|
|
Libre opinion
Le «Dieu sans Nom »
Jim Burklo
pasteur de l'Église Unie du
Christ (United Church of Christ)
à l'Université de Californie du Sud
8 septembre 2009
Ma femme Roberta
et moi nous nous promenions dans la rue
principale de Sausalito (Californie), pas loin de
l’église. Il y avait de la musique au « Bar
Sans Nom » et nous nous sommes arrêtés pour
écouter. Al, le patron du bar est justement sorti
à ce moment-là pour fumer son cigare et nous nous
sommes parlé. Je lui ai dit que j’étais le pasteur
de l’église voisine et cela l’a frappé :
- Désolé, a-t-il dit, mais je ne crois pas en
Dieu.
- Et alors ? ai-je demandé. Ce n’est pas le
plus important. Je ne crois pas que le
christianisme soit une question de croire des
choses. Je crois que c’est une affaire de
compassion et de spiritualité.
- Qu’est-ce que la spiritualité ?
a-t-il demandé.
- Je ne sais pas très bien dire, ai-je répondu.
Mais je vais y réfléchir et je reviendrai vous le
dire.
Cette remarque lui a plu et il nous a invités à
boire quelque chose dans son bar. Nous sommes
entrés. Il y avait d’autres personnes. On a parlé
de quantités de choses et aussi de religion jusque
tard dans la soirée.
Al et moi étions assez
d’accord en ce qui concerne Dieu. Le Dieu
auquel il ne croyait pas, je n’y croyais pas non
plus. Il pensait qu’il était donc athée et moi je
croyais être un chrétien libéral.
. Ni lui ni moi ne croyions en un Dieu surnaturel
qui demeurerait en dehors du monde et
interviendrait dans l’histoire de manière
arbitraire, en soutenant celui-ci et pas celui-là.
. Ni lui ni moi ne croyions en un Dieu qui veut
que nous croyions des choses incroyables ou qui
veut que nous pensions qu’une certaine religion
est la seule vraie à l’exclusion de toutes le
autres.
. Ni lui ni moi ne croyions en un être divin qui
aurait organisé la « chute »
de l’humanité et demanderait alors un sacrifice
sanglant pour se réconcilier avec elle.
Au lieu de croire en Dieu, je
vis avec Dieu. Quand je ressens un amour
absolu de la part des autres ou pour d’autres, je
pense que c’est Dieu qui vit avec moi.
. Quand je suis plein de compassion pour d’autres
et pour tout l’univers, quand je ressens une
compassion qui vient de plus loin que nous, je
pense que c’est Dieu qui est là.
. Quand je suis plein d’émerveillement, de crainte
et de respect devant le monde qui m’entoure, je
comprends que Dieu est là.
. Quand je vis la joyeuse hospitalité qu’Al nous a
donnée, ce soir, je comprends que Dieu était là
avec nous.
Comment une telle sensation
pourrait-elle être expliquée et nommée ?
Toutes les grandes religions du monde ont toujours
employé le nom de Dieu avec infiniment de
circonspection.Elles disent toputes d’une manière
poétique et mythique que le langage humain ne
permet pas de décrire vraiment Dieu, de « le »
caractériser (ou de la caractériser « elle » ou de
caractériser « cela »).
Chaque religion parle à sa manière du Dieu dont on
ne peut pas réellement parler.
Au « Bar Sans Nom »,
Al et moi avons parlé du « Dieu
Sans Nom ». On peut comprendre la
présence du « Dieu Sans
Nom » dans un bistro comme dans une
église, lors d’une promenade comme lors d’un culte,
que l’on soit « athée »
ou que l’on soit « croyant ».
Et si Al pouvait me donner une place à sa table, le
moins que nous, les chrétiens libéraux, pouvons
faire, est de lui donner une place à notre table de
communion, à lui et aux autres qui n’admettent pas
ou mettent en doute notre religion traditionnelle.
Retour
Retour vers Jim Buklo
Vos
commentaires et réactions
haut de la page
|