Libre opinion
La Vie que Dieu nous offre
Michel Leconte
2 mars 2014
Matthieu 6, 24-34
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
25 C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? 26 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ?
28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ;
29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.
30 Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au feu, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?
31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ?
32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Ne pas se soucier d'argent, de la nourriture du corps ni de se vêtir ! Je pense que Matthieu force le trait, en oriental qu'il est, pour nous dire de ne pas être submergé par les soucis inhérents à l’existence mais de nous abandonner avec confiance à la providence paternelle de Dieu car il y a plus essentiel et surtout plus vital que ces choses terrestres. Il faut savoir hiérarchiser les priorités et ne pas prendre nos préoccupations préliminaires pour fondamentales et ultimes.
Autant nous comprenons bien (et pourtant !) qu'on ne peut pas adorer Dieu et l'argent en même temps (l'argent est ici désigné comme une idole qui entre nécessairement en concurrence avec le Dieu de la vie, cf. Dt 5. 7-8 - 1 ), autant cette insouciance du lendemain que Jésus préconise ici de manière dialectique est contraire à notre pente naturelle ! Toutefois, il est indispensable d’ajouter pour bien comprendre cette mise en garde, que Dieu n'est pas jaloux de notre richesse matérielle. Préférer l'argent à Dieu signifie choisir la servitude anxieuse, cupide et égocentrique de l'accumulation, au Seigneur qui fait sortir les hébreux d'Egypte, de la maison d'esclavage ; c'est donc préférer l'esclavage à la liberté d’aimer !
Le sens de ce passage se trouve au verset 33 : l'essentiel, ce qui doit être notre préoccupation ultime est de chercher la vie que Dieu veut pour nous et sa justice. Le souci excessif des choses terrestres, le fait de les considérer comme ultimes, nous rend aveugle et nous plonge inévitablement dans les ténèbres. Or les ténèbres, Dieu les combat depuis l'origine du monde ; elles représentent le chaos primordial, les forces de mort contraires à son action créatrice et libératrice. En conséquence, soit nous considérons que notre existence se joue sur terre sans cette altérité libératrice et créatrice et nous sommes dans la nuit, soit nous la comprenons comme un don de la grâce de Dieu et la lumière de Dieu est en nous (v. 23).
Dieu se donne gratuitement, sa justice est miséricorde et libération. Elle est grâce parce qu'elle « fait à l'homme le cadeau de la vie » (Dietrich Bonhoeffer) de la même façon que Dieu se soucie gratuitement des lys des champs et des petits oiseaux. Dieu est gratuit et l'homme est son espérance. Il nous aime passionnément. La vie qu’il nous offre est d’aimer comme lui nous aime.
Au lieu de l'inquiétude pour les choses du monde, laissons-nous aimer par Dieu, c’est le secret de la vie ; faisons une confiance absolue dans notre Père céleste qui nous délivre des forces de mort qui nous oppressent, de nos angoisses et de nos craintes du lendemain. Dieu nous appelle pour nous rendre libres, pacifiés et aimants, ressuscités.
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( 1 ) Deutéronoome 5. 7-8
Tu n'auras pas d'autres Dieux devant ma face.
Tu ne te feras pas d'image taillée, de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.),
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