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La mort dans ma vie
Des mots pour en parler

 

 

Association JALMALV

Grenoble

 

Ed. Chronique Sociale

188 pages – 14,80 €


Ce livre est dédié à toutes les personnes
qui, en osant une parole personnelle, authentique et confiante,
nourrissent les échange auxquels ce texte tente de faire écho.

 

Recension Gilles Castelnau 

 

 

6 mai 2013

Un « Atelier », groupe de libre parole concernant la mort s’est constitué à Grenoble dans le cadre de l’Association JALMALV et ce livre publie des souvenirs de ce qui y a été exprimé au cours des années.
En voici des passages.

 

page 13

L’Atelier, descriptif et mode d’emploi

[...]
Plus qu'un groupe, l'Atelier est un « lieu » qui répond, semble-t-il, à un besoin persistant puisque son existence se prolonge. Son rythme n'a pas changé et il propose six à sept fois dans I'année un rendez-vous, en soirée, dans une MJC du centre-ville. S'y retrouvent entre dix et vingt-cinq personnes, quelquefois davantage, certaines années. Ces personnes arrivent avec le projet d'échanger autour d'un thème en lien avec la question centrale qui donne son nom à I'Atelier : « Face à la mort, où en suis-je dans ma vie ? »
[...]
Un cercle se dessine réunissant quelques habitués, des personnes qui viennent de façon plus irrégulière ou des têtes nouvelles. La parole circule, un climat de confiance s'établit et deux heures plus tard, aux environs de 22 heures, le groupe qui s'est « construit » peu à peu se sépare. Chacun repart avec dans la mémoire une phrase entendue, le visage d'une personne ou I'impression d'avoir soi-même fait un pas en avant... Il peut aussi partir avec une déception : n'avoir pas parlé, ou avoir trop ou « mal parlé »

[...]

Nous écrivions déjà en mai 1991, dans l’un des premiers comptes rendus :

Réftéchissons un moment sur la manière dont nous pouvons avancer ensemble. II n'y a pas parmi nous de spécialiste, personne ne détient une réponse. Mais nous avons tous, sans doute, un jour été enrichis, provoqués à changer ou réconfortés par Ia parole authentique de quelqu'un.
Nous avancerons ensemble grâce à Ia parole de chacun. À quel niveau situer cette Parole ?
Bien sûr nous puiserons dans ce qui fait notre expérience. Mais Plus que le récit d'événements qui ont marqué notre chemin, nous partagerons ce que nous sommes, façonnés par ces événements.
Ce qui rendra cette parole possible, c’est l'écoute du groupe. Parole à entendre avant d’en penser quelque chose, à recevoir à travers un langage qui est celui de chacun.

 

page 78

Quand le silence laisse des traces

Des silences douloureux

D'autres souvenirs sont plus difficiles à vivre - silence sinistre de certaines funérailles... ou causé par une trop grande émotion.

Un père dit à sa fille : « Je crois que je ne te reverrai pas... ». « Pétrifiée par ce que je venais d'entendre je n'ai pas pu dire un mot. »

Une autre personne nous dit : « Quand ma mère m'a apporté cette enveloppe à n'ouvrir qu'au moment de sa mort, et qu'elle m'a dit qu'elle voulait être incinérée, j'étais sidérée... Mon silence était aussi plein d'agressivité vis-à-vis d'elle et de sa violence. »

Ne pas « avoir été capable » de prononcer une parole laisse à certains un goût amer, comme le fait de ne pas avoir abordé avec un proche un problème dont pourtant on était le témoin ou de ne pas lui avoir dit son affection avant qu'il ne meure. Nous ressentons de la culpabilité parce que nous pensons être responsables de ces mots qui ont « manqué », silence-échec qu'il n'est pas toujours possible de rattraper.

 

Des silences obligés

Dans d'autres situations, le silence nous est imposé de l'extérieur et nous le subissons douloureusement, sujets tabous que tacitement personne n'aborde ou règle de silence imposée par un des membres de la famille. « Ne rien dire ou faire qui puisse faire comprendre à celui qui va mourir qu'on le sait. » Ce sont les non-dits qui emprisonnent, obligent à faire semblant, à jouer la comédie. Ne jamais laisser deux personnes en tête à tête est aussi une façon d'imposer un certain silence.

De manière plus sournoise, les non-dits peuvent s'installer dans un couple ; petit à petit, un fossé se creuse et « on perd les clés de I'autre. »

 

page 158

En famille, apprivoiser la mort par des mots partagés

 

Parler pour apprivoiser certains mots, certaines images, pour rassurer

« J'ai dit à ma fille qui est encore petite : "Il ne faudra pas être triste de ne plus me voir. Tu auras la force de continuer." En réponse, elle m'a demandé : "Mais toi, est-ce que tu m'attendras ?" »

« À ma mère, je dis que je voudrais être là pour elle, comme ça s'est passé pour mon Papa. On en parle ensemble avec une certaine légèreté. »

« Je voudrais dire à mes proches : "N'ayez pas peur de vos émotions, ne les enfouissez pas. Faites-moi le cadeau de continuer à être vivants. Le présent est là, savourons-1e." »

« Dans ma famille, on connaît mes liens avec JALMALV on me questionne peu, mais moi, j'aimerais faire sentir que réfléchir à toutes ces questions m'aide à vivre. Quand ma vie se terminera, je voudrais que mes enfants se toument vers l'avenir, vers leur avenir, avec confiance. »

« En parlant de sa propre mort, on peut rassurer son entourage. »

« Mon père ressent le besoin de classer, de mettre les choses en ordre avant de "partir". Il s'exprime et dit son souci de ne pas avoir le temps de "flnir". »

« Chacun rassure I'autre : celui qui part, celui qui reste. En famille, on n'ose pas forcément "dire", pour protéger ses proches. Quand tout le monde protège tout le monde, on se rate ! »

 

 

page 180

La Fédération des associations JALMALV

(Jusqu'À La Mort, Accompagner La Vie)

 

Quelgues repères dans l'histoire

La première association JALMALV a été créée en 1983 à Grenoble.
En l987, JALMALV est devenue une Fédération nationale ; elle a été reconnue d'utilité publique en 1993.
Elle regroupe aujourd'hui plus de 80 associations et environ 5500 adhérents parmi lesquels 2000 sont engagés dans un bénévolat d'écoute et d'accompagnement.

Un socle de convictions et de valeurs

Le mouvement JALMALV est porté par des convictions fortes. « Le mourant est un vivant » : ces mots en forme de slogan s'entendent non seulement dans leur signification biologique, mais surtout dans leur signification éthique et relationnelle.
[...]

L’accompagnement et les soins palliatifs qu'il comporte doivent offrir au malade et à ses proches la possibilité de vivre la fin de sa vie sans avoir ni à en hâter la fin, ni à la prolonger par des thérapeutiques déraisonnables.
Les associations JALMALV agissent dans le respect des convictions de chacun. Elles sont indépendantes de tout courant de pensée religieuse ou philosophique.
[...]


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