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Libre opinion

 

 

Pour une loi autorisant

l'aide à mourir

 

à l'adresse de la Commission Sicard

 

Jacques Musset

Ancien prêtre catholique, aumônier de lycée, animateur de groupes bibliques,
puis redevenu laïc, formateur à l'accompagnement des malades et écrivain

 

15 décembre 2012

François Hollande dans l'une de ses 50 propositions a envisagé de légaliser dans certaines conditions l'aide à mourir. C'est une demande maintes fois répétée par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité. Je suis, avec ma femme, membre de cette association et je voudrais plaider pour la mise en place de cette loi. D'autres pays ont fait ce choix. Nous ne serions donc pas des avant-gardistes.

Mes arguments ?

On nous dit que la vie est sacrée, qu'elle n'appartient pas aux humains – ce que prétend notamment l'Eglise catholique -, qu'on ne peut en aucun cas y attenter, qu'enfreindre en certains cas précis ce postulat serait bouleverser les fondements de notre civilisation.

Question : Cette affirmation n'est-elle pas purement théorique ? La loi française reconnaît aujourd'hui une exception : l'avortement. Notre société ne s'est pas écroulée. Cette loi ne s'impose à personne, mais évite de grands drames. La légalisation de l'aide à mourir en fin de vie ou dans des situations intolérables pour la personne concernée ( Humbert ) n'est-elle pas aussi légitime dans des conditions bien précises ?

Ma vie m'appartient et dire le contraire est une supercherie. Dire par exemple que Dieu donne et est maître de la vie est un postulat de la doctrine catholique. Si Dieu existe, qui a été témoin de sa volonté ? Par ailleurs, quelle piètre image de Dieu qui fait un cadeau et en garde la propriété ? Je suis personnellement chrétien. Mais j'affirme - et je ne suis pas le seul - que les affirmations dogmatiques des autorités catholiques en ce domaine n'ont pas de fondement objectif. Ce sont des représentations qui n'engagent que ceux qui y adhèrent.

En conséquence, rien ne s'oppose à ce qu'on légalise le droit à l'aide à mourir dans des conditions bien précises.

 

On nous dit qu'une loi ouvrirait la porte aux abus et aux dérives.

Question : En Belgique,en Hollande, en Suisse, au Luxembourg, voit-on des dérives ? La loi dans ces pays encadre précisément la mise en place de cette aide à mourir. Les conditions sont contraignantes. Par ailleurs, pour le moment on ne voit pas des foules s'engouffrer dans les dispositions prévues. S'il y a risque de dérives, c'est plutôt dans notre système de santé que des médecins ou des infirmières peuvent prendre des décisions sans rapport avec la volonté des malades.

Dans les législations existantes, la volonté des malades dument exprimée et vérifiée est la condition première et essentielle de son application. On parle parfois de se contenter d'un accord secret entre médecin et malade, mais en ce cas l'absence d'encadrement par la loi n'ouvrirait-elle pas la porte à des abus de la part de médecins ? Il n'est pas bon en tout cas qu'en pareil domaine si essentiel les dispositions ne soient pas régulées et encadrées par la loi. Il en va de la protection de la liberté des personnes concernées. L'opacité des pratiques n'est jamais bonne.

 

On nous dit que la Loi Léonetti est suffisante, qu'il conviendrait seulement de développer son application pour que toute demande d'aide à mourir disparaisse. C'est faux. Malgré tous les efforts apportés au soulagement de la douleur et à la qualité d'accompagnement, il y a des personnes, dont je suis, qui, dans certaines situations critiques et irréversibles, souhaitent en finir avec une vie qui n'est plus tenable par elles. On les taxe d'égoïstes, de manque de courage. Mais qui doit décider de ce qui supportable ou non ? Il y a dans certains propos d'opposants à l'aide à mourir une forme d'accaparement de la vie d'autrui en fonction de leurs propres critères. Dans notre société éclatée et sécularisée, les références ne sont plus uniques. Sont-elles cohérentes avec les valeurs de notre république ? C'est selon moi la seule question qui vaille. Une loi qui encadre l'aide à mourir est cohérente avec ces valeurs partagées. Il en est de même d'autres lois républicaines dans lesquelles ne se retrouvent qu'une partie de la population ( divorce, contraception , avortement...) mais qui ne s'imposent pas aux autres.

 

Par ailleurs, dans les situations critiques de fin de fin, la loi Léonetti prévoit d'endormir le malade avec de fortes doses de sédatifs avec comme conséquence possible et même probable que la personne en meure. L'argumentation repose sur le principe du double effet : on soulage mais cela peut entraîner la mort souhaitable. En ce cas, on ne se sent pas responsable de la mort qui surviendra... N'est-ce pas hypocrite ? N'est-il pas plus raisonnable, pour la personne qui le souhaite, de l'aider à mourir tout simplement.

 

On me dit aussi que, au cas où une loi sur l'aide à mourir serait votée, si je donne des directives anticipées à mes référents et que je perde connaissance ou que je sois dans l'impossibilité d'exprimer ma pensée avant de mourir, elles ne sont plus valables puisque j'aurais pu changer d'opinion tant que je suis vivant. Depuis quand les volontés de quelqu'un dument exprimées par testament ne sont-elles plus valables si la personne sombre dans l'inconscience ou l'impossibilité de communiquer ? Ainsi je ne vois pas comment on pourrait ne pas tenir compte de la volonté expresse de quelqu'un qui a maintes fois et par écrit souhaité qu'on l'aide à mourir s'il est dans telle et telle situation qu'il ne souhaite pas. Les dépositaires de ses volontés sont ses personnes référentes reconnues par la Loi actuelle et il est évident qu'on doive les écouter.

 

Voilà quelques réflexions que je dépose entre les mains de la Commission présidée par le Professeur Sicard.

 


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