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Le Goût de vivre

 

et cent autres propos

 

 

André Comte-Sponville

 

Éd. Albin Michel
456 pages,  7,60 €

 

 

Recension Gilles Castelnau

 

 

21 octobre 2012

L’humanité, le bon sens, l’esprit de paix d'André Comte-Sponville le rend extrêmement sympathique et la lecture de ses livres – et notamment de celui-ci - rend non seulement plus intelligent notre regard sur le monde, mais nous rend certainement plus fraternels avec nos contemporains et plus heureux de vivre.

Comte-Sponville est tout proche de l’Évangile. Il a malheureusement été victime, comme tant d’autres, d’une instruction religieuse rétrograde qui lui a fait croire que la seule conception de Dieu que l’on puisse avoir (il me l’a dit lui-même lors d’une brève rencontre à la sortir d’un studio de radio) est celle d’un improbable tout-puissant créateur et maître de toutes choses. Incroyable à juste titre à ses yeux. Mais que n’a-t-il lu l’excellent mensuel protestant libéral Évangile et Liberté ou ce site de Protestants dans la ville.

Voici trois des remarquables articles de ce livre qui en contient  effectivement 101, comme son titre l’indique.
Je me permets quelques remarques à propos du dernier cité.

 

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page 20

Fêtes

J'ai horreur de Noël, du Nouvel An, de tout ce cérémonial des Fêtes! Ces réjouissances à date fixe ont quelque chose d'exaspérant et d'angoissant tout à la fois. Mais quoi ?

Bien sûr, il y a l'étalage du luxe, la débauche de nourritures (et les plus chères ! et les plus lourdes !), avec ce que cela suppose d'indélicatesse ou d'indifférence vis-à-vis de ceux que la misère tient éloignés du festin, les enfermant, plus cruellement sans doute que jamais, dans la frustration. Une telle injustice, si complaisamment étalée, semble donner raison aux casseurs de nos banlieues, en tout cas elle aide à les comprendre. Réclamerais-je plus de justice, on me trouverait ringard, et prisonnier décidément d'une idéologie d'un autre âge. Admettons. Mais quand bien même il serait indispensable que certains mangent du caviar et d'autres des œufs de lump (et d'autres rien : combien d'enfants morts de faim en 1990 ?), quand bien même il serait inévitable que ce soient toujours les mêmes qui s'empiffrent ou se privent, est-il indispensable aussi que l'opulence s'étale à ce point ? Si la justice est hors d'atteinte, faut-il que la pudeur le soit également ?

Un tel luxe est d'autant plus choquant qu'il constitue, d'évidence, une perversion du message de Noël. Un enfant est né, nous dit-on, il y a quelque deux mille ans, pauvre parmi les pauvres, pour célébrer, sans faste ni puissance, l'unique richesse de l'amour. Il fut un temps où l'on se demandait si le capitalisme était compatible avec cette éthique-là, celle des Évangiles, si le christianisme, en sa pureté, n'était pas une réfutation terrible de ce qui fait vivre nos sociétés. Vieilles lunes, semble-t-il. On se demande maintenant si les Évangiles ne sont pas réfutés plutôt par le capitalisme, et s'il ne serait pas temps, maintenant que la richesse est déculpabilisée, comme on dit, d'oublier ces vieilleries naïves et néfastes ... Malheur aux pauvres ! Heureux les riches en actions et en obligations !

On m'objectera que Noël reste la fête des enfants. En effet. Cela fait deux mois qu'ils nous cassent les oreilles avec leur Père Noël ou leurs cadeaux, deux mois qu'ils ne sont plus qu'impatience avide, deux mois qu'ils sont dévorés par le manque, deux mois qu'ils attendent, pour être heureux, que ce soit enfin Noël ! Quelle curieuse leçon d'existence nous leur donnons, qui laisse entendre que vivre c'est attendre et recevoir, quand nous savons bien, nous, les parents, que c'est l'inverse qui est vrai ! Aucun cadeau n'est le bonheur, ni rien de ce qu'on attend ou reçoit, mais cela seulement qu'on fait ou qu'on donne, et point en cadeau, puisque l'essentiel de ce qu'on peut offrir, personne, jamais, ne pourra le posséder. Noël, l'idéologie de Noël, est devenu comme un résumé des erreurs dont il faudrait débarrasser nos enfants, dans lesquelles au contraire, comme à plaisir, le vieil homme à la hotte les enferme. Le bonheur n'est pas un cadeau, la vie n'est pas un conte, et il n'y a pas de Père Noël. Voilà à peu près ce que vivre m'a appris, et qu'il faudrait, pendant dix jours, faire mine d'oublier ! Le mensonge sur le Père Noël - le premier mensonge, souvent, que nous faisons à nos enfants - résume tous les autres. Nous ne cessons d'enjoliver la vie, du moins nous essayons, et cet optimisme mensonger est plus triste encore que ce qu'il essaie, avec un succès inégal, de nous faire oublier. Noël, ou le divertissement à l'usage des enfants ...

On m'objectera que Dieu, pour l'athée que je suis, n'existe pas davantage que le Père Noël. Soit. Mais lui du moins ne parade pas sur nos trottoirs, lui n'essaie pas - ou plus - de fourguer ses marchandises à nos enfants. Chaque société a les mythes qu'elle mérite, et celui-là en dit long sur la nôtre: de l'enfant nu à ce vieillard postiche, du Christ au Père Noël, quel chemin ! Et de l'amour pourchassé à l'égoïsme triomphant. ..

Puis ce bonheur imposé ! Pendant dix jours, toute la bêtise médiatique va nous seriner son optimisme de commande, et il faudra être joyeux par force ! La mort ? « Reprends donc du champagne ! » La solitude ? « Tu n'aimes pas le foie gras ? » L'angoisse, la difficulté de vivre, l'amour qui échoue ou se meurt ? « Allez, on sort les cotillons et vive la fête ! »Pourquoi pas, en effet ? Mais pourquoi ces jours-là, pourquoi tous ensemble et à date fixe ? Quoi de plus grotesque, quand on y pense, que ces millions de réveillons simultanés, avec tous les petits mensonges qui vont avec, tous ces petits égoïsmes, comme autant de cadeaux autour du sapin ? On préférerait un bonheur plus modeste, plus discret, plus spontané, plus imprévisible ... Quoi de plus triste que de lire sa joie dans le calendrier ?

Reste l'enfant nu, entre le bœuf et l'âne, celui qui finira sur une croix, celui que Dieu même, peut-être, abandonnera pour finir. .. Et tous les ans, depuis bientôt vingt siècles, « dans la plus longue nuit de l'année ou presque », comme disait Alain, entre bougies et guirlandes, fragile, vacillante, cette lueur pourtant au cœur des vivants: l'amour enfant, et fils de l'homme. Ce dieu-là - le plus faible des dieux, et le seul - méritait mieux qu'un réveillon ou qu'une messe.

 

 

page 70

Vendredi saint

 

Que notre société soit en train de se déchristianiser dans ses profondeurs, j'en veux pour preuve que Pâques a cessé d'y faire événement. On parle davantage du Ramadan, pour l'exotisme, pour escamoter une haine possible (l'islamophobie) ou masquer une peur. On célèbre Noël ? Oui, pour les enfants et les cadeaux. Mais que le Christ soit ressuscité, voilà qui n'intéresse plus grand monde, semble-t-il, pas même, peut -être bien, chez ceux qui y croient.

C'était pourtant la fête la plus spécifiquement chrétienne, celle au fond qui faisait la différence. La naissance du Christ ou sa mort sur la croix, pour invérifiables qu'elles soient historiquement, ne font guère problème: beaucoup d'athées les jugent vraisemblables. Mais sa résurrection ? Seuls les chrétiens y croient, et c'est ce qui les fait tels. Noël peut faire l'objet d'un consensus, et point seulement pour les cadeaux. Quoi de plus émouvant qu'un nouveau-né ? Quoi de plus faible ? Quoi de plus sacré ? Et quelle meilleure image, en effet, du divin en l'homme ? La force n'est pas tout, la richesse n'est pas tout. Le premier enfant venu vaut mieux. C'est ce que signifient la crèche et les Rois mages. Qui ne voudrait s'agenouiller devant l'enfant nu et menacé ? Devant le fils de l'homme ? C'est le culte humain par excellence. C'est l'humanité même.

Mais devant le tombeau vide ? Devant cette montée au ciel ? Qui ne sent la fable ? le mythe ? l'allégorie ? Pâques est la fête spécifiquement chrétienne, dans le monde, et la fête spécifiquement religieuse, dans le christianisme. Que nous y croyions de moins en moins en dit long sur le monde, sur le christianisme, sur nous tous. Jean-Paul II aura beau faire. Cette espérance-là nous a quittés, en tout cas elle est devenue sans portée sociale : ce n'est plus qu'une foi privée, dans un monde privé de foi. L'athée que je suis ne s'en plaint pas trop. Qu'importe un tombeau vide ?

Je regretterai davantage le Vendredi saint, dont on parle encore moins. Les plus jeunes savent-ils seulement ce que c'est ? Il fallait que le Christ mourût, avant de ressusciter, et c'est ce qu'on célèbre ce vendredi. C'est le vrai prolongement de Noël : celui qui est né doit mourir. Et le contraire d'une espérance. La force, au bout du compte, l'emporte toujours. La mort l'emporte toujours. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » C'était déjà dans les Psaumes, et c'est de tous les temps. C'est le cri de l'homme. Sa protestation. Sa révolte. La négation à peu près de toutes les religions: comme une vérité enfin dite, enfin reconnue. Comme quand on arrête de mentir, de faire semblant. C'est la vérité du Calvaire, tellement plus émouvante, tellement plus humaine, tellement plus éclairante que ces histoires d'anges, d'ascension et de jugement dernier ! Ce dieu-là est le plus faible de tous les dieux, et pour cela le plus humain, et pour cela le plus divin. La mort l'emporte toujours, mais que prouve-t-elle contre la vie ? La force l'emporte toujours, mais que prouve-t-elle contre l'amour ? Dieu est faible; c'est dire assez que la force n'est pas Dieu. Dieu est mortel ; c'est dire assez que la vie n'est pas Dieu. Alors quoi ? Alors le fils de l'homme, et l'amour supplicié.

Relisez les Évangiles, et demandez-vous ce qu'il en reste, quand on renonce à Pâques. Ce qui demeure vrai dans cette lumière ultime du Vendredi saint, celle du mont des Oliviers, celle que le Greco a su peindre. Mon idée est qu'il reste l'essentiel : l'amour, la douceur, la compassion, la miséricorde ... Qu'a-t-on besoin d'un Dieu pour aimer ? pour protéger ? pour pardonner ? Qu'a-t-on besoin d'un Dieu pour être humain ?

« Ton Jésus, me dit un ami, c'est un Bouddha .» Peut-être. Mais qui met l'amour plus haut que la compassion, plus haut que la sagesse, c'est ce que signifie la « folie de la croix », plus haut même que le salut, et c'est ce que signifie le Vendredi saint. C'est la leçon du Calvaire. L'amour, même vaincu, vaut mieux qu'une victoire qui serait sans amour.

 

 

 

page 113

Trois raisons de ne pas croire

« Mais enfin, me demande un intervenant, lors d'un débat, vous qui êtes si proche de la tradition chrétienne, si manifestement marqué par les Évangiles, pourquoi ne croyez-vous pas en Dieu ? » Mes raisons sont innombrables ; mais trois, ce soir-là, m'ont paru suffisantes.

- La première, la plus banale, la plus forte, c'est l'immensité du mal. Trop d'horreurs, trop de souffrances, trop d'atrocités sans nombre. La faute des hommes ? Souvent, oui, mais point toujours. La nature est sans pitié. Le monde est sans pitié. Comment imaginer qu'un Dieu ait voulu les tremblements de terre, les maladies, la souffrance des enfants, la décrépitude des vieillards ? Ou Dieu n'est pas bon, ou il n'est pas tout-puissant. Mais s'il manque de puissance ou de bonté, il est donc imparfait: est-ce encore un Dieu ?  ( 1 )

- Ma deuxième raison, ce serait plutôt les hommes eux-mêmes, tels qu'ils sont, et plutôt dérisoires que méchants. Je me connais trop, et je m'estime trop peu, pour me figurer qu'un Dieu ait pu me créer. Faut-il une si grande cause, pour un si petit effet ? Tant de grandeur, pour tant de médiocrité ? On dira que de cette médiocrité, c'est moi qui suis responsable, que c'est donc à moi qu'il faut m'en prendre, point à Dieu. Peut-être. Mais qui m'a fait ce que je suis ? Et les autres valent-ils tellement mieux ? Je ne suis pas humble au point de le croire, ni ne vois, étant ce que je suis, comment j'aurais pu faire beaucoup mieux que ce que j'ai fait. J'essaie d'être un homme convenable, et assurément je ne suis pas le pire. Mais un homme convenable, que c'est peu, que c'est vain, que c'est piètre ! Comment imaginer qu'un Dieu ait voulu cela ?  ( 2 )

- La troisième raison, quand je l'énonce, surprend parfois davantage. Ce qui m'empêche de croire en Dieu, c'est que je préférerais qu'il existe. Qui non? Qui n'aimerait mieux qu'un Dieu tout-puissant règle le cours des choses, récompense les bons, soutienne les faibles, punisse peut -être les méchants ? Qui n'aimerait être aimé ? Qui ne voudrait que l'amour, comme dit le Cantique des cantiques, soit aussi fort que la mort, voire plus fort qu'elle ? Qui ne souhaiterait le triomphe ultime de la paix, de la justice, de la vie, de l'amour ? Et comment, sans un Dieu ? La religion correspond exactement à nos désirs les plus forts, qui sont de ne pas mourir, ou pas définitivement, et d'être aimés. C'est une raison de s'en défier. Une croyance qui correspond si bien à nos désirs, il y a tout lieu de penser qu'elle a été inventée pour cela, pour nous rassurer, pour nous consoler, pour nous satisfaire au moins par anticipation. C'est la définition de l'illusion : « une croyance dérivée des désirs humains », disait Freud, ce qui me paraît comme à lui correspondre merveilleusement à la religion. Être dans l'illusion, c'est prendre ses désirs pour la réalité. Or rien, par définition, n'est plus désirable que Dieu. Rien, donc, n'est davantage suspect d'illusion que la foi en son existence. Que je désire Dieu, comme tout le monde, est ainsi une raison supplémentaire de n'y pas croire. Dieu est trop beau pour être vrai.  ( 3 )

Bref, j'ai trois raisons de ne pas croire en Dieu, et ce sont trois vertus : la compassion, l'humilité, la lucidité. Non, certes, que j'en fasse toujours preuve, dans la vie quotidienne, ni que toute foi soit fautive. Mais c'est assez, pour un athée, que de pouvoir l'être pour de bonnes raisons.

 

__________________________________

 

Remarques de Gilles Castelnau

 

( 1 )  Comte-Sponville écrit : « Ou Dieu n'est pas bon, ou il n'est pas tout-puissant. »
En effet il y a trois affirmations qui ne peuvent pas être conjointes :
Dieu est bon
Dieu est tout-puissant
le mal existe.
Effectivement les raisons qu’apportent certains théologiens à l’existence du mal si Dieu est à la fois bon et tout-puissant ne sont plus admissibles de nos jours.
La théologie musulmane dit bien que le mal existe et que Dieu est tout-puissant, mais elle n’affirme pas qu’il soit bon. Miséricordieux tout au plus, ce qui n’est pas la même chose.
Comte-Sponville a raison de ne pas croire en un Dieu tout-puissant. D’ailleurs nulle part la Bible ne le dit. Et si certaines traductions utilisent ce mot en certains endroits, il s’agit d’une traduction abusive qui révèle une méconnaissance de la pensée hébraïque.
Mais Comte-Sponville n’a pas raison de dire que « s'il manque de puissance ou de bonté, il est donc imparfait : est-ce encore un Dieu ? »
Je crois que Dieu ne manque pas de bonté mais qu’incontestablement il n’est pas un « tout-puissant ». Ce mot désigne l’attitude d’un despote à la manière du Zeus hellénistique, qui tient tout en mains, peut tout et intervient souverainement du haut de son Olympe pour se transformer en taureau blanc ou en cygne pour séduire les jolies mortelles.
La théologie chrétienne centrée sur le Dieu que le Christ révèle, qui est saint-Esprit, loin de penser que Dieu « ait voulu les tremblements de terre, les maladies, la souffrance des enfants, la décrépitude des vieillards » montre bien au contraire le souffle divin de courage et de dynamisme créateur qui agit dans l’âme des hommes afin de leur donner la force et l’élan vital permettant d’affronter ces forces de mort.
Mais lorsque je l’ai dit à Comte-Sponville il m’a ré pondu «  non, il n’y a pas d’autre Dieu que le tout-puissant et d’ailleurs il n’existe pas ».

( 2 ) L’idée que l’individu tel qu’il est avec ses qualités et ses défauts ait été ainsi façonné par Dieu, revient à la conception du Dieu tout-puissant qui a tout fait directement et dont l’homme-objet qui serait ainsi sorti de ses mains ne serait qu’un piètre chef d’œuvre.
Cet argument est fréquemment utilisé par ceux qui ne peuvent croire en un tel Dieu. Ils ajoutent souvent que les hommes ne sont pas seulement médiocres mais que les nains sont trop petits, les méchants trop méchants et les handicapés vraiment ratés.
Mais la théologie libérale ne conçoit pas un Dieu extérieur au monde le façonnant comme un potier (bien que Jérémie ait une fois utilisé une telle image) mais comprend que Dieu est la Source de la vie à laquelle Jésus invitait la Samaritaine à venir boire, ou le Souffle vital que Jésus soufflait sur ses disciples le soir de Pâques. Ce n’est pas Dieu qui a fabriqué Comte-Sponville tel qu’il est (pas du tout « médiocre » d’ailleurs !) mais c’est bien Dieu qui lui renouvelle l’élan vital qui lui permet d’écrire des livres - tous comptes faits - aussi excellents.

( 3 ) L’idée que Dieu n’est inventé que parce qu’on désire une telle Divinité est surprenante.
Qui désirerait vraiment un Dieu comme Comte-Sponville l’imagine ? Il écrit : « Qui n'aimerait qu'un Dieu tout-puissant règle le cours des choses, récompense les bons, soutienne les faibles, punisse peut -être les méchants ? » Il me semble qu’aucun de nous n’aimerait être soumis à un tel adjudant-chef !
Il écrit dans le même paragraphe : « La religion correspond exactement à nos désirs les plus forts, qui sont de ne pas mourir, ou pas définitivement, et d'être aimés. C'est une raison de s'en défier. »
Oui, mais ce n’est pas une raison de s’en défier.
Effectivement la Présence créatrice de vie qui nous anime, nous tonifie, nous apaise et nous rend fraternels avec nos contemporains correspond exactement à ce dont nous avons ultimement besoin. Et plus nous en prenons conscience, plus nous nous ouvrons à Elle, plus nous y sommes attachés : c’est ce que les théologiens appellent « aimer Dieu ».
Mais Comte-Sponville n’aimerait certainement pas que je lui dise qu’en réalité il aime Dieu. Loin de moi cette idée bien peu fraternelle de récupération !
G.C.

 

 

 

 


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