Le magazine Sciences et Avenir rend compte dans son numéro daté de janvier 2011 de nouvelles analyses qui confirment que le suaire de Turin a bien été tissé au Moyen Age et n’a donc pas pu être le linceul du Christ.
En 1988, l’Église catholique avait elle-même confié le suaire, dans le but d'en déterminer la date de confection, à trois laboratoires qui ont tous les trois donné comme résultat une date comprise entre 1260 et 1390.
Néanmoins les partisans de l’authenticité du suaire n'avaientr pas désarmé. Ils prétendaient que l’échantillon prélevé sur le suaire n’était pas valable car il s’agirait d’une partie recousue au 16e siècle par les sœurs clarisses.
Le spécialiste de la spectrométrie Timothy Jull, a décidé de mettre fin à la controverse. Il a soumis un petit échantillon du suaire à deux techniques de microscopie et il démontre, photos à l’appui, que les analyses de 1988, qui avaient conclu à l’inauthenticité du suaire, avaient bien porté sur le tissu originel du suaire et que rien n’en avait pollué la datation.
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Remarque
Cette nouvelle preuve de l’inauthenticité du suaire me semble excellente pour la foi.
Seul celui dont le cœur est sensible au message des évangiles peut expérimenter l’union spirituelle avec le Christ.
Seul le témoignage intérieur du saint Esprit peut fonder notre assurance spirituelle.
Il ne peut qu’être désastreux pour la foi, pour notre relation avec le Christ et avec Dieu, de la faire dépendre d’analyses spectographiques ou de tout autre découverte archéologique !
Celui qui aurait besoin d’un suaire pour aimer le Christ devrait recycler sa spiritualité afin de la fonder sur la présence aimante du Christ.
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Traité des reliques
1543
Jean Calvin
26 décembre 2009
Il est temps de traiter du suaire [cf. Jn 20,6-7 : Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre ; il vit les bandes qui étaient à terre et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.] auquel ils ont encore mieux montré tant leur impudence que leur sottise. Car, outre le suaire de la Véronique, qui se montre à Rome à Saint-Pierre, et le couvre-chef que la Vierge Marie, comme ils disent, mit sur les parties honteuses de notre Seigneur, qui se montre à Saint-Jean de Latran, lequel aussi bien est derechef aux augustins de Carcassonne, item, le suaire qui fut mis sur sa tête au sépulcre, qui se montre là même, il y a une demi-douzaine de villes, pour le moins, qui se vantent d'avoir le suaire de la sépulture tout entier, comme Nice, celui qui a été transporté là de Chambéry, item Aix en Allemagne ; item le Trect ; item Besançon ; item Cadouin en Limousin ; item une ville de Lorraine, assise au port d'Aussois ; sans les pièces qui en sont dispersées d'un côté et d'autre, comme à Saint-Salvador en Espagne, et aux augustins d'Albi.
Je laisse encore un suaire entier qui est à Rome, en un monastère de femmes, pour ce que le Pape a défendu de le montrer solennellement.
Je vous prie, le monde n'a-t-il pas été bien enragé, de trotter cent ou six vingt lieues loin, avec gros frais et grand-peine, pour voir un drapeau duquel il ne pouvait nullement être assuré, mais plutôt était contraint d'en douter ? Car quiconque estime le suaire être en un certain lieu, il fait faussaires tous les autres qui se vantent de l'avoir. Comme, pour exemple, celui qui croit que le drapeau de Chambéry soit le vrai suaire, cestui-là condamne ceux de Besançon, d'Aix, de Cadouin, du Trect et de Rome comme menteurs, et qui font méchamment idolâtrer le peuple en le séduisant et lui faisant accroire qu'un drapeau profane est le linceul où fut enveloppé son Rédempteur.
Venons maintenant à l'Évangile. Car ce serait peu de chose qu'ils se démentissent l'un l'autre ; mais le Saint-Esprit, leur contredisant à tous, les rend tous ensemble confondus, autant les uns que les autres. Pour le premier, c'est merveille que les évangélistes ne font nulle mention de cette Véronique, laquelle torcha la face de Jésus-Christ d'un couvre-chef, vu qu'ils parlent de toutes les femmes, lesquelles l'accompagnèrent à la croix. C'était bien une chose notable et digne d'être mise en registre que la face de Jésus-Christ eût été miraculeusement imprimée en un linceul.
Au contraire, il semble avis que cela n'emporte pas beaucoup de dire que certaines femmes aient accompagné Jésus-Christ à la croix, sans qu'il leur soit advenu aucun miracle. Comment est-ce donc que les évangélistes racontent de choses menues et de légère importance, se taisant des principales ? Certes, si un tel miracle avait été fait, comme on fait accroire, il nous faudrait accuser le Saint-Esprit d'oubliance ou d'indiscrétion, qu'il n'aurait su prudemment élire ce qui était le plus expédient de raconter.
Cela est pour leur Véronique, afin qu'on connaisse combien c'est un mensonge évident, de ce qu'ils en veulent persuader.
Quant est du suaire auquel le corps fut enveloppé [cf. Jn 20,7], je leur fais une semblable demande. Les évangélistes récitent diligemment les miracles qui furent faits à la mort de Jésus-Christ et ne laissant rien de ce qui appartient à l'histoire. Comment est-ce que cela leur est échappé de ne sonner mot d'un miracle tant excellent ? C'est que l'effigie du corps de notre Seigneur était demeurée au linceul auquel il fut enseveli. Cela valait bien autant d'être dit comme plusieurs autres choses. Même saint Jean déclare comment saint Pierre, étant entré au sépulcre, vit les linges de la sépulture, l'un d'un côté, l'autre d'autre [cf. Jn 20,6-7].
Qu'il y eût aucune portraiture miraculeuse, il n'en parle point. Et n'est pas à présumer qu'il eût supprimé une telle œuvre de Dieu, s'il en eût été quelque chose.
Il y a encore un autre doute à objecter: c'est que les évangélistes ne parlent point que nul des disciples, ni des femmes fidèles, aient transporté les linceuls, dont il est question, hors du sépulcre. Mais plutôt ils donnent à connaître qu'ils les ont là laissés, combien qu'ils ne l'expriment pas.
Or le sépulcre était gardé des gendarmes qui eurent depuis le linceul en leur puissance. Est-il à présumer qu'ils le baillassent à quelque fidèle pour en faire des reliques, vu que les Pharisiens les avaient corrompus pour se parjurer, disant que les disciples avaient dérobé le corps [cf. Mt 28,13 donnèrent aux soldats une forte somme d'argent, en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l'apprend, nous l'apaiserons, et nous vous tirerons de peine.] ?
Je laisse à les rédarguer de fausseté par la vue même des portraitures qu'ils en montrent.
Car il est facile à voir que ce sont peintures faites de main d'homme. Et ne me peux assez ébahir, premièrement comment ils ont été si lourdauds de ne point avoir meilleure astuce pour tromper ; et encore plus, comment le monde a été si niais de se laisser ainsi éblouir les yeux, pour ne voir point une chose tant évidente.
Qui plus est, ils ont bien montré qu'ils avaient les peintres à commandement. Car quand un suaire a été brûlé, il s'en est toujours trouvé un nouveau le lendemain. On disait bien que c'était cestui-là même qui avait été auparavant, lequel s'était par miracle sauvé du feu. Mais la peinture était si fraîche que le mentir n'y valait rien, s'il y eût eu des yeux pour regarder.
Il y a, pour faire fin, une raison péremptoire par laquelle ils sont du tout convaincus de leur impudence. Partout où ils se disent avoir le saint suaire, ils montrent un grand linceul qui couvrait tout le corps avec la tête, et voit-on là l'effigie d'un corps tout d'un tenant.
Or, l'évangéliste saint Jean dit que Jésus-Christ fut enseveli à la façon des Juifs [cf. Jn 19,40 40 Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs.].
Or, quelle était cette façon, non seulement on le peut entendre par la coutume que les Juifs observent encore aujourd'hui, mais par leurs livres qui montrent l'usage ancien. C'est d'envelopper à part le corps jusques aux épaules, puis envelopper la tête dedans un couvre-chef, le liant à quatre coins.
Ce que aussi l'évangéliste exprime, quand il dit que saint Pierre vit les linges d'un côté, où le corps avait été enveloppé, et d'un autre côté le suaire, qui avait été posé sur la tête [cf. Jn 20,6- 7]. Car telle est la signification de ce mot de suaire, de le prendre pour un mouchoir ou couvre-chef, et non pas pour un grand linceul qui serve à envelopper le corps.
Pour conclure brièvement, il faut que l'évangéliste saint Jean soit menteur, ou bien que tous ceux qui se vantent d'avoir le saint suaire soient convaincus de faussetés, et qu'on voie appertement qu'ils ont séduit le pauvre peuple par une impudence trop extrême.
(éd. Labor et Fides, 2000)
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