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Annoncer l’Évangile au monde


 

Michel Leconte

 

 

2 avril 2012

Nous sommes, du moins en occident, entré dans un monde désenchanté (M. Gauchet). Nos églises se vident, semblent sur le déclin. Dieu, de quelque manière qu’on le conçoit, est en voie d’effacement dans la conscience moderne. Ce diagnostic global est exact mais je ne m’y résous pas à cause de l’Evangile et de son Dieu, je pense qu’il est toujours une bonne nouvelle pour notre monde.

Nos églises catholiques, protestantes, orthodoxes doivent mettre toutes leurs forces dans l’annonce prioritaire de ce qui est leur origine et non dépenser leur force à s’auto entretenir ni à s’arc-bouter sur l’affirmation de leurs identités respectives. Il me semble qu’elles peuvent s’entendre sur ce qui est leur fondement, car leur unique raison d’être tient dans l’annonce de l’Evangile de Jésus Christ : « Allez par le monde entier, proclamer l’Evangile à toutes les créatures » (Mc 16,25).

Je crois que toute la vitalité des Eglises tient à leur capacité d’aller au monde afin de le renouveler par la vie et l’Esprit du Christ. C’est par là que viendra, de surcroît, leur rétablissement, leur guérison. Il s’agit donc, pour elles, de se laisser transformer, convertir par l’Evangile.

L’Evangile, c’est l’enseignement de Jésus et des apôtres. C’est un message de joie et d’espérance orienté vers le futur. Il veut dire que tout peut changer, que tout va changer dans notre monde car la puissance de transformation créatrice de Celui que nous appelons Dieu est, comme le levain dans la pâte qui fait gonfler le pain, à l’œuvre dans le monde. La création, dit Paul, est en travail d’enfantement : le Christ en est le premier né.

Jésus annonce son évangile par l’expression royaume ou règne de Dieu : he basileia tou theou, ce qui signifie l’instauration par Dieu d’un nouvel ordre des choses.
Pour lui, ce règne est tout proche. C’est un règne de paix, de justice, de compassion des hommes les uns envers les autres. Ce règne est inauguré par les paroles, les faits et gestes de Jésus : guérisons, libération des esprits mauvais, consolation des pauvres, des petits, réintégration dans la société des marginaux et des pécheurs, réconciliation entre les ennemis, pardon des offenses, remise des dettes, assistance mutuelle, non jugement d’autrui, non condamnation, libération des prescriptions mortifères de la loi, refus du Dieu vengeur qui réclame le sang des animaux, abolition du culte sacrificiel du temple de Jérusalem, annonce, au contraire, d’un Dieu tendre qui pardonne gratuitement, sans préalable afin que jamais l’homme ne puisse être prisonnier de son passé.
Je vois là, de la part de Jésus, une critique radicale de la religion. L’accès à Dieu n’est plus conditionné par des obligations à remplir, il suffit de vivre en paix les uns envers les autres. Jésus ne laisse aux siens aucun code rituel, ni légal, ni dogmatique. C’est un humanisme nouveau, une nouvelle façon de vivre qui découle de la bienveillance originelle de Dieu. Chacun renonce à dominer autrui. Jésus compte sur la miséricorde pour désarmer la violence. Il va jusqu’au bout de cette logique : sur la croix, il demande à Dieu de pardonner ceux qui le mettent à mort.
Jésus ne fonde aucune institution. Pour le futur, il s’en remet à l’Esprit Saint qui guidera les hommes « vers la vérité toute entière ». C’est l’Esprit qui fonde l’Eglise de Jésus car « Dieu est esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et en vérité » (Jn 4,24). La seule loi fondamentale qui vaille c’est le commandement nouveau reçu de Jésus : nous aimer les uns les autres car qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu puisque Dieu est amour (1 Jn 4,7-8). Ce précepte d’amour abolit désormais tous les cloisonnements et les exclusivismes séparateurs : « Il n’y a plus ni juif ni grec ; ni esclaves ni hommes libres ; ni homme ni femme ; car vous êtes tous un en Jésus Christ » (Ga 3,28).

Mais comment les églises chrétiennes ont-elles pu s’éloigner de cette loi et de ce principe fondamental ? C’est pourquoi, disais-je plus haut leur avenir est dans leur conversion à l’Evangile, conversion qui doit être la mienne, la notre. Cet Evangile nous demande des actes, des prises de position claires et fermes, y compris dans le domaine politique (bien sûr au sens noble du terme).

Ce que Jésus enseignait en terme de royaume de Dieu, les premières communautés le proclament en terme de résurrection universelle commencée en celle de Jésus, image du Dieu invisible, premier né de toute créature (Col 5,17). C’est cette nouvelle création que Paul annonce comme une bonne nouvelle (2 Co 5,17).

Nous, entrant dans le dynamisme créateur de Dieu, n’avons pas à fuir le monde, mais au contraire à aller vers lui pour le rajeunir, le régénérer, nous mettre à son service, le réconcilier avec lui-même, apaiser en lui la haine et la violence, éteindre les foyers de division - chacun à notre mesure – abolir « les murs de séparation ».

Aujourd’hui, l’Evangile peut se révéler source de recréation de l’homme, de la société ; source d’humanisation et de régénération du monde et de tout ce qu’il contient.

Annonçons la bonne nouvelle !

 


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