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Histoire du protestantisme

 


Au XVIIIe siècle

un Huguenot

passa en France entre les mailles

 

 

 

Sautemur

 

14 décembre 2013

Par la Révocation de l'Édit de Nantes en 1685, officiellement il n'y a plus de huguenots en France. Ne resteraient que des catholiques, anciens ou nouveaux. Pourtant subsiste un certain nombre de huguenots sans existence reconnue depuis un siècle !
Mais cela posant des problèmes juridiques insolubles, Louis XVI promulgue l’Édit de Tolérance en 1787 leur donnant le droit d'exister civilement. D'où l'invention de l’état civil !

Cependant, avant cette date il y eut une exception : Pierre Frontin de Lapronquière, né en 1692 en Agenais, fils de Bernard Frontin de Bazérac, sieur de Lapronquière, et de Marie de Guilhem. Il émigre à Londres, puis à Lisbonne en 1716, où il est négociant international, accumule une fortune colossale, et marié à Madeleine Dupuy, fille d'un autre négociant français.
Sa vie est bouleversée par les deuils : il perd subitement sa femme et trois de ses enfants. Alors il pense à un projet fou : rentrer en France, mais il ne veut pas abjurer !

Pierre Frontin sollicite donc officiellement, auprès des autorités françaises, la possibilité de revenir sans apostasier. Or justement le contrôleur général des finances de Louis XV, monsieur Machaut d'Arnouville, souhaite le retour de ces huguenots richissimes rapatriant leurs affaires dans le royaume de France et l'enrichissant, elle et non ses ennemis ! Monsieur d'Arnouville n'est pas calotin, c'est un financier. Qu'il y ait des huguenots en France ne le gêne pas du moment qu'ils rapportent de l'argent à leur patrie ! L’affaire est donc conclue. Pierre Frontin obtient un sauf conduit et on ne parle pas d'abjuration.

Il revient donc en 1751, par Bordeaux, avec des enfants, chez sa sœur Catherine Frontin, dame de Lapronquière. Dans la région chacun sait ce qui l'avait fait s'exiler... mais nul ne le voit à la messe.
Monsieur de Chabannes, évêque d'Agen, averti, écrit un mémorandum violent sur le danger de voir la France de nouveau peuplée de huguenots, ces suppôts de l'enfer, cela engendre une brutale polémique à laquelle participe même Antoine Court et d'autres.
Voltaire, stigmatisant l'intolérance royale, cite Pierre Frontin dans son histoire de France. Les historiens protestants le signalent aussi, mais jamais par son nom, ni qu'il fut le seul dans son cas au XVllle siècle. Bien des huguenots émigrés revenaient, mais en abjurant ou avec un statut d'étrangers.

Morale de l'histoire : Monsieur d'Arnouville perdit son poste, l'évêque d'Agen garda le sien, mais notre personnage resta en France et n'abjura pas. ll y eut donc bien un huguenot officiel en France au XVIIIe siècle et une famille, car sa descendance s'obstina dans l'hérésie de Luther et de Calvin. Ainsi, il y a toujours des dispenses aux édits. Cela permet à tous de rêver et d'espérer !

 


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