On ne voit bien qu'avec le cœur
25 octobre 2009
Deux hommes gravement malades – appelons-les Pierre et Paul – occupaient la même chambre d’hôpital. Pierre, dont le lit était près de la fenêtre, pouvait s’asseoir un peu pendant l’après-midi et il décrivait ce qu’il voyait dehors à Paul qui ne pouvait pas se redresser du tout :
Le parc de l’hôpital avec un lac, des canards et des cygnes et des enfants qui faisaient voguer leurs petits barreaux. Des amoureux aussi venaient s’y promener bras dessus bras dessous, parmi les fleurs des magnifiques parterres et sous les grands arbres.
Paul fermait les yeux et imaginait toute cette beauté que Pierre, avec sa façon si vivante de raconter, lui permettait de partager.
Un matin l’infirmière trouva sans vie le corps de Pierre, mort paisiblement pendant son sommeil. Et Paul eut le lit près de la fenêtre. Lentement, péniblement, il réussit à se soulever un peu pour jeter un coup d’œil dehors. Mais tout ce qu’il vit fut un mur qui barrait la vue.
Il interrogea l’infirmière qui lui répondit :
« Ne saviez-vous pas qu'il était aveugle. Il ne pouvait rien voir. Peut-être voulait-il vous faire plaisir et vous encourager. »
Auteur inconnu
Transmis par Jean Reignard