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La science des astres

et la présence de Dieu

Religion et science de la nature

 

Carl Friedrich von Weizsäcker

Éd. Labor et Fides
312 pages – 24 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

29 janvier 2013

L’auteur (1912-2007) a non seulement été un physicien de premier plan, auquel on doit quelques unes des découvertes les plus importantes pour la physique et l’astronomie contemporaines, mais aussi un penseur protestant théologique ayant été honoré de plusieurs doctorats honoris causa. Son gros livre n’est pas toujours facile à lire, mais il est composé de plusieurs articles indépendants les uns des autres et si on se lasse de l’un on est séduit par le suivant. Nul doute que ceux qui en prendront la peine seront récompensés de leur effort.

En voici quelques passages

 

.

 

page 11

Préface par Ilke Angela Maréchal

Carl Friedrich von Weizsäcker (1912-2007) fut l'une des grandes figures intellectuelles de l'Allemagne d'après-guerre : à la fois physicien de tout premier plan, collaborateur de Werner Heisenberg et d'Otto Hahn, philosophe, penseur politique et incarnation du dialogue entre les traditions philosophiques et religieuses d'Orient et d'Occident, il a été dans les années 1970 et 1980 une sorte de conscience politique, éthique et intellectuelle de l'Allemagne, reconnu bien au-delà des frontières de sa patrie, dans les pays anglo-saxons en particulier.

[...]

« … Je présume que la force mentale qui prévaut contre la raison, c'est la peur. ... Qui prévaut contre la peur ? L'Amour ! ... Peut-être le phénomène le plus profond de notre temps n'est-il ni la transformation technologique de la planète, ni la révolution sociale, ni les guerres, ni la marche vers l'unité politique, mais le commencement placide du Dialogue des grandes religions entre elles et avec la rationalité moderne. ... La peur aveugle la raison, l'Amour rend la vision. L'œil guéri aperçoit les solutions rationnelles parce qu'il ne les craint plus. »
Voilà ce que répondit Carl Friedrich von Weizsäcker, lors de sa réception à Paris, en 1975, à l'Académie des sciences morales et politiques, au président W. Baumgartner quand celui-ci présenta ce nouveau membre en ces termes : « Vous êtes un grand physicien, vous êtes un grand philosophe, votre itinéraire spirituel s'accorde en tous points avec les idéaux de notre Académie. »

 

 

page 56

Entretien sur la méditation (avec Udo Reiter)

Que quelqu'un se mette en route et lise le Sermon sur la Montagne. Cela m'est arrivé comme enfant ; j'ai lu à onze ans le Sermon sur la Montagne, et j'ai tout de suite ressenti : si ce qui est écrit là est vrai, alors toute notre vie est fausse, et aussi la vie de personnes qui me sont proches et que je vénère. J'ai ensuite rapidement fait l'expérience qu'il est presque impossible aux êtres humains de changer cette vie. Et pourtant je n'ai jamais pu croire un seul instant que le Sermon sur la Montagne ait tort. Cela signifie : lorsque Jésus prononça ces paroles, il ne pouvait pas se méprendre sur le fait que les hommes n'allaient pas le faire. Si vous lisez une fois le Nouveau Testament dans cette perspective, ou les prophètes de l'Ancien Testament, vous trouverez beaucoup de passages qui le montrent de façon parfaitement claire.

Mais le christianisme n'est pas réfuté parce qu'il s'avère que les hommes n'ont pas véritablement agi ainsi. Car, d'un autre côté, le texte du Sermon sur la Montagne n'aurait pas pu être écrit s'il n'y avait pas eu quelqu'un qui ait vraiment vécu cela, qui l'ait écrit en partant de la vie réelle, et pas en partant d'une exigence abstraite.

Cela signifie : il n'est pas vrai que l'être humain ne peut absolument pas se transformer ; il en est capable. Mais il en est capable, si j'utilise la langue du christianisme, non par ses propres œuvres mais par la grâce qui vient à sa rencontre. Cette grâce ne viendra vraisemblablement à la rencontre, encore une fois dans la langue du christianisme, que de celui qui a prouvé par ses propres efforts que la chose lui importe. Il y a certes aussi la grâce qui va à l'encontre de toute raison, mais en règle générale, elle a un peu le caractère d'une réponse.

C'est le deuxième aspect. Le troisième aspect est que je voudrais purement et simplement contester que le christianisme n'a pas changé le monde. Je dirais au contraire que le christianisme a changé très vite le monde. Les espèces animales se modifient en plusieurs centaines de milliers d'années. Six mille ans d'histoire sont, si l'on jette un coup d'œil à l'histoire du monde qui les précède, une fraction de seconde. Que l'humanité puisse se modifier de sorte que tous les mille ans environ se passe une vraie nouveauté, c'est incroyablement rapide à l'aune de la façon dont vivent les animaux. Cela vient de ce que l'humanité peut accumuler des expériences, qu'elle possède le langage, qu'elle peut former une tradition, qu'elle est capable de se préoccuper du passé et de l'avenir, qu'elle a la réflexion. Et au tempo que l'on peut attendre des transformations historiques en général, je prétends que le christianisme a beaucoup modifié le monde.

Personnellement, j'ai depuis longtemps le sentiment que la culture moderne est au fond, pour une part essentielle, une sécularisation de contenus chrétiens, et dans ce contexte, je comprends le mot « sécularisation » un peu comme l'a compris le théologien protestant Gogarten, à savoir comme la réalité de ce qui avait été auparavant seulement exigé. Mais la sécularisation contient toujours le danger que l'on oublie quelque chose d'autre, qui était lié à l'exigence. Par exemple la justice sociale : c'était une exigence du christianisme qui n'était pas satisfaite dans le monde antique, et qui n'était pas non plus satisfaite dans le monde chrétien prémoderne mais dont nous nous sommes toujours plus rapprochés, nous pouvons le dire de façon aussi optimiste. L'exigence de justice sociale ne nous dispense pas de l'autre exigence, celle de l'amour du prochain, qui est quelque chose de tout autre.
[...]

Reiter
Les adversaires de la méditation argumentent fréquemment que la méditation est en fait une fuite hors de la réalité, une manière de se détourner des exigences de ce monde, des besoins des autres hommes, un retrait dans sa propre intériorité. Que répondriez-vous à de tels reproches ?

Weizsäcker
J'aimerais citer ce que le gourou Krishna, dont j'ai parlé tout à l'heure, a répondu une fois à ce sujet. C'était dans mon Institut, et un jeune homme posait presque exactement cette question. Gopi Krishna le regarda très amicalement et dit : « Plus j'entends les Européens parler de méditation, plus je ressens que je dois en fait la leur déconseiller. Ils ne comprennent absolument pas de quoi il s'agit. Lisez dans vos Ecritures Saintes, vous y trouvez la même chose que dans les nôtres : tu dois aimer ton prochain, tu dois aimer Dieu ; tu dois aimer ton prochain en Dieu. Et tout le reste est inutile. On ne trouve nulle part : tu dois méditer. Mais si tu veux aimer Dieu et ton prochain et que tu découvres que la méditation peut t'y aider, et peut même être une aide tout à fait décisive, alors tu dois méditer, et si tu ne le découvres pas, alors ne le fais pas. »

Ce n’est donc pas une fuite dans sa propre intériorité, mais c'est une manière de faire face aux blocages intérieurs qui empêchent de se tourner vers ses prochains et vers la réalité. Encore une chose : une grande partie de ce qu'on appelle le dévouement actif à la réalité est seulement une fuite face à l'exigence de se regarder une fois soi-même.

 

 

page 121

Le monde et la création

 

Théologie et science de la nature

La science de la nature est devenue la grande puissance intellectuelle des Temps modernes occidentaux. N'était-il pas inévitable qu'elle se trouve prise dans une lutte pour le pouvoir avec l'idéologie du pouvoir ecclésiastique, avec la théologie ? Mais ce rapport au pouvoir n'était-il pas pour les deux partis, pour la science de la nature comme pour la théologie, une méprise quant à leur tâche propre, quant à leur vérité ? Ce qui était en cause, n'était-ce pas pour les deux la réalité une ? N'étaient-elles pas seulement deux voies différentes pour regarder cette réalité ?

Je cite parfois Sigmund Freud qui parla des trois grandes vexations que la science avait infligées au Moi humain, des trois humiliations. Copernic nous apprit que nous n'habitions pas au milieu du monde ; Darwin, que nous sommes les cousins des animaux ; la psychanalyse, que le Moi conscient n'était pas maître dans sa propre maison. Lorsqu'elles apparurent, ces trois vexations ont D’ailleurs été l'occasion de conflits entre l'Eglise et la science. Mais l'Eglise chrétienne se comprenait-elle correctement elle-même lorsqu'elle se sentit vexée ? N'était-ce pas l'orgueil d'une conscience stoïcienne face aux affects, une conscience qui en appelait au récit biblique de la création pour penser l'être humain, et l'être humain seulement, comme formé selon l'image de Dieu ? L'humilité n'est-elle pas une vertu chrétienne ? Jésus n'a-t-il pas dit que les lis des champs sont mieux habillés que Salomon dans toute sa gloire ? Il faut que nous passions encore une fois en revue les trois thèmes : astronomie, théorie de l'évolution, doctrine de l'inconscient, et que, pour cet examen, nous tenions compte de la réflexion sur la théorie quantique.

 

page 129

La science et le monde moderne

[…]
Beaucoup d'admirateurs de la science pensent qu'elle se distingue justement de la religion en remplaçant la croyance par la raison. Mais cette idée est à mon avis justement une expression de leur croyance. Nous devons simplement ne pas comprendre le concept de croyance de façon trop étroite; sinon nous ne comprenons pas vraiment ce qu'est la croyance religieuse. L'élément décisif de la croyance n'est pas le « tenir-pour-vrai », mais la confiance. Tenir-pour-vrai est une attitude intellectuelle ; c'est l'approbation donnée à une opinion mais sans la base d'un savoir. Par « confiance », j'entends en revanche un état de toute la personne qui n'est pas limité à la pensée consciente. Si nous faisons vraiment confiance, alors nous agissons et vivons comme nous devons vivre et agir si ce en quoi nous avons confiance est réel et vrai. Ce n'est pas la certitude intellectuelle du tenir-pour-vrai, mais la préservation existentielle de la confiance qui donne sa force à la croyance religieuse. Et si quelqu'un nous demande ce qui fait de ces frères siamois que sont la science et la technique des idoles de notre temps, nous devrons répondre : qu'elles soient dignes de confiance ; qu'elles aient fait leurs preuves. Le jeune homme primitif de n'importe quel village du monde, sans savoir grand-chose de ses dieux ni quoi que ce soit à propos de la science, apprend comment on appuie sur l'accélérateur, et la voiture se met à rouler. Le chrétien européen et le sceptique européen vivent leur croyance irréfléchie partagée à la technique lorsque, en entrant dans une pièce, ils appuient sur l’interrupteur et s'attendent à ce que la lumière luise. L'écrivain romantique qui a écrit un livre contre l'image du monde de la science de la nature appelle son éditeur au téléphone parce qu'il a pris du retard avec la lecture des épreuves ; et par ce petit acte, il se prosterne déjà devant le dieu qu'il rejette dans ses pensées conscientes. Et lorsque l'auto, la lumière électrique ou le téléphone ne fonctionnent pas, nous ne reprochons pas à la science technique d'être fausse, mais déclarons que l'appareil est « cassé » ou « mal fait » ; nous le mesurons à l'étalon de notre croyance à la science. Telle est l'importance de notre croyance à la science.

 

page 158

Sécularisation et science de la nature

[…]
Liberté, égalité, fraternité, les slogans de la première révolution qui osa, fût-ce pour un instant, adopter une attitude antichrétienne, sont jusque dans le choix des termes des concepts chrétiens. On pourrait appeler le marxisme, au sens propre du terme, une hérésie chrétienne. Sa conception de la dépendance de l'idéologie par rapport aux conditions de vie économiques peut être rattachée à la parole de Jésus sur le chameau et le chas d’une aiguille, et sa théorie de l'histoire, qui promet une rédemption ici-bas dans la société sans classe, osait proposer une eschatologie chiliastique dans un siècle dans lequel l'attente du Jugement Dernier s’était estompée.
[...]

 

 

page 216

Science de la nature
et religion comme éléments de notre avenir :
où allons-nous ?

 

Qu’avons-nous le droit d’espérer ?

Nous avons essayé de dire ce qui doit être fait : c'est ce qui constitue l'éthique du monde technique. L'éthique a besoin de la perception. L'espérance est la perception du possible. Ici aussi, la perception passe par la création de formes. Les formes qui créent l'espérance sont les symboles et les marques qui jalonnent le chemin. Si nous suivons ce chemin, de nouveaux symboles vont se montrer.

Avons-nous un motif rationnel d'espérer? Jetons un coup d'œil en arrière sur notre provenance. L'être humain dans son histoire est un enfant de l'histoire de la nature. Dans l'histoire de la nature, nous avons trouvé le phénomène fondamental de la croissance des formes. L'histoire de la nature, et en particulier l'histoire de la vie organique, se déroule en une suite de paliers et de crises. Les paliers sont caractérisés par la constance des formes sur une longue durée ; les crises consistent en des modifications rapides, en des « fulgurations », c'est-à-dire littéralement en des coups de foudre. C'est l'histoire ultérieure qui montrera si une nouvelle forme est capable de vivre. L'être humain est une « fulguration » de ce genre dans l'histoire de la nature. Pour la première fois, l'histoire ne se déroule pas simplement, elle est l'objet d'une formation instruite par le savoir. L'histoire de l'humanité de ces derniers millénaires est une chaîne de fulgurations. Chaque millénaire a produit des formes qui n'étaient pas imaginables à partir des formes à chaque fois antérieures. J'en ai indiqué quelques-unes dans ce livre. Rappelons-nous l'agriculture, les villes et les empires, l'art, la mathématique et la philosophie, l'éthique radicale et l'expérience méditative, la circumnavigation, l'industrie ou la démocratie. Avons-nous des symboles de l'espoir ? Les religions qui furent les supports de la culture sont nées pour l'essentiel de la perception intérieure. Elles ont créé des formes capables de servir de supports à cette perception, des symboles de leur espérance. Si les enseignements et les mœurs qu'elles transmettent semblent perdre aujourd'hui leur force porteuse, cela n'est pas le signe d'un naufrage mais d'une crise. Cela pose la question d'une nouvelle perception grâce à de nouvelles formes.

J'ai osé dire qu'à mon sentiment, la vénération chrétienne traditionnelle voile encore les deux tiers de ce que Jésus était vraiment : les deux tiers qui se rapportaient à l'ici-bas. Pendant que j'écrivais ce chapitre conclusif, le jour de l'Ascension 1991, j'ai noté au petit matin : que signifie « Ascension » ? Les chrétiens ont symbolisé leur espérance dans la croyance que le Christ a été crucifié et enterré, qu'il est ressuscité, qu'il a marché sur la Terre et qu'il est apparu à ses disciples, qu'il est monté au ciel, qu'il est assis à la droite de Dieu le Père et qu'il reviendra pour juger ici sur la Terre les vivants et les morts. Cette croyance ne nie aucune des catastrophes de l'histoire de l'humanité. « Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres » (Mc 13,1). Mais cette croyance ne promet pas une consolation au-delà de la Terre. Elle raconte les souvenirs des disciples, des souvenirs qui se rapportent à ce monde. Elle attend l'accomplissement sur cette Terre, la résurrection des corps. C'est ainsi que l'espérance a été exprimée symboliquement. Mais Jésus a aussi dit que le Royaume était déjà là, qu'il croissait comme le grain de moutarde qui devient un arbre, qu'il fait lever la pâte du pain.

Me suis-je trompé lorsque, encore enfant, la vérité du Sermon sur la Montagne me bouleversa, me jeta hors de l'autosatisfaction et de l'ambition ? Si je le lis aujourd'hui, comme un scientifique formé à la culture historique, ma réaction est : ce qui est écrit là, c'est la raison pure et simple. Certaines tournures sont certes conditionnées historiquement. Mais chacun voit : si nous satisfaisions ses exigences, notre vie à tous serait meilleure, personne n'y perdrait. Et nous pourrions faire actuellement l'expérience des béatitudes si nous nous ouvrions à son contenu.

Avons-nous des contenus concrets de ce que nous pouvons espérer ? Il est impossible de prédire ce qui viendra. Mais nous voyons des chemins ouverts. Le chemin de la science est ouvert. Que nous apprendra la pensée holiste sur la nature de l'homme ? A quel endroit inattendu va se produire la fulguration d'une nouvelle intuition? Le chemin de l'éthique est ouvert. Car il est le chemin consistant à apprendre à percevoir le prochain. La transformation de la conscience politique est en marche. Il n'est pas impossible que nous n'apprenions que par le truchement des grandes catastrophes dont nous sommes nous-mêmes responsables. Ma vie durant, j'ai dû rendre attentif au danger que représentaient ces catastrophes et je n'ai pas évité l'expérience du désespoir intérieur. Mais je n'ai jamais cru à la fin absolue. J'ai toujours parlé pour donner du courage à l'action, et contre l'abattement. Le chemin menant à la compréhension du rôle de la femme dans un monde jusqu'à présent marqué essentiellement par l'empreinte des hommes est ouvert. C'est le chemin menant à une perception plus directe. Le chemin de l'expérience méditative est ouvert. Ce n'est pas une fuite dans un au-delà intérieur ; ce chemin reconduit dans le présent, dans la raison.

J'ai essayé de parler de ce dont j'ai fait l'expérience ; d’autres feront l'expérience d'autre chose, ils feront davantage d’expériences. Ils agiront.

 

page 291

Postface par Thomas Görnitz

[…]
Carl Friedrich von Weizsäcker s'est confronté à cette double tâche. Comme physicien, comme philosophe et comme chrétien, il s'est efforcé durant toute sa vie de penser l'unité de la réalité - et d'agir de façon responsable en accord avec cette pensée. La réflexion philosophique sur la vérité une qui se révèle à tous les hommes de différents côtés et sous différentes formes tire comme un fil rouge à travers l'œuvre de toute sa vie. L'événement philosophiquement le plus important du XXe siècle, la révolution dans la physique et la nouvelle détermination de la position des sciences de la nature en résultant, joue un rôle essentiel dans cette pensée. Il va sans dire que cela a aussi des conséquences pour la relation entre religion et sciences de la nature.

C'est un choix d'articles portant spécifiquement sur cette question que le présent volume propose au lecteur. Comme toujours chez Weizsäcker, cela inclura non seulement des perspectives épistémologiques, mais inévitablement aussi des perspectives éthiques.

L'œuvre de ce grand penseur a contribué de façon essentielle à la formation de la conscience à l'aube du nouveau millénaire. Le public le considère comme un philosophe, comme un chercheur sur les questions concernant la paix, comme un physicien. Son œuvre intellectuelle a été publiée dans de nombreux livres, ses prises de position publiques, son engagement pour la préservation de la paix dans le monde ont trouvé un large écho. L'engagement de Weizsäcker pour lancer le processus conciliaire des Eglises chrétiennes qui a trouvé un premier point culminant dans l'Assemblée mondiale des Eglises pour la Paix, la Justice et la Préservation de la Création lui a valu une grande reconnaissance aussi en dehors du christianisme.

Weizsäcker a toujours confessé être membre de son Eglise. Il a publié non seulement dans les domaines de la physique et de la philosophie, mais aussi dans le domaine de la théologie. Ces travaux dans le domaine de la théologie ont été honorés par plusieurs doctorats honoris causae en théologie, ainsi que par l'important prix Templeton pour la religion, qu'il reçut en reconnaissance de ses mérites pour avoir pensé et vécu ensemble science et religion. [...]

 


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