Libre opinion
Quand je dis Dieu
de quoi, de qui, je parle ?
Michel Leconte
18 mars 2012
Je ne vais pas écrire un article de théologie ou de philosophie. Je vais essayer de dire à quoi Dieu me fait penser, ce qu’il évoque en moi quand j’emploie ce mot.
Je me souviens de la définition de mon catéchisme catholique des années cinquante : « Dieu est un pur esprit, infiniment bon, infiniment parfait, maître et créateur de toutes choses… » etc. Je trouve cette définition théorique bien abstraite et très éloignée de ma foi actuelle. Dieu créateur et maître des mondes et Jésus son Fils éternel, ces expressions ne me disent plus rien. Dieu, un être ou l’Être (esse ipssum), au dessus de moi, auquel je dois me soumettre et obéir : non vraiment pas ! Comme le disait Lavoisier, ce Dieu est devenu une hypothèse inutile. Ou encore le tout-puissant, le Jupiter, non plus ! On dit aussi que les religions monothéistes ont le même Dieu, pour moi c’est faux. Dieu-Allah qui me dirait ce que je dois faire et ne pas faire, qui édicte la charia, ce n’est pas mon Dieu. Et le Dieu des armées du premier testament et des 613 prescriptions, le Dieu du Lévitique et du code de sainteté ? Il n’est pas mon Dieu.
Mon Dieu est celui de Jésus-Christ. Ma foi est radicalement christocentrique : Dieu s’est manifesté à travers la prédication, l’existence et le destin humain de Jésus et, au-delà de la présence terrestre de celui-ci, en a intériorisé dans les croyants le message et la puissance de libération en donnant son souffle sur chacun d’entre eux et sur les communautés des chrétiens. Voilà l’essentiel de ce qui me donne de la joie jours après jours.
Qu’est-ce à dire, plus précisément ? Je ne peux en parler, je pense, qu’à l’aide de symboles ou de métaphores ou encore de manière poétique.
Dieu est celui qui nous rend humain (G. Castelnau). Il est cette originelle tendresse, cette primitive douceur qui amène les humains à leur ultime métamorphose dont la figure du Christ est la révélation lumineuse. Dieu c’est ce qui sort l’homme du chaos, de la terreur, de la violence, y compris dans le banal et le plus quotidien.
Dieu est avant toute morale ou éthique car avant d’être exigence, Il est pur don, source de toute vie, source de l’amour même, fondement de mon être.
En Dieu, tout dans l’homme est sauvé, son esprit, son corps, tout ce qui l’habite, y compris le plus obscur. Ce qui surgit alors, c’est la vie délivrée, la vie heureuse, l’amour, la paix, la réconciliation, la vie qui resurgit hors du tombeau glacial.
Non, ce n’est pas un rêve ! Celui qui s’est avancé dans cette voie a déclenché contre lui toutes les puissances de meurtre et la tristesse du monde...
Ce Dieu, il est en l’homme lui-même. Sa puissance, de jour en jour, peut nous créer, nous recréer par-dessus nos défaillances et nos fautes : il n’y a pas d’homme condamné.
Personne n’a jamais vu Dieu. Il est vain de se demander si ce Dieu existe, car c’est partir d’une idée préalable puis s’interroger ensuite dessus. Or Dieu ne se montre que dans le chemin que j’emprunte moi-même. Il est avec moi quand je suis avec lui.
« Dieu, personne ne l’a jamais vu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli ». (1 Jean 4,12 ).
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