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J’ai abandonné la lecture

fondamentaliste

de la Bible

 

The Human Condition

 

 James Townsend

Co-fondateur de The Human Condition
 

Charleston, Virginie

 

 

13 juillet 2011

Je rejette la naissance miraculeuse de Jésus de Nazareth, le fait qu’il ait vécu sans péché, sa divinité et sa résurrection  corporelle et il y a encore bien d’autres dogmes que je n’admets pas.
Beaucoup de bons chrétiens, sympathiques et ouverts d'ailleurs, ne sont pas particulièrement choqués que l’on récuse ces dogmes mais sont complètement traumatisés qu’on prétende après cela être quand même un disciple de Jésus. 
Lorsque j’ai écrit mon Creed of Negatives (Credo négatif) la question numéro un qu’on me posait était toujours : « Comment se fait-il que vous soyez encore disciple de Jésus après avoir rejeté tout ce qu’on a toujours affirmé de lui ? ne serait-il pas plus simple que vous abandonniez carrément toute foi chrétienne ? »

On me reproche de suivre la voie facile qui consiste à choisir l’image de Jésus qui me convient et de confectionner ma foi à mon idée. Ce n’est certainement pas le cas. Le passage d’une foi conventionnelle à une foi plus libérale a été très difficile et m’a demandé beaucoup de courage car il m’a opposé à mes amis, ma famille, mes diverses relations de tous les jours.
Mais je m’y sens contraint d’une part parce que je sens que c’est la vérité et d’autre part parce que je vois bien que cela ouvre à une plus grande dimension de la foi.

L'expérience spirituelle qui m’a tout d’abord attaché à la personne de Jésus me conduit désormais au Jésus d’aujourd’hui.
Je sais bien que la manière de voir les choses peut changer et c’est pourquoi je n’affirme que des idées personnelles et je n’oublie pas que je peux avoir tort.
Mais je veux approfondir la raison pour laquelle je suis toujours disciple de Jésus.

Une première réponse est tout simplement que dans ma famille et depuis mon enfance j’ai toujours pensé à Dieu selon la tradition chrétienne.  Si j’étais né en Inde je serais peut-être en train de penser que les Védas sont très beaux mais ne sont pas inspirés ou même d’abandonner l’hindouisme pour devenir bouddhiste.

Mais la raison principale pour laquelle je continue encore à penser à Dieu à la manière de Jésus est, au fond, qu’il est le seul à donner une exemple de vie révélant aussi pleinement la présence de Dieu dans des circonstances qui ne pouvaient manquer de susciter opposition et mort.
Je crois que le Bouddha révélait Dieu et j’approuve tout à fait ceux qui suivent sa voie. Mais je crois que Jésus aussi révélait Dieu et c’est lui que je suis.

Mon refus d’admettre que Jésus était Dieu incarné, pré-existant et qu’il est venu répandre son sang sur la croix pour sauver le monde ont amené certains à dire que je ne crois plus en lui. C. S. Lewis disait que personne n’aurait prononcé les paroles que Jésus a dites sans être Seigneur, menteur, ou lunatique. Mais justement je ne crois pas que Jésus ait effectivement prononcé les paroles citées dans les évangiles. Lorsqu’on est attentif  à l’évolution de ses paroles depuis l’évangile de Marc qui est le plus ancien des quatre jusqu’à celui de Jean qui est le plus récent, on se rend compte que les évangiles ne reflètent pas ce que Jésus a réellement dit mais plutôt ce que les premiers chrétiens  disaient de lui.

On peut sans doute discerner des paroles remontant au Jésus « réel » en cherchant dans les évangiles les expressions qui ressemblent clairement à de la propagande pure (Il n’y a rien de mal avec la propagande et je ne donne aucun sens péjoratif à ce mot). Cela n’a rien de facile, on ne peut faire que des hypothèses et celles-ci peuvent être complètement erronées.
Je n’ai pas l’outrecuidance de prétendre dans cet article que je connais le Jésus historique. Je dis seulement que les dogmes traditionnels  dont on affuble Jésus ne résistent pas à l’analyse historique et à l’expérience personnelle. C’est pourquoi je m’efforce d’atteindre au cœur de celui que je crois avoir été le véritable Jésus afin de comprendre en quoi il est bon de le suivre.

Je dirai que le ministère de Jésus s’est déroulé dans une société dont le cœur battait au rythme des sacrifices d’animaux célébrés dans le Temple, unique moyen de communication avec Dieu. Jésus avait évidemment des objections avec cette conception.
Après avoir appartenu pendant un temps au mouvement de Jean-Baptiste, il a développé sa propre conception de la vie avec Dieu. Il dénonçait la stupidité du légalisme et proclamait que Dieu est un Père aimant et proche de tous, y compris des exclus qui ont, comme tout le monde, leur place à la table de Dieu.
Quand je pense à Jésus, je vois avant tout cet inclusivisme radical et quand je pense à l’Église, je vois exactement le contraire.

.


J’en était arrivé à ce point de mon article
lorsque j’ai reçu la visite de mon ami Marcus Gibbs et nous nous sommes mis à parler de la naissance miraculeuse de Jésus et de sa résurrection et combien leur compréhension non littérale nous ouvrait à une vie spirituelle plus ouverte, plus mystérieuse et plus saisissante.
La question n’est pas comment il se fait que je sois « encore » disciple de Jésus : je le suis « bien davantage » qu’avant.
Je ne suis pas « moins » attaché à la Bible depuis que j’ai abandonné l’orthodoxie et la lecture fondamentaliste : je le suis « davantage ».
Suivre Jésus n’est pas croire à sa naissance miraculeuse et à sa mort rédemptrice : c’est faire ce qu’il nous a dit de faire. Et je crois que nous en sommes capables.

Il disait :

Aimez Dieu. Aimez-vous les uns les autres.
Le Royaume de Dieu est en vous.
On vous jugera du jugement dont vous jugez. 
Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ?

Je n’ai pas besoin d’une naissance miraculeuse et d’un superman qui revient toujours de la mort à la manière d'un Zorro. Jésus était tout simplement un homme qui mérite d'être écouté !
Dans le Nouveau Testament, je lis que Jésus disait : « Dieu t’accepte » et je lis que des hommes qui y ont consacré leur vie.
Dans tous ses écrits Paul délivrait le même message : « Nous ne sommes l’objet d’aucune condamnation ! Dieu nous accepte ! Nous sommes libres ! ».
En même temps, on voit bien que Paul se débat avec ses opposants pour démontrer que Dieu accepte à la fois les juifs et les païens, les esclaves et les hommes libres, les collecteurs d’impôts et les... collectés !
Comment tout ceci fonctionne-t-il ? Dès que l’on pose cette question, la théologie est née.

Ce n’est pas une raison pour se perdre dans les dédales de la théologie et de ses doctrines. Une seule chose est nécessaire, accepter que Dieu nous accepte.
Pourquoi suivre Jésus ? parce que si quelqu’un mérite qu’on le suive, c’est bien celui qui a changé  la vie du monde en parlant d’amour du prochain.
Et c’est parce que je pense qu’il nous révèle pleinement Dieu que je choisis de le suivre.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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