'est une pure illusion. Les miracles sont déjà inscrits dans la nature. Ils n’ont pas besoin pour avoir lieu d’une intervention extérieure.

7- Croire donne une force considérable, peu importe le contenu avéré de la croyance. C’est ainsi que les porteurs des pires messages peuvent convaincre des gens pleins de sagesse.

8- Une croyance très affirmée peut devenir aliénation. Dans ce cas, elle enferme dans un monde irréel et indiscutable. Il y a danger.

9- Le but premier d’une religion devrait être d’aider à relativiser les croyances, instaurer le doute, susciter les débats, et ouvrir les yeux sur la réalité du monde.

10- De là naissent engagement, responsabilité et expérience, encadrés par une éthique de la vie définissant les limites à ne pas franchir.

11- Encore aujourd’hui, par bien des aspects, les religions asservissent les peuples en imposant leurs lois, leurs coutumes et leurs traditions ou en se mettant au service des politiques les plus autoritaires et les plus guerrières. Les quelques sages qui œuvrent en leur sein se doivent de lutter avec plus de force contre tout ce qui opprime, prive de liberté et menace la paix. Ces « sages » doivent être mieux reconnus, leur combat pour un changement protégé par l’Etat dans les pays où c’est possible.

12- Parce que l’histoire nous montre qu’une société attachée à l’ état de droit, garantissant la liberté, l’expression de la pensée et des religions, est porteuse de progrès, de dialogue et de paix , les religions doivent apprendre à être utiles au sein même des états tout en se soumettant au consensus démocratique et en renonçant à tout pouvoir politique.

 

L'éthique

 

13- Aucune religion ne peut prétendre imposer à l’ensemble de la population d’un pays, une éthique à sa convenance.

14- Le droit à la vie et au bonheur de tous les humains sur cette terre édicte le contenu même de l’éthique.

15- Aujourd’hui l’éthique se doit d’être particulièrement attentive :

- A la place faite aux étrangers dans les différents pays du monde.

- Aux conditions de vie faites aux femmes et plus particulièrement par les exigences posées par les religions. La liberté des femmes doit être égale à celle des hommes pour le choix de leur travail, de leur vêtement, de toutes les fonctions existantes dans la religion ou ailleurs. Elles ont les mêmes droits que les hommes.

- A la place prise par la finance et les inégalités qu’elle engendre. Rien ne peut justifier les disparités actuelles entre les riches et les pauvres, ni les compétences, ni l’ardeur au travail, ni le rang social...

- A la gestion et à l’utilisation des richesses de la terre. L’homme n’a pas le droit de mettre la planète en péril par son mode vie. Celui-ci doit être repensé.

 

 

Dieu

 

16- Les forces qu’il n’expliquait pas et ne maitrisait pas, les peurs qu’elles lui inspiraient, ont amené l’homme à concevoir des Dieux dont le principal caractère est une puissance extérieure à la nature et à lui-même.

17- Avec le temps ces différentes forces se sont unies en une seule donnant un seul Dieu c’est la naissance du monothéisme. Sa principale caractéristique a été l’arbitraire.

18- Ce Dieu se confond aujourd’hui avec l’univers dans sa partie connue comme inconnue. Cet univers contient en lui-même une force permanente en action.

19- La force permanente qui est en chaque objet, en chaque chose et en chaque être peut être considérée comme l’Esprit de Dieu.

20- Ainsi, proclamer que tout est en Dieu et que l’Esprit de Dieu est en toute chose et en chaque être devient une nécessité. La nature enferme potentiellement tout ce que jusqu’ici nous attribuons à Dieu.

21- Dieu n’est pas cet Etre Suprême tout puissant qui fait et défait le monde selon son bon plaisir. Il n’est ni être ni chose.

22- Il ne fait pas vivre et mourir selon sa volonté et par décision. La vie comme la mort sont inscrites dans l’univers. Elles sont déterminées par avance.

23- Dieu n’est pas du monde que nous percevons avec nos sens et notre intelligence. Il n’est pas du monde de la réalité. Il refuse lui-même de s’identifier et de se donner un nom.

24-Il relève du réel qui est impossible à dire et à décrire. Le réel ne peut pas être appréhendé. Il est cerné et déduit, jamais saisi, toujours au-delà de la réalité.

25- Il n’est pas sexué. Il n’est ni mâle ni femelle. Il ne peut être caractérisé par les attributs féminins ou masculins dont le plus connu est celui de père.

26- Bien qu’un symbole renvoie toujours a un contenu plus vaste que son sens immédiat et évident, Dieu n’est pas symbolisable. Il est le symbole des symboles.

27- Il ne peut pas être représenté, seulement signifié. Les mots et les choses échouent dans la tentative de le représenter et de le dire.

28- Pour le signifier on ne peut que lui attribuer des données de caractère relevant à la fois d’une attitude féminine et masculine sans qu’aucun de ces caractère n’épuise ce qu’il est.

29 – Dieu n’a pas une volonté de puissance. Il ne prend pas la décision d’agir et d’intervenir. Il n’est pas une entité pensante. Il est un état, un espace dans lequel les êtres et les choses cohabitent et puisent la force d’être.

30- A ce titre on peut dire qu’il est la matrice de l’univers et de tout ce qu’il contient. Rien n’existe hors de lui.

31- Cette matrice symbolique n’est pas inactive. Comme le sein d’une mère elle apporte l’amour à tout ce qui vit sur terre et ailleurs. Elle est une source où chacun peut puiser. De là sa toute puissance.

32- Elle ne connaît ni l’indifférence ni le mal. Elle porte les êtres et les choses de l’univers. Aimer est son seul mouvement.

33- La fonction de père attribuée à Dieu par Jésus tient à l’environnement et à la culture dans lequel celui-ci se trouvait lors de sa vie terrestre. Dans les Ecritures, l’aspect féminin est largement présent dans cette fonction.

34- A travers guérisons et miracles, nous constatons que Jésus comprend Dieu autrement qu’un père fait de chair et de sang. La définition de Dieu comme père ne recouvre pas le sens que nous donnons au mot père. « Le notre Père », prière attribuée à Jésus apparait de plus en plus comme la prière de la première Eglise tant elle semble ne pas correspondre à la pensée de Jésus.

35- Dieu est pour Jésus une puissance régénératrice disponible à qui il s’adresse et sur laquelle il se branche. A travers lui, cette puissance divine d’amour se manifeste. Elle étonne. C’est ainsi, il sera appelé « fils de Dieu ».

36- Jésus n’est pas Dieu. Il révèle Dieu en ce qu’il n’est pas une instance animée d’intentions positives ou négatives. Il n’y a en lui, aucune opposition à la dimension humaine.

37- Dieu est un savoir auquel l’humain n’a pas accès sinon de manière infime et très partielle à travers la science et l’intelligence. Personne ne peut dire « Dieu dit » ou encore « Dieu veut » ou « Dieu fait ». Dans tous ces cas, l’humain confond alors son propre désir et la nature même de Dieu.

38- Dieu est une mémoire. En lui est notre inconscient qui remonte jusqu’à l’origine des temps. C’est la raison pour laquelle on dit qu’il en sait plus que nous, sur nous.

39- En lui, se mêle l’inconscient - autrement dit tout ce qui fait l’homme sans que celui-ci le sache - de chacun des humains de ce monde. Ainsi, dès le départ tous les humains sont liés à une même origine. Les liens de fraternité s’en trouvent attestés.

 

Jésus Christ

 

40- Il n’est pas l’incarnation de Dieu mais celui du logos autrement dit de la raison et de la parole. Il demeure Homme. Dieu demeure Dieu.

41- Il révèle la nature de Dieu qui est de porter les hommes en son sein. Il ôte « le péché du monde » parce qu’il libère l’humanité de sa fausse connaissance de Dieu par les représentations qu’il s’en fait.

42- Jésus est appelé Jésus-Christ parce que :

- En Jésus il est l’homme qui a vécu pendant plus de 30 ans sur notre terre en manifestant l’amour de Dieu de manière tranchée et radicale.

- En Christ il est le proclamé ressuscité, le toujours vivant. Celui que les humains rencontrent par surprise comme ce fut le cas de l’apôtre Paul.

43- Il représente l’Homme dans sa pleine humanité, celle que tout le monde attend, pour soi et pour les autres. C’est ainsi qu’il a été appelé « messie » ou encore « celui qui vient ».

44- Sa rencontre ne comble jamais pleinement. Il vient et il va. Il laisse toujours la place à une nouvelle rencontre.

45- Symboliquement, il est le corps de l’humanité tout entière et pas seulement celui de l’Eglise.

46- Il invite les humains à s’affranchir des lieux religieux, des lois, des dogmes, des rites et des doctrines. Jésus crucifie la religion.

47- Son cœur est le temple de l’esprit de Dieu. Il invite chacun à se laisser emplir de cet Esprit.

48- La loi et les règlements sont le pivot de l’organisation de toute société et de toute vie. Les humains sont appelés à y obéir. Jésus-Christ, la raison faite chair (le logos) rend l’Homme responsable de ses choix et de son comportement. La raison rend la loi intelligente et applicable. Elle libère l’Homme d’une obéissance servile.

49- Jésus-Christ nous arrache à tout ce qui nous enchaîne. Il barre la route au surnaturel pour nous rendre à la raison.

50- L’humain est ainsi dirigé vers tout ce qu’il a en charge à savoir le monde et tout ce qu’il contient, les êtres comme les choses.

51- Jésus-Christ nous appelle à nous lever et à nous mettre en route. Il nous arrache à la sphère du divin, lieu du confort, de la béatitude et de la paresse, pour nous faire entrer dans celle de l’humain.

52- Il définit la relation que les humains peuvent entretenir avec le divin. Le pivot de cette relation est l’adoration en esprit et en vérité, qui invite à porter attention à tout ce que contient l’univers afin d’éviter l’idolâtrie celle-ci étant la fixation sur un seul objet, une seule pensée. L’idolâtrie est une forme de névrose.

53- De cette relation dépendent la vérité et la liberté. Ici réside un paradoxe : la liberté trouve son acmé dans une communion parfaite avec Dieu. Cette communion n’est pas une fusion mais la conscience d’être un acteur libre agissant dans ce champ qu’est Dieu.

54– De cette communion peut naître un bonheur sans cesse renouvelé et toujours à saisir parce que l’homme y reçois ce qui le valorise, l’identifie, construit son image.

55- Jésus-Christ Vivant nous entraine dans un royaume qu’il appelle « Royaume de Dieu ». Celui-ci n’est pas seulement une promesse, un souhait. Il se réalise sous nos yeux.

56- Ce royaume n’est pas à attendre. Il n’est pas ailleurs, au-delà de ce monde, il est déjà là. Il est du domaine de la réalité. Sa construction est à poursuivre.

 

L’Eglise

 

57- L’Eglise est à la fois le lieu du repos en Dieu et de l’Engagement en Jésus-Christ pour celui qui se dit chrétien.

58- L’Eglise visible est celle des humains. L’Eglise invisible n’a pas de frontière. C’est celle de l’Esprit de Dieu. Elle touche tous les humains sans exception quels que soient leurs choix. Elle n’embrigade personne et rend possible le repos à tous. On en fait partie sans le savoir.

59- Le repos en Dieu se trouve en prenant conscience que nous sommes reliés à tout ce qui existe dans ce monde de connu et d’inconnu.

60- Tout est en nous et nous sommes dans le Tout. L’assurance d’une protection et de la sécurité s’impose alors. La paix et la sérénité adviennent.

61- L’engagement en Christ se prend en s’intéressant aux besoins de chacun des humains, en respectant tous les êtres vivants et en se souciant de l’équilibre de notre planète et de sa gestion.

62- Les deux sacrements que sont le baptême et la cène résument la place de Jésus-Christ dans la vie des hommes. De plus :

- le baptême traduit le repos en Dieu dans lequel tout humain est installé. Ne pas se reconnaître dans ce baptême n’enlève en rien la place de tout humain dans le sein de Dieu.

- la cène traduit l’engagement pour le partage, la solidarité et la fraternité entre les humains. Personne ne peut être exclu de ce partage.

63- Le baptême et la cène ne doivent pas rester des marques d’Eglise mais les marques d’une humanité reconnue. Ceux qui les rejettent ne perdent rien de la grâce offerte à l’humanité tout entière par la vie et le destin de Jésus-Christ.

64- Ceux qui adhèrent à l’Eglise visible ou à toute autre religion ne peuvent se considérer comme supérieurs en humanité. Ils ne peuvent prétendre vouloir imposer leurs convictions aux autres.

65- Une solidarité exclusive entre membres d’une même religion ou d’un même groupe quel qu’il soit est une offense à la devise de la république française d’abord (Liberté, Egalité, Fraternité) puis à l’humanité tout entière ensuite.

66- L’Eglise protestante veille à garder sa particularité :

- Séparation des pouvoirs religieux et politiques. Le monde religieux est une force de proposition mais ne peut faire pression sur un gouvernement.

- Liberté des choix éthiques pour chaque citoyen selon les lois en cours dans le pays concerné.

- Refus de toute hiérarchie au profit du sacerdoce universel.

67- Les démarches interreligieuses pour plus de fraternité se poursuivent. Elles ne doivent en aucun cas abolir les différences et les spécificités de chacun. Ces démarches devraient être étendues à ceux qui ne se réclament d’aucune religion. Les prédicateurs doivent renoncer à qualifier les uns de croyants, les autres d’incroyants.

 

La Bible

 

68- Elle n'est pas tombé du ciel. Elle n'a été écrite ni par Dieu ni par des anges. Elle a été rédigée par les hommes qui ne l'ont pas écrite sous la dictée ou à partir d'une révélation surnaturelle. Elle est le fruit de leur pensée, de leur interrogation et de leurs convictions du moment.

69- Il y a plusieurs genres littéraires dans la bible. Cela va de la poésie à l'essai philosophique, historique ou encore à la création de nouveaux mythes.

70- Elle n'est pas sacrée mais reste le livre de référence chez les chrétiens pour lesquels il n'y a pas de livres sacrés, tout venant de la pensée et de la main des humains. Elle est le crochet où viennent se pendre toutes les pensées de l’humanité.

71- Elle est close par décision humaine seulement.

72- Le canon évite l'éparpillement des témoignages. Il est une limite qui circonscrit un noyau auquel le monde entier peut se référer de façon commune.

73- Dieu se révèle ailleurs que dans la Bible. Il peut se révéler dans la nature des œuvres d'art ou toute autre pensée humaine. Il est alors attaché à l'émotion et au sentiment. La Bible veut rendre ce Dieu là intelligible.

74- La Bible n'est pas la tour de Babel: elle ne permet pas d'entrer dans « l’espace Dieu » autrement dit, une bible à la main, le protestant peut être Pape mais pas Dieu.

75- De nombreux textes de l’Ancien et du Nouveau Testament sont des mythes. Le mythe sert à poser les questions existentielles et renvoie au vécu d'aujourd'hui.

76- Le mythe n'appartient pas au passé, Il s'inscrit dans le temps présent.

77- Le mythe est plus puissant qu'un texte décrivant la réalité. Il peut intégrer de multiples situations.

78- Tout texte biblique peut être soumis à interprétation. C'est là qu'il trouve son sens.

79- Un texte peut être lu sans chercher à lui trouver une explication. Dans l'inconscient se met alors en route une chaine de signifiants qui le feront vivre dans la pensée du lecteur.

 

La prière

 

80- La prière ne peut chercher à convaincre Dieu afin qu’il exauce nos souhaits et nos désirs. De par sa nature, Dieu n’est pas interventionniste. Il n’est pas une volonté. Il ne pense pas. Sa force est dans son amour qui a déjà été donné. La souveraineté de Dieu n’est pas agissante, elle est offerte. L’humain est appelé à se servir.

81- la prière reste toutefois fondamentale dans une vie de foi. Elle est par excellence le moyen de communication avec Dieu et avec Jésus- Christ.

82- Elle rend l’humain conscient de son union au Tout de la création. Elle le maintient proche de Dieu par le biais du dialogue. Elle évite la fusion qui serait une régression alors que la vie est une conquête permanente d’autonomisation, de responsabilité, bref d’humanisation.

83- Elle est un décrochage nécessaire avec l’activité quotidienne et permet un temps de silence avec ou sans méditation.

84- Elle fait apparaitre Dieu comme un interlocuteur à qui tout Homme peut s’adresser et éviter ainsi un repli sur soi et un dialogue avec soi même. Il semble toutefois plus pertinent de s’adresser à Jésus- Christ. C’est tout le sens de la résurrection.

85- Dans la prière l’humain peut se dire au-delà même de ce qu’il pense et des mots qu’il prononce. Elle peut être une narration, un cri de joie, une plainte...

86- Prier, c’est ne pas avoir peur de ce qu’il y a en nous et exercer ainsi un contrôle sur notre univers mental.

87- La prière n’est pas un exercice de l’intelligence et de la réflexion. Elle est un abandon à ce qui nous dépasse : abandon à la matrice symbolique qu’est Dieu, abandon à la guidance de Jésus- Christ.

88- Elle se distingue du rite en ce sens qu’elle n’est pas simple répétition mais création involontaire. Elle est un jaillissement.

89- La prière peut être pensée, murmurée, parlée, psalmodiée, criée...

90- La prière permet à l’Homme de retrouver sa place dans l’univers. C’est à ce titre qu’il y a exaucement. Ce dernier n’a rien de magique et ne traduit pas une intervention divine extérieure et détachée de l’humain.

91- Remis à sa place, l’Homme retrouve la paix et la sérénité.

92- Prier pour quelqu’un ou avec quelqu’un, c’est trouver les mots qui le remettent à sa place pour le moment présent. C’est l’aider à sortir du monde magique, surnaturel et de fausse espérance pour entrer dans celui du combat et du possible.

93- La prière révèle la voie à suivre. Le priant n’a nul besoin de s’enfermer dans une série de lois morales. Les lois lui servent de butée et de limite lorsqu’il s’égare. Il peut être amené à enfreindre les lois qui relèvent des habitudes et de la tradition.

 

Pour conclure

 

94- L’humain n’attend pas la fin du monde. Il ne cherche pas à être sauvé En Jésus Christ il sait qu’il l’est déjà. Ainsi, il est libre pour se tourner vers les autres. Il n’est pas à la recherche d’un sauveur.

95- Il n’attend pas une résurrection à venir. Il est déjà ressuscité avec Christ. C’est pourquoi il n’est pas à la recherche d’un Dieu qui le rassure et le sécurise.

 

_________________________________________

 

Ces 95 thèses viennent en écho à celles de Luther à l’occasion de la préparation des 500 ans de leur affichage sur la porte du Wurtemberg. Elles n’ont aucune prétention eu égard à celles publiées il y a cinq siècles. Elles veulent simplement témoigner qu’il est toujours possible de repenser le moment présent y compris lorsque celui-ci semble bien installé ou dépassé. Elles ne sont ni des dogmes ni des vérités doctrinales, elles ne sont même pas à retenir. Si seulement elles pouvaient donner envie de repenser ce que nous pensons acquis et intangible. Elles s’appuient sur des idées fortes :

Dieu, n’est pas dans la nature (panthéisme) .Il est la nature infinie s’exprimant d’une infinité de manières. Tout est contenu en lui et il est contenu en tout. Dieu est ce tout auquel nous appartenons.

Dieu est plus accessible par la raison que par le sentiment. S’intéresser aux lois universelles au travail dans la nature, c’est toucher Dieu par la pensée et commencer à le comprendre.

Il y a en chaque être et en chaque chose comme une force qui l’amène à persévérer dans l’existence. Tout changement, toute évolution est déjà contenue dans la nature et dans l’univers. Il n’y a pas de forces extérieures au monde qui puissent intervenir en son sein.

L’homme est pris dans le déterminisme de la création mais la connaissance de ce déterminisme le libère et le rend actif. Cheminant pendant trois ans sur les routes et les chemins de Palestine, Jésus était à l’écoute de ce déterminisme.

Jésus-Christ est celui qui au sein même de ce tout, de ce lieu ou de cet espace qu’est Dieu invite l’homme à se lever, à prendre en main sa destinée, à établir des relations avec les êtres et les choses du monde afin de trouver la paix et l’équilibre. Il nous arrache à l’attitude passive où l’on attend tout de Dieu pour nous faire entrer dans le monde de l’engagement et de la responsabilité.

 


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