Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

 

 

 

Jacques Pohier

(1926-2007)

un théologien catholique libéral

 

 

Michel Leconte

 

 

4 février 2014

Jacques Pohier fut prêtre dominicain durant quarante ans de 1949 à 1989, année où il décida de quitter son ordre pour entamer une activité nouvelle comme secrétaire général puis comme président de l’association pour mourir dans la dignité (ADMD). Condamné par Rome en 1979 pour sa mise en question radicale d’un des articles de la foi catholique, la Résurrection corporelle de Jésus, il lui était désormais interdit de prêcher, d’enseigner la théologie et de présider la célébration de l’eucharistie.

Professeur d’éthique, il fut très engagé dans les combats de société tels ceux concernant la contraception, l’avortement, le célibat des prêtres, l’homosexualité, l’euthanasie. Ses prises de position ne furent guère appréciées par le magistère romain et contribuèrent certainement à sa condamnation. Sa réflexion éthique et théologique fut nourrie par un investissement intellectuel et personnel important dans le domaine de la psychanalyse. A partir de 1972, s’enclencha le processus de remise en cause profonde de sa foi chrétienne, « ce qu’elle n’est plus, ce qu’elle est devenue » qui aboutit à son ouvrage théologique essentiel : Quand je dis Dieu.

Ce livre est l’expression de sa foi personnelle. Pour lui, la présence de Dieu s’effectue par mode de Shekinah. Cette image est empruntée à l’espace ouvert entre les deux chérubins ornant l’arche d’alliance : elle permet d’évoquer à la fois le maximum de présence locale de Dieu et le maximum d’ouverture. Dieu n’est pas partout et nulle part, il est un Dieu qui vient, mais dans un espace ouvert, condition d’une venue sans cesse nouvelle. Toute tentative de le localiser en un lieu clos, par exemples dans le pain de la Cène, dans la Bible, dans la personne du pape, transforme Dieu en idole ; il n’est plus Dieu avec nous. Cette présence de Dieu, historique, contingente, dépend de l’homme car c’est lui qui l’effectue. C’est ce qui s’est passé en Jésus qui est l’espace ouvert des deux venues, de Dieu et de l’homme. Jésus est une arche d’alliance, passée parmi nous à un moment du temps pour nous instruire de notre relation à Dieu. Un Dieu créateur qui pose la différence humaine d’avec Dieu comme positive : Dieu est Dieu et l’homme n’est pas Dieu. C’est dans l’acceptation de sa condition de créature, de sa finitude, de sa mortalité, que l’homme reconnaît, dans la joie du présent, Dieu comme Dieu. Jésus ne vient pas nous arracher à notre condition créée et mortelle, mais nous signifier que c’est ici et maintenant que Dieu est avec nous. Notre différence d’avec Dieu est bonne ; c’est dans la reconnaissance de la qualité positive de cette différence, et non dans sa suppression, que nous avons accès à Dieu. Jésus lui-même l’a humainement vécue comme positive, jusqu’à la mort. La foi pascale souligne le don actuel de l’Esprit pour re-susciter, faire vivre, rendre présent ici et maintenant le Dieu de Jésus.

Ce qui caractérisait la pensée Jacques Pohier était son souci du réel, de notre finitude, de notre contingence et son refus de la mégalomanie du désir qui conduit l’homme à se sentir coupable, à avoir honte de lui-même. Jésus nous invite à rencontrer Dieu dans l’acceptation joyeuse de nous-même. Dieu nous invite à aimer notre humanité.

 

_________________________

Suggestions bibliographiques

Quand je dis Dieu, Seuil, Paris, 1977

Dieu fractures, Seuil, Paris, 1985

La mort opportune, Seuil, Paris, 1998.

12 articles accessibles sur le site Protestants dans la ville,  liste des auteurs le plus souvent cités

 


Retour vers "libres opinions"
Retour vers Michel Leconte
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.