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Ce n’est pas ainsi

que les choses devraient se passer

 

sermon

 

This Isn't The Way It's Supposed To Be

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

Joseph S. Pagano

prêtre de l’Église épiscopalienne Saint Anne,

Annapolis, Maryland, États-Unis

 

 

26 décembre 2012

Luc 2.1-6
La quinzième année du règne de Tibère César, lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l'Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l'Abilène, et du temps des souverains sacrificateurs Anne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert.
Et il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés, selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d'Esaïe, le prophète :

C'est la voix de celui qui crie dans le désert :

Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez ses sentiers,
toute vallée sera comblée,
toute montagne et toute colline seront abaissées.
Ce qui est tortueux sera redressé
les chemins raboteux seront aplanis.
Et toute chair verra le salut de Dieu.

Vous êtes-vous jamais dit : « Ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer » ? C’était peut-être lorsque des rockets sont tombées sur Israël, ou lorsque vous avez vu des images du mur entourant le territoire palestinien. Peut-être était-ce lors d’un reportage montrant la pollution de la baie de Chesapeake (sur le bord de laquelle se trouve la ville d’Annapolis. Note de GC). Ou peut-être le récit de cette mère d’une adolescente qui engageait un tueur à gare pour assassiner la mère d’une autre adolescente rivale de sa fille. Peut-être était-ce une fête de famille se terminant en dispute ou peut-être quelque chose que vous avez dit et que vous n’auriez jamais dû dire.
« Ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer »

Si cela vous est arrivé, vous comprenez maintenant ce que la Bible appelle le péché. C’est évidemment une notion complexe. C’est d’abord l’impression que quelque chose n’est pas satisfaisant. Mais c’est donc aussi que l’on a l’idée de ce qui satisfaisant. C’est cela qui permet de comprendre la notion biblique de péché et de dire que « ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer »
Dans la tradition biblique, l’idée de ce qui satisfaisant se nomme chalôm. On traduit habituellement ce mot par « paix », mais il signifie beaucoup plus que l’absence de guerre ou la tranquillité d’esprit. Le chalôm, la paix dans les Écritures désigne un épanouissement universel, la plénitude, l’harmonie, le bonheur. Les prophètes parlaient du jour où ce qui est tortueux serait redressé, où les endroit raboteux seraient aplanis, où les fleurs pousseraient dans le désert, où les larmes sècheraient, où le lion se coucherait à côté de l’agneau (Esaïe 11), où le fou deviendrait sage et le sage deviendrait humble, alors que les hommes transformeraient leurs épées et socs de charrues (Esaïe 2.4). La nature serait féconde et amicale, toutes les nations s’assiéraient à la même table en un repas de fête, toute la création se tournerait vers Dieu, cheminerait avec lui et feraient de lui sa joie.

Dans son livre « Not the Way It’s Supposed to Be » (« Ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer », Cornelius Plantinga écrit :
« le chalôm est un état de choses tels que les besoins de tous y sont satisfaits, les dons de la nature heureusement utilisés. Une situation qui provoque joie et émerveillement alors que le Créateur et Sauveur accueille les hommes qu’il aime et ouvre des portes devant eux. »

Dans la Bible le chalôm, la paix, est la façon dont les choses doivent être et le péché, la façon dont elles ne devraient pas être. Le péché est naturellement une offense à Dieu dans la mesure où il rompt la paix de Dieu. Le péché est de détourner les bonnes choses de la création pour les utiliser à des buts indignes comme, par exemple, s’approprier personnellement ce qui appartient à tous. Il suffit de regarder le journal télévisé du soir pour en prendre conscience.

Mais faut-il parler ainsi alors que nous sommes dans le temps de l’Avent, en train de préparer nos arbres de Noël en écoutant les cantiques de saison. Nous venons, tout heureux à l’église et au lieu d’entendre parler de l’enfant Jésus et des chœurs célestes des anges, le texte du jour est celui de Jean-Baptiste, le fruste prophète prêchant dans le désert de Judée un baptême de repentance pour le pardon des péchés. Ce n’est pas vraiment « bon et heureux Noël ! »
Et pourtant en lisant ce texte, nous parlons d’une « Bonne Nouvelle. »

Un prophète de l’Ancien Testament nous montrant du doigt et nous disant que nous sommes des pécheurs serait-il un messager de Bonne Nouvelle ? On dira que le message de Jean-Baptiste est le prélude à la Bonne Nouvelle : il indique ce que nous devons accomplir pour être prêts pour accueillir la Bonne Nouvelle de notre sauveur. Il faut passer par le dur chemin de la repentance de nos péchés pour être prêts au don du Christ.
C’est peut-être vrai mais ce n’est pas ce que nous appellerions une bonne nouvelle. Le médecin qui nous dit que nous devons évitons de manger ce qui est gras et sucré et faire davantage d’exercice nous dit peut-être une vérité que nous avons besoin d’entendre, mais ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle qui nous réjouit et nous fait éclater en chants de joie.
Pourtant le message de repentance de Jean peut être considéré comme une bonne nouvelle en soi et non pas comme son prélude, pour au moins trois raisons.

1. Si nous écoutons la parole de Jean-Baptiste, si elle nous semble tomber juste, si nous pensons parfois que « ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer », alors nous connaissons déjà la paix de Dieu. Je l’ai dit plus haut, si nous pensons cela, c’est que nous avons déjà une idée de la manière dont elles devraient se passer. Il faut bien avoir une idée de la paix de Dieu pour reconnaître qu’elle est brisée.
La Bonne Nouvelle est précisément là, dans notre vision du chalôm de Dieu, la paix de Dieu. Elle nous est donnée dans nos Écritures, dans nos traditions religieuses, dans notre réflexion sur la création. La vision nous est donnée d’un monde créé et sauvé par notre Dieu qui est bon et généreux. Un monde fait pour être prolifique, abondant, harmonieux, hospitalier, paisible, inépuisable, source d’une joie profonde et constante. Si nous entendons ce que dit Jean-Baptiste du péché, c’est que nous savons déjà ce qu’est la paix de Dieu. Et c’est là qu’est la Bonne Nouvelle.

2. Si nous entendons et suivons l’appel de Jean-Baptiste à la repentance pour le pardon des péchés, c’est parce que nous pensons que l’on peut faire quelque chose. Jean-Baptiste ne dit pas « ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer » et elles seront toujours ainsi, il vaut mieux s’y habituer. Son message n’est pas inutile. Il est au contraire un appel libérateur et joyeux à accorder nos attitudes individuelles et collectives avec le dessein de Dieu.
Si nous connaissons déjà la vision que Dieu a du chalôm, nous pouvons être de ceux qui promeuvent la prospérité, qui recherchent la plénitude et restaurent l’harmonie. Nous pouvons être les réparateurs de ce qui est brisé.
Entendre et suivre le message de Jean-Baptiste est Bonne Nouvelle dans la mesure où malgré que « ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer », nous croyons qu’elles peuvent changer et que nous pouvons changer nous aussi. Les gens peuvent arrêter de se tuer mutuellement. Les affamés peuvent être nourris. Les parents peuvent aimer leur famille et élever sainement leurs enfants. Les ennemis peuvent devenir amis.
C’est une bonne et vraiment une heureuse nouvelle que de savoir que nous sommes libres de répondre à l’appel de Dieu au chalôm.

3. Si nous entendons et suivons l’appel de Jean-Baptiste à un baptême de repentance pour le pardon des péchés c’est que nous connaissons déjà la paix de Dieu ; et cet appel est une Bonne Nouvelle car il suggère que nous sommes capables d’y répondre et qu’en fait, nous avons déjà foi au triomphal retour de la paix de Dieu.

 

Dans le texte de Luc placé en exergue, Jean-Baptiste est ainsi décrit par une citation du prophète Ésaïe :

C'est la voix de celui qui crie dans le désert :

Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez ses sentiers,
toute vallée sera comblée,
toute montagne et toute colline seront abaissées.
Ce qui est tortueux sera redressé
les chemins raboteux seront aplanis.
Et toute chair verra le salut de Dieu.

C’est une parole puissante : « Toute chair verra le salut de Dieu. » Et c’est une bonne nouvelle. C’est la Bonne Nouvelle. Oui, « ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer » mais nous connaissons déjà la vision de Dieu, le chalôm et nous pouvons tourner nos cœurs et nos esprits vers le dessein de Dieu. Et nous pouvons mettre notre foi dans l’espérance qu’un jour c’est ainsi que les choses se passeront effectivement.

Toute les larmes sera essuyées,
toutes les épées seront devenues des socs de charrue
et toute chair verra le salut de Dieu.

Dieu et la paix de Dieu seront triomphants à la fin. Et nous savons cela car à Noël nos yeux ont vu le sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.


« On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » (Esaïe 9)

« Ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer » Nous le savons parce que nous connaissons déjà la paix de Dieu. Par un processus de repentance, nous pouvons nous accorder au dessein de Dieu, à la paix de Dieu, à la manière dont les choses devraient se passer. Et nous pouvons faire ceci avec gratitude, joie et confiance parce que lors de la naissance de l’enfant prince de la paix, la promesse nous a été faite que le chalôm de Dieu triompherait finalement.

C’est cela la Bonne Nouvelle !

 


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