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J’aurais choisi Isis, pas Jésus

 

Harriet Baber

professeur de philosophie
à l’Université de San Diego, USA

 

 

10 mai 2012

Alain de Botton veut construire un temple athée où les sans-Dieu pourront profiter des bons côtés de la religion – musique, liturgie, atmosphère fraternelle – sans obligation de croyances ou de morale. (voir ci-dessous des recensions du livre d’Alain de Botton).

Cela ne me gêne pas. Les temples profanes sont des curiosités ; les religions dénaturées qu’ils hébergent m’ont toujours paru artificielles et débiles. Ils sont d’ailleurs peu fréquentés.

Jusqu’ici les incroyants qui aimaient bien l’ambiance des religions venaient tout simplement à l’église. Personne ne contrôlait leur foi à l’entrée ! Mais maintenant les « Laodicéens » (ceux qui d’après l’Apocalypse 3.15 n’étaient « ni froids ni bouillants ») et les incroyants ne vont plus guère à l’église.

Les évangéliques, que l’on considère bien souvent comme les chrétiens types des Etats-Unis, ont empoisonné la vie religieuse américaine. A cause d’eux, les gens identifient maintenant le christianisme avec un système de contraintes et d’obligations dont ils ne veulent naturellement pas ! Le style évangélique avec son esprit de communauté spirituelle stricte, ne laisse pas place aux touristes religieux, aux visiteurs de passage ou aux agnostiques. Les églises évangéliques sont des lieux d’enseignement et d’édification. On n’a rien à y faire si l’on n’est pas croyant ou au moins en chemin vers la foi.

Les églises évangéliques sont ce que le Nouveau Testament appelle l’Église, des communautés d’initiés et de catéchumènes. Mais il n’y a jamais eu grand monde dans l’Église du Nouveau Testament. Jusqu’à la conversion de Constantin les chrétiens n’étaient qu’une petite minorité dans l’Empire. Ensuite leur nombre a augmenté, non seulement parce qu’il était matériellement avantageux de professer la foi de l’Empereur mais on peut penser que c’était aussi parce que le christianisme était désormais la culture religieuse de l’Empire et que la liturgie était devenue un rituel civique.

On nous a toujours dit que c’était une mauvaise chose, que cela avait marqué la fin du christianisme comme contre-culture radicale des pauvres et des défavorisés et le début du césaro-papisme. Mais le christianisme primitif radical ne convient pas à tout le monde. Personnellement, si j’avais vécu au premier siècle, je n’aurais jamais un des disciples de Jésus ou de saint Paul ; j’aurais sans doute été une dévote initiée au culte d’Isis ou d’un autre de ces cultes à mystères. Je n’ai pas l’étoffe d’un martyr et d’ailleurs je suis très « haute Église » : pour moi, le christianisme c’est les cérémonies, la musique et peut-être surtout l’atmosphère des églises. Je suis une chrétienne constantinienne.

Mais n’en est-il pas de même pour la plupart d’entre nous ? Les évangéliques ont pour le moment le vent en poupe. Mais l’avenir est pour nous, les chrétiens constantiniens, les sceptiques, les « Laodicéens ni froid ni bouillants », les non croyants qui apprécient les bons côtés de la religion.

Le style évangélique n’est pas pour nous mais nous n’avons pas besoin non plus de liturgies humanistes, de sanctuaires profanes et des temples sans Dieu de Botton. L’Église anglicane ne scrute pas le fond des âmes et elle nous convient parfaitement.

Nous prions – en tous cas ceux d’entre nous qui croient en Dieu – pour que l’Église anglicane conserve ses faibles exigences afin que nous qui sommes imparfaits et sans beaucoup de foi, puissions conserver paisiblement notre place dans l’Église et – nous l’espérons – dans le Royaume des cieux.

 

Church Times
4 mai 2012

traduction Gilles Castelnau

 

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Petit Guide des religions à l'usage des mécréants

 

Alain de Botton

édition Flammarion

Traduit en anglais sous le titre
Religion for Atheists : A non-believer’s guide to the uses of religion.

 

Recension

Philippe Nassif

Le Figaro

 

Après avoir réfléchi aux mystères de l’amour, aux consolations de la philosophie, à l’art du voyage... voilà que l’inclassable essayiste explore une autre voie pour faire notre bonheur : la religion, même si on est athée, comme coach de vie. Son nouveau remède spirituel et profane est un vrai cadeau pour l’esprit !

En Angleterre, le nouveau livre d’Alain de Botton est en passe de devenir son plus grand succès, alors que l’auteur de L’Art du voyage en connaît déjà beaucoup. Mais cette fois, à 42 ans, l’élégant et mordant philosophe s’engage dans une croisade pour le moins ambitieuse. Et si, propose-t-il dans son Petit Guide des religions à l’usage des mécréants (éditions Flammarion, 340 p., 20 euros) nos sociétés s’inspiraient des religions pour repartir dans le bon sens ? Explications.

Madame Figaro - Vous vous déclarez résolument athée et pourtant admiratif des grandes religions : n’est-ce pas une position difficile à tenir ?


Alain de Botton - Je pense qu’être athée ne veut pas dire détester la religion. On peut ne pas croire en Dieu et, en même temps, s’intéresser à l’histoire, la sociologie, la psychologie des religions. Après tout, ce sont des systèmes culturels évolués qui peuvent nous enseigner certaines choses essentielles que nous, modernes, avons oubliées. Mais voilà, aujourd’hui, l’idée dominante, c’est que si on est vraiment adulte, on ne croit pas : la religion, c’est pour les enfants ou pour ceux qui manquent de courage. En plus, on a tendance à penser que si jamais on commence à s’intéresser aux questions religieuses, on pourrait commencer à y croire progressivement, c’est donc dangereux ! Or moi je ne crois pas en Dieu et nombre d’aspects des religions me hérissent, à commencer par la subordination des femmes. Mais j’aime la messe de Noël à l’église : il y a la beauté architecturale du lieu, la musique splendide, l’atmosphère de liesse. La plupart des gens à qui j’explique cela comprennent spontanément de quoi il s’agit. 


 

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Autres recensions parues sur le net

 

Blog de Frédéric Manns

Frédéric Manns - Vous vous déclarez résolument athée et pourtant admiratif des grandes religions : n’est-ce pas une position difficile à tenir ?

Alain de Botton - Je pense qu’être athée ne veut pas dire détester la religion. On peut ne pas croire en Dieu et, en même temps, s’intéresser à l’histoire, la sociologie, la psychologie des religions. Après tout, ce sont des systèmes culturels évolués qui peuvent nous enseigner certaines choses essentielles que nous, modernes, avons oubliées. Mais voilà, aujourd’hui, l’idée dominante, c’est que si on est vraiment adulte, on ne croit pas : la religion, c’est pour les enfants ou pour ceux qui manquent de courage. En plus, on a tendance à penser que si jamais on commence à s’intéresser aux questions religieuses, on pourrait commencer à y croire progressivement, c’est donc dangereux ! Or moi je ne crois pas en Dieu et nombre d’aspects des religions me hérissent, à commencer par la subordination des femmes. Mais j’aime la messe de Noël à l’église : il y a la beauté architecturale du lieu, la musique splendide, l’atmosphère de liesse. La plupart des gens à qui j’explique cela comprennent spontanément de quoi il s’agit.

 

 

Walktapus

Quand on est athée, faut-il rejeter en bloc les religions ? Non, il est plus productif de savoir reconnaître, sans adhérer à leur système de croyances, leurs aspects positifs. Etre plus malin que les croyants inconditionnels, et que les athées vindicatifs, et, sans faire l'apologie des religions, apprécier pour eux mêmes les éléments utiles qu'elles peuvent apporter à notre bien être et à celui d'une société, en sachant qu'ils proviennent même parfois de traditions non religieuses antérieures.

C'est l'idée de cet essai. Les sujets abordés sont très divers : le pardon, la tendresse, l'enseignement, les institutions, l'art, l'architecture, etc. Les exemples empruntés au catholicisme, au judaïsme, au bouddhisme. A chaque fois, l'auteur analyse un mécanisme utilisé par les religions, montre son utilité psychologique et sociale, et propose un piste pour reproduire le mécanisme et son résultat dans un cadre profane. En filigrane, il dessine un portrait acide de notre société. Les propositions sont souvent hardies, provocantes, et, même quand souvent on n'est pas d'accord avec son analyse, intéressantes.

Un livre non conformiste, qui titille et ouvre de nombreuses voies de réflexion. Une bouffée d'oxygène dans la jungle touffue des essais athéistes militants. A noter que presque une page sur deux est consacrée à une illustration.

 


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