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Qu'est-ce qu'un méthodiste ?

 

Église méthodiste de Dunedin, Nouvelle-Zélande

 

What is a Methodist?

 

10 septembre 2011

Note de Gilles Castelnau. L’Église réformée de France a été constituée en 1938 par
la fusion de l’Église méthodiste de France et de deux églises réformées. Un réformé
français voyageant à l’étranger peut donc, à juste titre, se déclarer méthodiste

 

Cette question est-elle inutile ? Pourtant de nombreux méthodistes se grattent la tête lorsqu’on leur demande quelle différence il y a entre leur Église et les autres Églises chrétiennes. Et les non méthodistes semblent ne savoir qu’une chose, c’est que les méthodistes ne boivent pas d’alcool.
Mais ceci était valable au siècle dernier.

Disons d’abord un mot optimiste. L’Église méthodiste compte plus de 20 millions de membres dans le monde entier (sauf en Antarctique) dont 14 millions sont en Amérique du Nord.

 

Attitude méthodiste à l’égard des credo et des dogmes

Les méthodistes n’ont pas de confession de foi particulière et récitent les anciens credo de l’Église chrétienne avec des degrés divers d’approbation et d’acquiescement. Ils ne demandent pas à leurs membres de signer une quelconque déclaration de foi ni d’adhérer à des dogmes particuliers ou aux encycliques du pape.
John Wesley a lui-même déclaré :
« les méthodistes sont les seuls à ne pas demander qu’on ait telle ou telle opinion. Ils pensent et laissent penser. Ils n’imposent pas non plus une liturgie ou une manière de prier mais laissent chacun continuer comme il faisait avant de devenir méthodistes et que les choses aillent comme elles doivent aller.»

Le Notre Père que les méthodistes répètent dimanche après dimanche en communion avec des millions d’autres chrétiens de toutes les dénominations tient sans doute lieu pour eux de confession de foi commune.
En ce qui concerne la Nouvelle Zélande, la « Déclaration missionnaire de l’Église méthodiste nationale »  ainsi que la « charte de la paroisse méthodiste de Dunedin » dont les textes suivent sont une excellente présentation des positions libérales de l’Église méthodiste.

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Déclaration missionnaire : l’Église méthodiste nationale

mission statement of the national Methodist Church


La mission de notre Église de Aotearoa, Nouvelle Zélande, est de refléter et de proclamer l’amour transformateur de Dieu que Jésus-Christ a révélé et qui est énoncé dans les Écritures. Le Saint-Esprit nous rend capables de servir Dieu dans le monde. [...]

La communauté chrétienne
Nous voulons être une communauté priante et grandissante, partageant et développant notre foi et en assumant les conséquences dans la société.

Évangélisation-mission
Proposer à nos contemporains de s’engager pour Christ et de suivre sa voie.

Souplesse
Être souple, créatifs et ouverts à l’Esprit de Dieu dans un monde et dans une Église qui changent de sorte que l’Église soit adaptée aux besoins de nos contemporains. Dépenser notre énergie pour la mission plutôt que d’utiliser notre énergie pour l’entretien de l’Église.

Unité de l’Église
Participer à des réseaux internet et établir des relations avec des communautés qui ont des buts analogues aux nôtres.

Ouverture
Avoir un fonctionnement interne permettant aux fidèles de toutes sortes (de tous âges, de toutes cultures, hommes et femmes) de participer pleinement à l’ensemble de la vie de l’Église et notamment aux prises de décision et au culte.
Tous pasteurs
Être attentifs les uns aux autres et encourager chacun à développer ses pleines capacités au service de l’Église et de tous.

Conscience inter-culturelle
Être attentifs et rivaliser avec les autres cultures

Justice
Partager les ressources avec les pauvres et les défavorisés d’Aotearoa (Nouvelle Zélande)  et d’ailleurs. Lutter pour rendre justice aux opprimés en ne négligeant pas le traité de Waitangi.
(Le traité de Waitangi est le document fondateur de la Nouvelle Zélande. Il fut signé le 6 février 1840 par les Anglais et environs 540 chefs Mahoris)

Paix
Promouvoir une politique de paix entre notre peuple et le monde.

Santé
Être attentifs aux souffrances et œuvrer à leur guérison.

Écologie
Prendre soin de la création

 

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Charte de la paroisse méthodiste de Dunedin

 Dunedin parish statement

 

Cette charte s’efforce d’exprimer le mieux possible la vérité actuelle de tous les membres constituant notre communauté, du plus jeune au plus vieux, des plus anciens aux plus nouveaux, des plus traditionnels aux plus innovants. Nous invitons les gens plutôt que d’élever de barrières et nous recherchons la réalité centrale qui nous unit tous les uns aux autres.

 

La paroisse méthodiste de Dunedin

Ce que nous créons les uns pour les autres et nous donnons les uns aux autres est une communauté.
Notre communauté se centre sur Dieu, source de vie, signification et orientation de nos vies.
Notre communauté, par ses actions et toute sa vie, s’efforce d’exprimer l’intention de Dieu pour le monde.

 

Nos racines

Nous sommes conscients d’être enracinés dans une histoire qui a modelé notre manière de penser et de nous exprimer.
Elle nous a appris le langage de « Dieu ».
Elle nous a transmis une manière de vivre.
Elle nous a fait connaître Jésus de Nazareth qui fait briller à nos yeux la lumière de Dieu.

 

Diversité

Nous respectons la diversité des traditions religieuses.
Nous nous sentons proches de tous ceux qui se soucie du monde et des hommes.
Tout en étant attachés aux traditions dont nous avons hérité, nous sommes ouverts à ceux qui, dans notre communauté s’interrogent sur les choses anciennes et recherchent une compréhension nouvelle et un renforcement de leur engagement.

 

Nous apprenons

Nous ne demeurons pas immobiles. Les mots les plus importants de notre vocabulaire sont :
inclusion, tolérance, compassion, spiritualité, créativité, engagement, création, paix, justice, libération, responsabilité, vérité, intégrité, amour, fraternité.

 

Nous offrons ce que nous avons reçu

De l’espoir, une communauté, un lieu d’instruction, des manières de servir les autres, la lumière du Christ.

 

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Compréhension méthodiste de la Bible

La Bible est un livre honoré et respecté par les méthodistes mais on ne la porte pas, dans le culte, en cortège devant le pasteur comme on le fait dans les Églises réformées, pour signifier qu’elle est la source suprême de la vie de l’Église, sa règle de foi et de pratique.
Les prédicateurs méthodistes, pasteurs ou laïcs, prêchent habituellement à partir de la Bible et suivent la liste de lectures officielle. Mais on attend d’eux qu’ils utilisent leur intelligence, discutent et critiquent le texte biblique lorsque c’est nécessaire. C’est ce que font les communautés méthodistes auxquelles ils s’adressent.
Il est vrai que les wesleyens (c’est ainsi qu’on appelait les méthodistes lorsqu’ils ont été fondés au 18e siècle par John et par Charles Wesley), comme tout le monde à leur époque, croyaient à la vérité littérale éternelle des textes bibliques et à la divine inspiration de chaque mot de la Bible.
Les méthodistes d’aujourd’hui ont davantage de suspicion à l’égard de la Bible comme d’ailleurs de tout autre livre. Nous avons bien compris que les auteurs de la Bible étaient aussi contradictoires, faillibles, enracinés dans leur propre culture et individualistes que n’importe quel autre auteur humain.
Les méthodistes reconnaissent néanmoins que les Écritures sont dans leur ensemble une partie irremplaçable de notre héritage spirituel et qu’elles offrent une profonde sagesse, de précieux principes et un regard sur le monde qui sont aussi utiles et nécessaires aujourd’hui qu’il y a des siècles. Et surtout les documents bibliques sont importants car ils contiennent virtuellement les seuls documents à peu près contemporains de la vie et de l’enseignement de Jésus.
Les méthodistes continuent à interpréter et à étudier les textes bibliques avec autant d’énergie que par le passé mais la Bible n’est pas le seul endroit où ils peuvent entendre la Parole de Dieu et ils se révoltent lorsqu’ils voient que les textes bibliques sont des armes magiques utilisées pour attaquer et opprimer les faibles.

 

La théologie

Les méthodistes n’ont jamais jugé nécessaire d’élaborer un ensemble systématique de doctrine. Ils ont trouvé confortable de surfer sur les travaux des théologiens des autres dénominations et de s’intéresser à la théologie moderne.
Que croient donc les méthodistes ? Ils croient qu’il y a un Dieu d’amour au cœur de l’univers ? Ils croient qu’il y a trois aspects de la nature de Dieu que nous pouvons connaître de plusieurs manières : Dieu en tant qu’être suprême, l’homme Jésus Christ comme la plus parfaite expression de Dieu, et l’Esprit qui est l’énergie et la volonté créatrice de Dieu à l’œuvre dans le monde.
Dans les nombreuses communautés qui forment l’Église chrétienne – faillibles, discordantes et parfois détestables – il demeure suffisamment de conscience de la dimension religieuse de la vie et de la présence de Dieu, suffisamment de trésors de foi, suffisamment de volonté d’engagement dans le bon plan de Dieu, pour que nous lui conservions notre fidélité et notre engagement.

La plupart des méthodistes ne peuvent plus adhérer à l’idée d’un Dieu focalisé sur le péché qui nous damne dès notre naissance et attend le Jugement dernier pour nous punir terriblement.
Bien qu’ils puissent tout à fait croire que des humains comme eux ont cruellement assassiné la simple bonté et l’amour sans faille de Jésus Christ, ils ne peuvent pas admettre la Naissance virginale ni les théories qui suggèrent que Dieu a effacé l’ardoise des péchés humains en organisant la torture et la mort de son propre Fils.

Les méthodistes croient que l’ensemble de l’univers que nous habitons
vaut la peine et mérite l’attention de Dieu, que Dieu se réjouit de l’attention, du respect et du soin que nous avons pour nos contemporains et pour la création.

La plupart, sinon la totalité des méthodistes, adhèrent à l’idée wesleyenne du sacerdoce de tous les croyants, ce qui rend absurdes les controverses stupides et agressives qui ont lieu dans l’Église concernant le genre, l’orientation sexuelle et les différences théologiques et les distinctions entre prêtres et laïcs.

Les méthodistes ont été à l’avant-garde du combat pour la dignité et le respect dû aux enfants, aux laïcs, aux femmes et aux homosexuels, fondé sur la conviction de l’amour universel de Dieu et l’infinie valeur de sa création.

 

Action sociale méthodiste

 Lors de sa fameuse conversion, John Wesley avait pris conscience que ses efforts désespérés pour accomplir de bonnes œuvres ne lui avaient pas permis de trouver la paix de l’esprit et une foi tranquille. Il mit pourtant sans tarder en action sa nouvelle compréhension de l’amour de Dieu en s’occupant des pauvres et des prisonniers. Sa dernière lettre fut d’ailleurs adressée à William Wilberforce (homme politique anglais engagé dans la lutte contre l’esclavage) pour l’adjurer de continuer son combat contre l’esclavage. Depuis lors une des marques caractéristiques du méthodisme a toujours été son engagement pratique dans le service des autres et la passion pour une société plus juste dans la foi au Dieu d’amour qui s’implique passionnément dans la vie de tous les hommes.
C’est d’ailleurs par cette conduite que le méthodisme évangélise de la manière la plus fidèle : non en frappant aux portes pour proposer le « salut » aux hommes ni en réduisant la Bonne Nouvelle de l’Évangile à un code de moralité puritaine mais en s’attaquant aux causes de l’ignorance, de la délinquance et de la pauvreté, des discriminations et des oppressions. Rendre l’espoir d’une vie décente à ceux qui n’y croient plus, aux gens écrasés par la vie, marginalisés et désespérés.

 

Le méthodisme et l’éducation

Pour les méthodistes, le monde de la religion – comme aussi le reste du monde – est plein d’activité, de recherche de développement et de renouveau sans limite. Les méthodistes ne se contentent pas de rester assis dans une méditation intérieure mystérieuse dans le silence et la recherche de la perfection, dans un paysage de réalités spirituelles immuables et… glacées. Un monde où la vérité aurait été révélée dans un lointain passé qu’il ne conviendrait pas de réviser et de moderniser.
Les méthodistes s’engagent donc dans l’éducation et l’enseignement afin de ne pas se laisser distancer par la rapide évolution d’un Dieu qu’ils considèrent comme un athlétique sprinter.
John Wesley ne supportait pas les paroisses muettes, ignorantes et passives. En 1739 il fonda une école de première classe destinée aux enfants des pasteurs. Il œuvra au développement de la culture populaire en fondant une bibliothèque chrétienne de plus de 50 livres classiques, un résumé de l’histoire de l’Angleterre, une grammaire, un dictionnaire et une initiation à la pratique de la  musique. Longtemps avant que l’État fonde le ministère de l’éducation, presque chaque chapelle méthodiste avait ouvert des écoles d’enseignement général et d’instruction religieuse.

 

Une Église qui chante

Les méthodistes sont souvent fiers de la qualité du chant de leurs églises. Et il et vrai qu’ils n’aiment pas laisser les prêtres ou les chœurs chanter pour eux. Leurs cantiques doivent avoir du sens. Ils n’admettent pas les répétitions, les refrains enfantins, les paroles émotives à la manière des catholiques de naguère ou des pentecôtistes d’aujourd’hui. John Wesley insistait pour que l’on évite les chansonnettes bébêtes, les paroles incompréhensibles ou hypocrites. Il voulait que les chant reflètent une signification claire et une poésie indiscutable. Il encourageait la composition de cantiques édifiants en ce sens.
Il faut bien se rendre compte que les cantiques méthodistes qui sont actuellement traditionnels ont été considérés lors de leur composition comme d’une nouveauté révolutionnaires. L’Église méthodiste d’aujourd’hui s’efforce de préserver ces valeurs.

Il y a d’autres caractéristiques du méthodisme. Par exemple une relation respectueuse et ouverte avec les autres religions (les méthodistes sont hantés par une vision de l’unité universelle des spiritualités).
Les structures de l’Église permettent une saine indépendance de son fonctionnement tout en insistant sur l’importance du sentiment communautaire et de la collaboration de tous.

 

Conclusion

Il est bien évident que ni l’Église ni ses fidèles ne sont à la hauteur de leurs idéaux et que bien des qualités du méthodisme se retrouvent dans d’autres dénominations du christianisme ou dans d’autres religions.
Il est vrai aussi que certains secteurs de l’église méthodiste ne parviennent pas à se libérer des attitudes et des pratiques du 19e et même du 18e siècle ! Et que d’autres, notamment en Nouvelle Zélande, s’efforcent d’y retourner.
Mais en ce début du 21e siècle et du 3e millénaire, le méthodisme promeut par ses fidèles une précieuse contribution à l’ensemble de l’Église chrétienne et à la vie sociale et spirituelle du nouveau monde.
Pour conclure avec quelques mots fondamentaux, je dirais sens commun, action sociale et esprit de liberté. Ce ne sont pas les valeurs morales habituelles et traditionnelles mais ce sont des valeurs qui deviennent de plus en plus importantes dans un monde irrationnel, égoïste et dominateur.

 

Traduction Gilles Castelnau

 


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