Libre opinion
L'Ascension
Jean 17.20-26 20
prédication
pasteur René
Lamey
10 mai 2013
Jean 17.20-26 20
Ce n’est pas seulement pour eux que je te prie ; c’est aussi pour ceux qui croiront en moi grâce à leur témoignage. 21 Je te demande qu’ils soient tous un. Comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un, comme toi et moi nous sommes un, 23 moi en eux et toi en moi. Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes !
24 Père, mon désir est que ceux que tu m’as donnés soient avec moi là où je serai et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la création du monde. 25 Père, toi qui es juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont compris que c’est toi qui m’as envoyé. 26 Je t’ai fait connaître à eux et je continuerai à te faire connaître, pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux.
Le ch. 17 de l’Evangile Jean, bien que connu et lu assez souvent, reste malgré tout assez difficile d’accès ; les phrases sont longues, leur construction est un peu alambiquée, il y a de nombreuses répétitions – je ne sais si quelqu’un pourrait nous redire de quoi Jésus parlait dans cette prière – bref, nous n’avons pas ici le Jésus des paraboles qui s’adresse à la foule des petites gens, ici, il y a Jésus un peu plus « théologique », un peu plus enseignant, certains diraient même un peu plus abstrait ou intellectuel.
Alors, pour mieux comprendre, il faut éclaircir. Il y a trois parties dans le ch. 17. :
1. Jésus prie pour lui-même (1-5)
2. Jésus prie pour ces disciples (6-19)
3. Jésus prie pour ceux qui croiront en lui – c’est le texte que nous avons lu, les versets 20 à 26.
Jésus prie pour ceux qui croiront en lui, c’est donc de nous qu’il s’agit, nous qui sommes ici, ce matin ici, dans cette église !
De ceux qui ont cru en lui, Jésus attend trois choses :
1) Qu’ils soient uns. Qu’ils manifestent l’unité ; qu’ils vivent dans l’unité. De quelle unité Jésus parle-t-il ? Est-ce l’unité doctrinale ? Il faut que tous croient la même chose, il faut que tous signent la bonne et vraie confession de foi, ils faut qu’ils adhèrent tous aux mêmes dogmes, à la même conception de Dieu, du Christ, l’Eglise. Cette unité-là, l’unité doctrinale, n’existe que dans les rêves : l’histoire de l’Église est là pour nous montrer que cette unité est impossible. Si on voulait l’imposer, on n’aurait pas fini de s’entretuer ou de s’excommunier mutuellement. Là, ce n’est plus un rêve, c’est un cauchemar…
L’unité du Christ, c’est l’unité du cœur, l’unité spirituelle, c’est l’unité dans la diversité, dans le respect des croyances et des opinions ; c’est un peu ce que nous vivons ce matin : nous sommes venus de différents lieu, peut-être avec des traditions différentes, mais nous chantons ensemble, nous prions ensemble.
Cette unité, c’est un peu comme un couple ou une famille : un couple, c’est une toute petite unité mais cette unité est formée deux personnes différentes – si vous voulez que votre conjoint ou ami pense exactement comme vous, vous courrez devant de sacrées difficultés conjugales ; et dans une famille, il y a des caractères, des croyances et des destins différents, ce qui n’empêche pas de faire partie de cette famille-là, même s’il y a parfois l’un ou l’autre qui s’éloigne…
Unité et diversité : regardez le jardin fleuri du presbytère en sortant : une seule terre et plusieurs fleurs avec des couleurs, des formes, des senteurs différentes…
2) La deuxième chose que Jésus demande à son Père c’est que tou s ceux qui croiront en lui soient avec lui. Ne nous méprenons pas : il ne faut pas voir ici le paradis, ce lieu où nous serons pour toujours avec lui. Ça serait trop facile, et ce texte ne me parlerait pas si ce que Jésus demande est pour après, pour l’autre vie. D’ailleurs, c’est ce que disent les anges aux disciples médusés par la disparition de Jésus dans la nuée : « Pourquoi vous regardez le ciel ? Ce qui compte, c’est pas ce qui se passe là-haut, l’essentiel, c’est ce qui se passe là, aujourd’hui, ce qui compte, c’est votre vie, c’est votre foi ! Ici et maintenant. Et c’est ici et maintenant que nous avons besoin d’être avec le Christ ! »
Quand Jésus demande que tous ceux qui croiront en lui soient avec lui, il faudrait donc plutôt entendre : avec lui, là sur la terre, là, dans cette vie pas toujours simple, dans cette vie, avec ses difficultés, avec ses épreuves, mais aussi avec ses joies, avec ses bonheurs.
Être avec lui, c’est être avec la personne qui a transformé le cours de l’Histoire, être avec lui, c’est choisir de lui laisser une place dans notre vie, c’est prendre à cœur ce que lui avait à cœur, c’est-à-dire la rencontre avec l’autre, quel qu’il soit, c’est partager du temps, c’est partager le pain, le pain de l’amitié, le pain de la compassion, c’est partager le vin, le vin de la joie, c’est boire à la santé de l’autre et vraiment vouloir cette santé pour l’autre.
Etre avec lui, c’est vivre dans la présence du Christ dès maintenant, c’est laisser l’Esprit du Christ inspirer notre vie.
3) Et le troisième sujet de prière qui est contenu dans les versets que nous avons lu, c’est que l’amour de Dieu soit en ceux qui croiront en lui.
Je ne suis pas sûr que ceux qui ont cru en lui aient toujours été remplis de cet amour divin – je suis parfois effaré de voir ce que l’Église, ou les croyants, hier comme aujourd’hui, ont pu commettre comme injustice et contre-témoignage…
Mais n’empêche, je veux croire et faire mienne cette prière de Jésus. Que chacun puisse découvrir pour lui-même d’abord cet amour de Dieu. Un amour qui nous accepte tels que nous sommes, un amour qui m’aime tel que je suis, un amour qui ne pose pas de conditions, un amour vaste et beau, un amour à partager autour de soi.
Si je suis accepté et aimé tel que je suis, alors je suis invité à aimer et à accepter l’autre tel qu’il est – et non pas tel que je voudrais qu’il soit, à mon image et à mes idées…
Aimer, ce n’est pas faire de grands discours ou de grandes prédications : aimer, ce sont de mille petits gestes quotidiens, de mille petites paroles quotidiennes qui vont faire du bien, qui vont encourager, consoler, relever.
Conclusion Si vous avez pu faire attention aux paroles du texte que nous avons lu, vous avez peut-être remarqué que tout ce que Jésus a demandé à son Père (l’unité, sa présence à nos côtés, l’amour de Dieu en nous), il l’a fait pour un objectif commun.
Si Jésus prie pour que nous soyons un, s’il prie pour que nous soyons avec lui, s’il prie pour que l’amour de Dieu remplisse notre cœur, c’est pour que le monde reconnaisse, à travers notre témoignage, que Jésus est un homme envoyé par Dieu et rempli de Dieu, c’est pour que le monde découvre en Jésus, à travers nos gestes, l’amour de Dieu pour lui et pour chacun de nous.
Que disait le mot d’ordre de ce culte ?
« Jésus dit : Et moi quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai à moi tous les hommes ! » vComment les hommes, comment les femmes, comment les enfants seront-il attirés à lui ?
Ils le seront par notre unité, par la place que nous laisserons dans nos cœurs à la présence du Christ, par notre témoignage et par notre amour les uns pour les autres.
Ils seront attirés à lui quand nous serons accordés les uns aux autres, quand nous serons en cordée et que, derrière notre guide, notre berger, nous marcherons ensemble sur les chemins escarpés de nos vies. Amen !
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