Libres opinions
L'Évangile selon Jésus
Sermon anonyme
The Gospel According to Jesus
Jean 14:8-12
4 juillet 2009
Jésus prêchait un Évangile surprenant ! Mais le plus étonnant est que ses critiques les plus acerbes étaient dirigées vers l’intérieur de la communauté religieuse.
Il disait :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. (Matt. 23:13)
Il réprouvait certaines manières de prier :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. (Matt. 23:14)
Il condamnait les religieux qui payaient la dîme :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité. (Matt. 23:23).
Il condamnait certains moralismes :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance. (Matt. 23:25).
Il condamnait certains missionnaires :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous. (Matt. 23:15).
Par dessus tout il condamnait les hypocrites pleins de leur propre justice :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. (Matt. 23:27).
Il est déconcertant de reconnaître que les adversaires de Jésus n’étaient pas les pécheurs pervertis, les ivrognes abrutis, les prostituées dépravées. Ce n’était pas non plus les soldats de l’armée romaine d’occupation. C’était les responsables religieux.
C’étaient eux les adversaires de Jésus dans la mesure où ils étaient dans l’incompréhension totale de l’Évangile. Ils se focalisaient sur des détails insignifiants :
- Conducteurs aveugles! vous coulez le moucheron, et vous avalez le chameau. (Matt. 23:24)
Ils ne voyaient pas qu’une attitude positive est plus créatrice qu’une attitude négative. Leur système légaliste interdisait même les actions les plus positives dès lors qu’elles ne respectaient pas la loi du sabbat :
- Le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de sabbat, dit à la foule : Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat.
Hypocrites ! répondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache pas de la crèche son bœuf ou son âne, pour le mener boire ?
Et cette femme, qui est une fille d'Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat ? (Luc 13.14-16).
Ils ne se rendaient pas compte qu’une règle souple est plus féconde qu’une règle absolue. Ils imposaient de prendre à la lettre le cérémonial d’accueil des convertis :
- Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes pas circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés.
Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion (Actes 15:1-2)
Leurs traditions étaient fixes et immuables. Tout le monde devait suivre le même chemin et répéter les mêmes formules liturgiques.
Ils n’admettaient pas que Dieu vive dans les cœurs plutôt que dans les temples.
Ils ne voyaient pas de problème à commencer dire des prières le matin et à commettre l’injustice l’après-midi :
- Il leur disait dans son enseignement : Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ; ils recherchent les premiers sièges dans les synagogues et les premières places dans les festins ; ils dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. (Marc 12.38-40)Ils n’acceptaient pas l’idée que la force se trouve dans la vérité plutôt que dans l’autorité légale. Ils s’intéressaient plutôt à respecter les tabous traditionnels qu’à obtenir de bons résultats :
- Ou dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais ; car on connaît l'arbre par le fruit. Mat 12.33).
Ils ne voyaient pas la présence du Royaume de Dieu maintenant sur la terre et la rejetaient plus tard dans le ciel.
Ils se refusaient eux-mêmes à un style de vie créatif, joyeux et fraternel et le fardeau de leur loi le rendait impossible pour les autres.
Ils ignoraient l’idée que l’on peut faire ce que l’on dit et la piété de leur discours ne correspondait pas à l’agressivité et à la cruauté de leur attitude :
- Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes.
Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes.
Comblez donc la mesure de vos pères.
Serpents, race de vipères ! comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne ?
C'est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération. (Matt. 23:29-36).
Ils ignoraient que nous avons à sauver les vies aussi bien que gagner les âmes. Leurs doctrines étaient souvent inhumaines :
-
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.
Malheur à vous, conducteurs aveugles ! vous dites : Si quelqu'un jure par le temple, ce n'est rien ; mais, si quelqu'un jure par l'or du temple, il est engagé.
Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, l'or, ou le temple qui sanctifie l'or ?
Si quelqu'un, dites-vous encore, jure par l'autel, ce n'est rien ; mais, si quelqu'un jure par l'offrande qui est sur l'autel, il est engagé.
Aveugles ! lequel est le plus grand, l'offrande, ou l'autel qui sanctifie l'offrande ?
Celui qui jure par l'autel jure par l'autel et par tout ce qui est dessus ; celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l'habite ; et celui qui jure par le ciel jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis. (Matt. 23:15-22).
Ils ignoraient l’idée que nous devons partager et non amasser et capitaliser. Leur attitude était une offense à Dieu.
•
Qu’attend donc Jésus de nous ?
Il dit :
- Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matt. 28:19-20).
.1. Nous avons à faire des disciples. Un disciple est plus qu’un croyant. C’est quelqu’un qui apprend et qui suit. Lorsqu’on pense à sa jeunesse et qu’on se souvient de telle personnalité du monde sportif, par exemple, ou un chanteur auquel on voulait ressembler : n’imitait-on pas cette idole en matière d’habillement, de manière d’agir et de parler ? Sans même en être conscient, on était devenu un « disciple » de cette personnalité. Chacune de ses apparition à la TV, chaque mot qu’il prononçait nous intéressait. C’est cela être un disciple de Jésus. Il disait bien :
- Si quelqu'un me sert, qu'il me suive (Jean 12:26)
Cela implique une attitude de responsabilité, de confiance et de créativité.
.2. Nos devons baptiser ces disciples.
Le baptême est davantage qu’un simple rite avec de l’eau. Le mot de « baptême » désigne l’immersion totale dans une nouvelle manière de vivre. Jean disait que Jésus baptiserait du Saint-Esprit :
- Moi, je vous ai baptisés d'eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. (Marc 1.8).
Jésus disait lui-même :
- Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ?
-
Nous le pouvons, dirent-ils.
Et Jésus leur répondit :
-
Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé. (Marc 10:38-39)
Paul donnait au mot « baptême » le sens d’une obligation que l’on assume et d’une mise à part pour un service :
- Ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer [c’est-à-dire il ont été mis sous l’obligation d’obéir à la Loi, à Moïse et à l’Alliance, consacrés et mis à part pour le service de Dieu. (I Corinthiens 10.2)
Ailleurs, Paul explique le sens du baptême :
- Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Cela montre que vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ (Galates. 3:26-27).
C’est donc que lorsqu’on est baptisé, on est entré en union spirituelle avec le Christ. On est immergé dans sa nature. Lorsque cela arrive, cela se remarque.
Un jour, un homme proposa à sa voisine de lui conduire son fils à l’hôpital, pourtant distant de 80 km. Durant le trajet, l’enfant lui demanda :
- Etes-vous Dieu ?
Surpris, il répondit :
- Non, mon garçon, je ne suis pas Dieu.
Et l’enfant poursuivit :
- J’ai entendu ma mère demander à Dieu comment elle pourrait m’emmener chez le docteur. Si vous n’êtes pas Dieu, est-ce que vous travaillez pour lui ?
Il répondit :
- Je pense que oui, je travaille pour lui. Au moins de temps en temps. Et je vais essayer de le faire plus souvent.
.3. Nous avons encore à instruire les disciples.
Il faut leur enseigner les principes qui conduisent à une vie épanouie. Les chrétiens doivent connaître le monde et ses réalités afin d’y être bien intégrés. Il faut observer, écouter, enrichir de toutes manières notre connaissance de la vie. Poursuivre l’œuvre de Jésus en unifiant la science et la théologie, l’histoire et la technologie, la politique et l’éthique. Suivre son exemple de respect et d’amour pour les autres hommes, ne pas les critiquer, les juger et les condamner, mais voir en eux le reflet du Créateur. Bref, nous aimerons Dieu en aimant les hommes.
Un poème de Gertrude Sturgeon dit :
Quelquefois c’est une petite chose
qui soulage d’un grand poids.
Un regard de compréhension
Quand la route est dure.
Quelquefois c’est une petite chose
Qui rend la vie obscure
Un regard méchant, une critique
Et plus rien ne semble possible.
Être gentil et sympathique
Aider les gens
C’est être une bénédiction
Pour ceux dont on croise la route
Souvenez-vous des petites choses
qui soulagent d’un grand poids.
Ceux qui marchent près de vous
Quand la route est dure.
L’Évangile selon Jésus est différent de ce qu’en disent certains groupes religieux. Sa théologie n’est pas compliquée. Il n’a pas de dogmes précis. Il n’a pas des quantités de règlement. Il ne s’agit pas d’expériences mystiques. Il ne s’agit pas de participer sans cesse à des activités et des réunions.
Il est très simple. Jésus a dit :
- Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. Ceci est le premier et le grand commandement. Et voici le second qui est également important : tu aimeras to prochain comme toi-même. Tous les autres commandements dépendent de ces deux-là. (Matt. 22:37-40).
C’est là notre tâche. Si nous l’accomplissons bien, d’autres l’adopteront aussi.
Nous sommes sur la terre pour effectuer le changement de style de vie qui plaît à Dieu, celui de l’amour. Comme disait Jésus :
- Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. (Jean 13:34).
Chacun de nous est ambassadeur de Dieu, agent du Royaume divin. Nous sommes d’ailleurs les seuls représentants de Dieu que les gens verront jamais. Quelle responsabilité cela nous donne ! Dieu ne veut pas d’images gravées à sa ressemblance, mais il veut des images vivantes à sa ressemblance morale.
Lorsqu’un disciple lui demanda :
- Montre-nous le Père, et cela nous suffit.
Jésus lui répondit :
-
Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père. (Jean 14:8).
Il dit aussi quelque chose d’autre qui est peut-être plus important encore :
- Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes/ (Jean 14:12). C’est bien là le cœur du christianisme : Dieu s’implique dans la vie du monde par l’intermédiaire des chrétiens qui lui offrent leurs yeux, leurs mains, leurs pieds et leurs cœurs.
Les gens disent :
- Montrez-nous Dieu et cela nous suffit.
Sa présence est visible en vous et en moi. Elle peut être dégradée comme par un miroir dont l’image serait déformée par notre égoïsme, notre avidité, notre agressivité. C’est pourquoi la principale question est :
- Rendez-vous clairement Dieu visible ?
Edgar A. Guest exprime ceci dans un poème :
Je préfère voir un exemple vivant qu’écouter un sermon
J’aime mieux qu’on m’accompagne plutôt que de m’indiquer le chemin
On apprend mieux en regardant qu’en écoutant
Une explication est difficile à comprendre, un exemple est toujours clair.
Le succès d’un prédicateur est le fidèle qui vit ce qu’il a prêché
Car ce qu’il nous faut est le bien mis en œuvre.
Je sens que je pourrai le faire si vous me le laissez voir
Je peux voir l’œuvre de vos mains mais votre langue est trop rapide pour moi.
Le sermon que vous faite est sûrement sage et bon
Mais j’aime mieux apprendre en vous regardant faire.
Car je pourrais comprendre de travers ce que vous dites
Alors qu’on ne peut se tromper en vous voyant vivre et agir.
That's the Gospel according to Jesus!
Traduction Gilles Castelnau
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