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Chrétien quand même

 

 

François A. de Vargas

 

Ed. Olivétan

78 pages, 12,50 €


Recension Gilles Castelnau


.

29 janvier 2014

François de Vargas est un protestant libéral fervent et engagé corps et âme en Suisse dans le travail social et notamment la Cimade, l’aide au Tiers-Monde, l’accueil des réfugiés, Amnesty International etc.
Mais il est sensible à la différence entre sa pensée théologique ouverte et l’orthodoxie raide et souvent incompréhensible qui lui semble – à tort ou à raison - accaparer la réalité du christianisme.

Il publie cet excellent petit livre où nous serons nombreux à nous retrouver avec un sourire de connivence.

Peut-on se dire chrétien quand on est tellement différent de ceux qui se sont proclamés tels ?... Est-ce que je partage les attentes des contemporains de Luther, des premiers conciles, des chrétiens du début du XXe siècle ?

Non, répond-il évidemment à chacune de ces questions. Et il énumère ce qui « le différencie » : La prière, la toute-puissance de Dieu, la notion de péché, la révélation biblique, les dogmes comme celui de la naissance virginale de Jésus ou de son ascension corporelle au ciel, la notion du salut.
Mais naturellement il se dit, et c’est son titre « Chrétien quand même »

Voici, par exemple des extraits de son passage sur la prière.

 

page 33

Si l’on me demande : « Est-ce que tu pries ? », j’ai envie de répondre « Non, je ne prie pas. Et cela pour des raisons éthiques ».
Comment puis-je par exemple remercier Dieu pour la nourriture, pour la santé, pour le bonheur familial, alors que tant de ses créatures ont faim, n’ont pas de logement, souffrent de maladies cruelles, connaissent des divorces, des dépressions, des haines tenaces ? Rendre grâces à Dieu pour tout ce qu’il nous a donné, n’est-ce pas lui dire : « Je te remercie, Seigneur, que ce soient les autres qui souffrent et pas moi » ?
[...]
Alors quel sens peut avoir la prière ? Je pense qu'elle est un lien avec la création, qu'elle nous fait vivre intensément la beauté du monde, l’amitié, l’amour ; la compassion pour ceux qui souffrent. Rendre grâces à Dieu, c'est dire : ce que j'ai reçu - toute beauté, toute joie - je l'ai reçu gratuitement, ce n'est pas moi qui l'ai fait. Je me mets dans la situation du nouveau-né qui reçoit tout de sa mère, sans avoir rien fait pour l'obtenir. Prier, c'est aussi chercher au fond de moi-même ou dans ma relation avec l’Autre, les forces pour faire face aux difficultés. Je vois la prière comme quelque chose de proche de la poésie : prier, c'est ressentir intensément la beauté et l'amour, et ne pas s'en attribuer le mérite. C'est un jaillissement de mon cœur vers l’Autre (n'est-ce pas un des noms de Dieu ?). Et quand je souffre ou prends connaissance de la souffrance de ceux que j'aime - et ceux que j'aime, ne devrait-ce pas être l'humanité entière ? - il y a aussi un jaillissement qui surgit de mon cœur. Prier pour les autres, c'est vivre l'empathie, vivre l'amitié, l’amour, c'est aussi se dire : « Je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cette souffrance cesse ». Et si je prie pour moi-même, c'est pour avoir les pensées et les gestes de Jésus face à la souffrance. Si je prie pour les autres c'est pour me demander comment je puis les aider, comment ils peuvent s'en sortir ? Et je réalise alors qu'il est difficile de vivre une relation profonde d'amour pour sa femme, sa famille, pour ses amis, son prochain, le monde entier, sans vivre quelque chose de très proche de la prière.
Mais cette prière-là, c'est tout autre chose que de remercier Dieu pour nos privilèges et de demander qu'il éloigne le malheur de nous et de nos proches.
[...]
Cette réflexion sur la prière est un élément de plus qui m'amène à me rendre compte que ma foi est assez différente de celle de ceux qui se sont dits chrétiens avant moi. Et cependant, je découvre, dans leurs pratiques et leurs convictions, quelque chose que je partage. Bien sûr, je devrais aussi découvrir quelque chose de positif dans les croyances de tous les autres humains, qu'ils soient hindous, bouddhistes, musulmans, juifs, athées, animistes ou indifférents.

 

 


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