Grande Bretagne
où sont passés
les chrétiens « perdus » ?
The lost Christians have found new homes
George Pitcher
prêtre anglican et journaliste
23 décembre 2009
Les paroisses ont « perdu » des chrétiens : Un Anglais sur deux seulement se dit aujourd’hui chrétien. Ils étaient 66 % en 1983. Il y a deux raisons de trouver cette nouvelle réjouissante.
La première est qu’il est tout de même encourageant qu’ils soient encore si nombreux à se déclarer croyants. Il faut bien se souvenir après tout que notre génération est la première depuis des siècles où l’on n’est pas chrétien par défaut. Jusqu’au milieu du siècle dernier on répondait automatiquement et sans réfléchir aux questionnaires que l’on était « anglican ». C’était tout simplement notre identité normale, elle faisait partie du paysage anglais.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui où les gens ont pris l’habitude de se demander ce qu’ils croient et pourquoi ils le croient. Constater que, volontairement et après réflexion, la moitié des Anglais choisit le christianisme n’est évidemment pas une mauvaise chose.
Le résultat est que l’assemblée du dimanche n’est plus composée de personnes âgées et passives mais de fidèles actifs et engagés. Un exemple, les grands magasins de Sainsbury étudient la possibilité de stocker les Bibles pour enfants - ce qui était impensable il y a seulement dix ans.
La seconde raison d’être optimiste est qu’alors que 43 % des personnes interrogées déclarent ne pas avoir de religion, il s’en trouve 36 % qui font part des « fidèles flottants ». Ils « ont une religion, croient en Dieu, fréquentent l’église mais pas les trois à la fois ».
On n’a plus l’habitude, depuis plusieurs décennies, de s’impliquer dans une structure d’église. On a un style de vie matérialiste et ce n’est pas le matraquage biblique des évangéliques ou les relations sociales paroissiales qui pourront vraiment appâter les Anglais. Ils voient néanmoins les limites du tout-consommation et il semble qu’un nouveau besoin d’approfondissement spirituel soit en train de provoquer la naissance de groupes de réflexion qui permettent une redécouverte de l’héritage chrétien.
Ce ne sont pas des Églises mais cela en tient lieu.
Les gens qui prédisent que le christianisme est fini et que l’on est définitivement entré dans un siècle séculier seraient bien inspirés de ne pas parier leur fortune là-dessus !
Traduction Gilles Castelnau
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