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Chemin de prière

avec Thérèse de Lisieux

 

Victor Sion

 

Ed. Cerf.  128 pages, 12 €

 

Recension Gilles Castelnau


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14 mai 2012

Le Père Victor Sion est religieux carme et il veut encourager ses lecteurs à entrer dans la spiritualité de Thérèse de Lisieux qui était tout entière centrée sur la relation mystique avec le Christ en une prière permanente.

La spiritualité protestante est bien différente. Bien loin de rechercher une communion directe avec Dieu (ou avec le Christ) dans l’immobilité d’un couvent et en se soumettant à des mortifications, à des jeûnes, des veilles et des oraisons rituelles, les protestants pensent que la Présence divine habite déjà les hommes « par grâce, par le moyen de la foi », et que l’effort à accomplir n’est pas celui d’accentuer cette relation mais celui de vivre le dynamisme d’amour avec leurs prochains pour la réalisation d’un monde meilleur.

La « fillette assise à l'écart... Jésus étant son unique Ami, le seul à qui elle sache parler » aurait dû, pensons-nous, être plutôt encouragée à rejoindre ses camarades afin d’apprendre à leur parler dans une relation détendue et souriante.
Les protestants ne croient pas avoir à « sauver des âmes » ni que les souffrances de quelqu’un puissent participer à « sauver » quelqu’un d’autre : Jésus ne délivrait-il pas, bien au contraire, de leurs souffrances les hommes qu’il rencontrait dans son ministère ?
Les protestants ne recherchent pas non plus le sourire et la guérison donnés par la Sainte Vierge mais la paix, le dynamisme créateur et l’esprit d’harmonie du Dieu toujours présent dans les cœurs.

Voici quelques pages claire et frappantes de la spiritualité émouvantes de Thérèse que Jean-Paul II a faite « docteur de l’Église ».

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Préface

page 7

Peut-être oublions-nous pratiquement que la prière prend sa source dans une communion profonde avec Dieu. D'où le risque de nous situer au niveau des pratiques et des techniques, et de nous plaindre de ne pas avoir le temps de prier ou de manquer de goût pour la prière.

page 9

C'est l'union de Thérèse à Dieu, dans le Christ, qui fait sa vie profonde. Puisque le Christ était son unique espoir, spontanément son cœur allait à Lui, et Lui parlait. Ne disait-elle pas à Mère Agnès : « Je voudrais tant aimer Jésus ! L'aimer plus qu'Il n'a jamais été aimé ! Mon seul désir est de faire toujours la volonté de Jésus ! » En dehors de ce courant vital qui la relie à Dieu, on ne peut comprendre sa prière.

 

La grâce de la prière

page 11

Cette fillette qui, assise à l'écart, alors que son père pêchait, « se plonge en une réelle oraison, sans savoir ce que c'est que méditer ». Cette ancienne pensionnaire, lors de ses visites à l'Abbaye, passe plusieurs heures devant le Saint-Sacrement, « Jésus étant son unique Ami, le seul à qui elle sache parler ».

Cette carmélite, enfin, assurera un jour : « Je ne vois pas bien ce que j'aurai de plus après la mort que je n'ai déjà en cette vie. Je verrai le Bon Dieu, c'est vrai ! Mais pour être avec Lui, j'y suis déjà tout à fait sur la terre. »

 

La prière continuelle

page 24

Il faut avoir le courage de choisir un seul texte, un seul Psaume, que l'on répétera intérieurement, avec lenteur et attention, durant des jours. (Thérèse pendant sa maladie ne s'est-elle pas nourrie presque exclusivement du Psaume 22 ?) En déplacement, au bureau, en ascenseur... Dès que s'offre un instant libre, proposer à notre attention intérieure le texte choisi, su par cœur, que l'on finit par aimer comme un compagnon sûr, un appui très doux, une nourriture savoureuse.

 

L’entretien de l’enfant de Dieu

page 41

Lorsque le contact est trouvé dans la foi, l'âme n'a qu'à s'entretenir avec Jésus le plus cordialement possible, selon les préoccupations ou les élans d'amour du moment. C'est nécessaire : l'oraison est faite pour que soit priée toute notre vie. Demander lumière et force pour vaincre nos défauts, surmonter nos difficultés, remplir nos devoirs d'état, connaître la volonté divine : tout cela est matière à oraison.

Mais si la prière n'était constituée que de cet exposé et de cette demande, nous courrions le danger de devenir nous-mêmes, à la longue, le centre de notre vie spirituelle. Autrement dit, il n'y aurait plus de vie spirituelle du tout, mais introspection et occupation de nous-mêmes. Si donc, il faut parler de tout à Jésus - et c'est légitime - il faut aussi et bien davantage Lui parler de Lui-même. Dans la mesure où l'amour croît, le centre de gravité de l'oraison se déplace et l'on vient à s'intéresser à Dieu dans sa prière, plutôt qu'à l'intéresser à soi. Si Thérèse demandait à l'Évangile ce que le Seigneur pensait de Céline, elle lui demandait plus encore ce qu'est Dieu. Elle « cherchait à connaître Dieu, à découvrir pour ainsi dire son caractère »… en étudiant les livres sacrés, spécialement l'Évangile.

 

La prière d’Église

page 107

« Seigneur, votre enfant l'a comprise votre divine lumière ; elle vous demande pardon pour ses frères, elle accepte de manger aussi longtemps que vous voudrez le pain de la douleur et ne veut point se lever de cette table remplie d'amertume où mangent les pauvres pécheurs avant le jour que vous avez marqué... Mais aussi ne peut-elle pas dire en son nom, au nom de ses frères : Ayez pitié de nous, Seigneur, car nous sommes de pauvres pécheurs !... Oh! Seigneur ! renvoyez-nous justifiés!... Que tous ceux qui ne sont pas éclairés du lumineux flambeau de la Foi le voient luire enfin... O Jésus, s'il faut que la table souillée par eux soit purifiée par une âme qui vous aime, je veux bien y manger seule le pain de l'épreuve jusqu'à ce qu'il vous plaise de m'introduire dans votre lumineux Royaume. La seule grâce que je vous demande c'est de ne jamais vous offenser ! »

page 110

Offrons bien nos souffrances à Jésus pour sauver les âmes, pauvres âmes !... Elles ont moins de grâces que nous, et pourtant le sang d'un Dieu a été versé pour les sauver... Jésus peut bien faire dépendre leur salut d'un soupir de notre cœur... Quel mystère !... Si un soupir peut sauver une âme, que ne peuvent faire des souffrances comme les nôtres ! Ne refusons rien à Jésus !

 

L'union à Marie

page 115

L'amitié avec Marie est une part si importante de la vie d'oraison de Thérèse, qu'elle la marque tout entière, dès l'enfance jusqu'à l'ultime préparation à la mort. Aussi est-ce sur cet aspect de la vie spirituelle de Thérèse tout embrasée d'amour, que nous aimerons nous attarder avant de terminer. « Aimer la Sainte Vierge, c'est une telle douceur de plus pour nous. »

L'enfant de Dieu est inséparablement l'enfant de la Mère de Dieu, et Thérèse a vécu avec une intensité émouvante sa filiation de grâce par rapport à sa Mère du ciel. Elle s'est sentie vraiment l'enfant de la Sainte Vierge... Non pas seulement parce qu'elle n'avait pas eu de mère sur terre, mais parce que le sourire de Notre-Dame l'a comme ressuscitée lors de sa mystérieuse maladie d'enfant. Thérèse a conscience d'avoir été en quelque sorte arrachée à l'influence du démon par la miraculeuse tendresse de sa Mère du ciel. Et c'est encore Marie qui viendra l'enfanter à la paix, lors de sa visite à Notre-Dame des Victoires.

« La Sainte Vierge m'a fait sentir que c'était vraiment elle qui m'avait souri et m'avait guérie. J'ai compris qu'elle veillait sur moi, que j'étais son enfant ; aussi je ne pouvais plus lui donner que le nom de « Maman », car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère. Avec quelle ferveur ne l'ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l'ombre de son manteau virginal... Ah ! c'était là un de mes premiers désirs d’enfant... En grandissant, j'avais compris que c'était au carmel qu'il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge, et c'était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs ».

 

 

Voir aussi

Thérèse de Lisieux, la confiance et l’abandon par Patrick Autréaux

 

 


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