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Les mains vides

 


Michel Leconte

 

5 mars 2014

Marc 10, 17-31
Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui :
-  Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?
18 Jésus lui dit :
-  Pourquoi m'appelles-tu bon ? Il n'y a de bon que Dieu seul. 19 Tu connais les commandements : Tu ne commettras point d'adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; tu ne feras tort à personne ; honore ton père et ta mère.
20 Il lui répondit :
-  Maître, j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse.
21 Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit :
-  Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.
22 Mais, affligé de cette parole, cet homme s'en alla tout triste ; car il avait de grands biens.
23 Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples :
-  Qu'il sera difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu !
24 Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit :
-  Mes enfants, qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! 25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.
26 Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres :
-  Et qui peut être sauvé ?
27 Jésus les regarda, et dit :
-  Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu : car tout est possible à Dieu.
28 Pierre se mit à lui dire :
-  Voici, nous avons tout quitté, et nous t'avons suivi.
29 Jésus répondit :
-  Je vous le dis en vérité, il n'est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, 30 ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.
31 Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers.

 

Cet homme qui a construit son existence en obéissant à la loi et à la morale est inquiet malgré sa vertu. Il se demande encore, et demande à Jésus comment obtenir la vie éternelle, comprenons la vie que Dieu nous propose. Je pense que c'est parce qu'il se pose encore cette question et non parce qu'il a observé des commandement au demeurant faciles que Jésus pose sur lui un regard aimant. Après tout, s’il n’a pas tué ni volé, c’est qu’il n’avait pas besoin de le faire puisqu’il était riche ! Jésus aime son désir d’absolu, son inquiétude existentielle : il ne se satisfait pas de ce qu’il est. Notons cependant qu’il demeure dans le registre du faire, il n’est pas dans celui de l’être.

La question de cet homme à Jésus montre qu'il n'est pas enfermé comme les pharisiens dans l'autosatisfaction que lui procureraient ses mérites ; il reste ouvert au possible de l'action de Dieu seul bon. C'est pourquoi Jésus peut lui dire : « une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as [.... puis viens et suis-moi. » Dieu seul bon peut venir combler le manque de cet homme.
Il faut entendre cette demande de Jésus comme un changement radical et qualitatif de conception religieuse. La logique de la loi et de la morale dans laquelle il se situait jusqu'à présent était raisonnable ; elle lui assurait en outre l'estime sociale et la réussite financière, mais cependant, demeurait en lui une insatisfaction profonde : cet homme était seul avec lui-même et ses possessions, séparé de l’amour de Dieu et des autres. Jésus lui demande donc de rompre avec son héritage financier et religieux afin de découvrir que sa vie ne peut plus être construite sur un avoir matériel, sur une tradition religieuse et même sur l'obéissance méritoire de la loi morale, mais uniquement sur la relation au Christ.

Cependant, l'homme est trop encombré par son avoir (ses possessions, sa richesse vertueuse, son héritage religieux). Il ne peut renoncer à ses biens et s'en va tout triste (v. 22). En effet, posséder du bien, qu’il soit matériel ou spirituel, c'est être dans l'illusion du plein et en être esclave au point de ne plus pouvoir s'en séparer, c’est être dépendant de choses sans vie et du pouvoir qu’elles donnent sur autrui. Ce plein, ce n'est pas seulement de l’argent, des maisons ou des terres, ce peut être aussi du savoir religieux comme celui des scribes et des pharisiens, des convictions idéologiques, de l'intelligence, des sécurités...etc. Tout ce par quoi on se suffit à soi-même fait obstacle à la venue de la vie de Dieu en nous. Le péché est donc notre incapacité à remettre notre vie entre les mains de Dieu car Dieu seul peut donner la vie authentique, celle qui donne la paix et la joie ; Lui seul peut nous transformer et combler notre manque à être. C'est les « mains vides », que Jésus nous demande de le suivre et de nous en remettre au Dieu seul bon.

Nous sommes tous peu ou prou dans la situation de cet homme, nous ne pouvons pas nous arrêter de nous crisper sur nos avoirs et nos faires. Jésus ne nous demande pas pourtant autre chose que ce qu’il a fait lui-même : « Notre Seigneur Jésus-Christ, de riche qu’il était s’est fait pauvre pour vous, afin de vous enrichir par sa pauvreté... » (2 Corinthiens 8, 9). Jésus n’avait pas d’argent à distribuer... Dieu n’est pas un Moloch insatiable qui nous demande tout, mais il ne peut venir que là où on le laisse entrer pour lui faire de la place. Alors devons-nous en rester à ce constat d’incapacité ? Ne pouvons-nous pas humblement dire à Jésus : « je te suis, viens à mon secours, délivre-moi de la peur, aide-moi à quitter mon trop-plein ! »

 


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