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La Trinité autrement

 

 

pasteur Serge Soulié

 


19 septembre 2013

Si le symbole des apôtres reste la confession de foi quasi officielle reprise par l'assemblée dans les cérémonies œcuméniques, elle est vigoureusement contestée dans le milieu protestant par un certains nombre de chrétiens se reconnaissant dans le mouvement libéral mais pas seulement. Les critiques sont diverses : La Trinité n'apparait pas sous cette forme dans le nouveau testament. Elle serait le résultat d'un rapport de force entre tendances du christianisme où se mêlerait le pouvoir politique. Elle procède par affirmations largement remises en cause par la pensée moderne telle la notion de « Dieu tout puissant, créateur » ou la descente aux enfers de Jésus. Le monde actuel ne peut pas comprendre ce langage qui exprime des croyances qui ne sont plus les nôtres. Les dogmes ne sont plus recevables dans un monde où la recherche et le changement sont devenus la règle. Enfin, maintes fois répété, le symbole des apôtres est devenu une vaine redite.

Notons au passage que la plupart des Eglises évangéliques n'ont pas de confession de foi, le symbole des apôtres n'y a pas sa place sans que pour autant la trinité soit rejetée. L'unité des fidèles ne se fait pas autour d'un texte fédérateur résumant la pensée chrétienne mais dans la certitude partagée que le texte biblique vient directement de Dieu. Il ne peut qu'être pris dans un sens littéral et fondamentaliste. Cette pensée se résume dans l' expression : « la Bible a dit »... Paradoxalement cette attitude laisse une grande liberté de pensée, hélas peu exploitée, puisque la Bible prise à la lette et sans interprétation, dit beaucoup de choses y compris le pour et son contraire.

Il nous semble difficile de rejeter d'emblée le symbole des apôtres et la trinité. Des générations se sont nourries de ces textes. Elles ont quelque chose à nous apporter. Par ailleurs, si texte n'est pas tel quel dans la bible, il est néanmoins le témoignage de ceux qui nous ont précédés. Le canon n'est pas clos, il reste ouvert et les nouvelles contributions depuis près de 2000 ans maintenant viennent éclairer les textes retenus. Il serait plus approprié et plus juste de repenser les termes qui constituent la trinité , Père, Fils, saint Esprit et d'y ajouter l' Eglise qui perpétue ces termes pour comprendre Dieu. Nous proposons ici pour chacun de ces termes des pistes de réflexion que nous commençons à explorer.

Intéressons nous d'abord à Dieu. Et si celui-ci n'existait pas tel qu'il est pensé de manière générale: tout puissant, extérieur, interventionniste ? S'il n'était pas ce Père que l'on imagine et que l'on prie comme s'il avait tous les pouvoirs et plus particulièrement ceux qui nous échappent ? S'il n'était pas le concept le plus juste pour penser quelque chose là où le vide menace de s'installer ? Si Dieu était de préférence cette matrice dans laquelle les êtres et les choses du monde prennent corps et naissent. Un espace infini ou rien de ce monde ne peut ne pas habiter. Ce grand Tout dans lequel chacun se sent protégé et abrité. Dieu, cette instance nommée inconscient parce qu'elle contient tout depuis avant même la création et que nul n'échappe à cet inconscient. Dieu avec les attributs féminins de tendresse et de présence intense. Bref, Dieu plutôt mère que père. Dieu qui éviterait un culte à Marie la déesse mère et un attachement maternel et trop souvent névrotique à l' Eglise. Dieu, la grâce faite à tous parce qu'il aime comme une mère.

Jésus. Le sang versé pour nos péchés, çà ne dit pas grand-chose. Les religions du sacrifice sanglant appartiennent au passé. La résurrection ne vient pas secondariser les paroles et les actes de l'homme Jésus comme on l'a cru et comme on le fait dire encore à l' apôtre Paul. Là où la loi demandait servilité et obéissance, là où elle figeait le temps et barrait le progrès, elle invite l'humain à créer ses propres lois qui lui seront utiles, adaptées, opportunes, sans cesse renouvelées. La lecture des textes de l' Evangile nous fait entendre un appel celui entendu par le paralytique: lève toi et marche. On a envie de se mettre en mouvement, de chercher la vérité et la justice. On se dit que l'on n'a pas besoin d'avoir peur. Surtout pas des pauvres , des étrangers, des marginaux, ou des exclus. Rien à craindre d'eux. Jésus ce « signifiant maître » permet à l' humain de se détacher de ce qui l' enserre et l' emprisonne. Par lui, il acquiert son autonomie assume sa situation d'adulte. Il bâtit sa vie selon les choix qui sont à sa portée. Jésus tient en quelque sorte le rôle du père. C'est lui qui invite l'homme à se lever, il invite chacun à s'individualiser par la parole mais aussi par le mécanisme des identifications qu'il met en avant lorsqu'il se désigne comme « fils de l'homme ».

Et l' Esprit ? A ne pas confondre avec les esprits. Ceux dont il fallait se méfier à cause de leur pouvoir maléfique ou au contraire apprivoiser pour réussir sa vie. L'Esprit, il est la raison même, une sorte d'absolu qui mène l'histoire à son aboutissement. Jésus, appelé « logos » dans l' Evangile de Jean, n'est-il pas la raison même qui à l'insu de la conscience des hommes , souvent contre leur décisions et leurs actions, traverse le temps afin que les données de d'humanité s'accomplissent pleinement. Les droits de l'homme en sont le meilleur exemple. Ils sont l' aboutissement de ce à quoi conduit l' Esprit. Celui-ci n' a pas besoin d'être invoqué comme dans les religions païennes. Il est donné dès le départ. Il est donné à tous sans exception. Il est constitutif de l'humanité et de la création toute entière. Il est déjà là. Il traverse nos vies. Il n'est pas transcendant, il ne vient pas d'un ailleurs. Il est dans la matérialité même des choses, de la matière et de la pensée comme dans l'action.

Et l' Eglise ? Ici encore, à ne pas confondre avec les cathédrales, les chapelles et les temples. Peut-être même avec les synagogues et les mosquées. L' Eglise est invisible. On ne peut pas y adhérer. On y est toujours inscrit avec une encre indélébile que l'on ne peut voir. Elle est cette nuée de chercheurs. A un moment donné de sa vie, chacun se reconnaît dans la nuée. L'Eglise est un espace neutre entre les croyants et les incroyants. On y vient de partout. Chacun y circule en toute liberté. On ne peut y être ni fiché, ni étiqueté, ni taxé. Tout y est grâce. L'histoire y atteint son but: la liberté. Si l' Eglise est le « corps du Christ » elle ne peut être un corps fermé, nul ne peut prétendre y adhérer exclusivement, l'humanité entière y est inscrite. Chacun y vit à sa manière suivant son propre itinéraire.

Ce n'est pas la trinité en soi qui fait problème mais les représentions accolées aux trois termes; Père, Fils, Esprit. Revisités et replacés dans le champ symbolique pour de nouvelles définitions, ces trois termes continuent à exprimer la base même de la foi chrétienne. C'est bien autour d'eux que se constitue l' Eglise invisible. Ils en sont le centre.

 



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