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Fin de vie

Débat

9 mars 2015

La question est débattue à l'Assemblée nationale.
Cinq représentants des principales religions de France (y compris du protestantisme) viennent de signer ensemble un texte que je juge fort critiquable. Le Monde titre en première page : « Chrétiens, juifs, musulmans : l'appel des religions contre la loi sur la fin de vie ».
Ils me semblent en effet méconnaître tout à fait le grand désir de nos contemporains qui est de résister à l'acharnement thérapeutique qui demeure globalement la tendance des médecins dans les hôpitaux et de pouvoir dans certains cas extrêmes bénéficier de la possibilité encadrée d'une sédation profonde et continue jusqu'au décès.
Je ne trouve pas dans leur texte frileux et moraliste le dynamisme créateur de la Présence du Dieu de la Vie dont l'action n'est certainement pas avant tout de préserver une vie physique mais l'Élan vital d'une existence heureuse.

Gilles et Claudine Castelnau

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Gilles Castelnau

La vie que donne le Dieu de la Vie est tout entière centrée, comme Jésus le montre bien dans son ministère, comme une vie épanouie, apaisée ; vie du paralysé guéri, de la prostituée réhabilitée etc. Jamais comme une vie purement physiologique ou biologique donnée et reprise (Jésus ne fait jamais mourir).
Il ne faut pas être matérialiste : l'homme n'est pas que vie physique mais vie spirituelle aussi.

Dieu n'est pas une entité lointaine comme Jupiter donnant et retirant la vie à qui lui plait. Dieu est intérieur à l'homme (on dit le saint Esprit). Il lui donne sa valeur, sa transcendance qui est plus que physique.

Jésus souligne cette présence aimante : « Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. » Matthieu 10.29

Certains traducteurs ont compris que c'était Dieu qui faisait tomber les cheveux des chauves et mourir les oiseaux : ils ont ajouté dans le texte le mot que Jésus n'avait justement pas prononcé : sans la « volonté » de votre Père. Mais Jésus disait « seulement » que Dieu est le père aimant qui accompagne même les moineaux dans leur chute.

 Les médecins refusant l'euthanasie au nom de leur serment d'Hippocrate s'enracinent dans la philosophie païenne (Hippocrate était païen). Celle-ci disait justement que Dieu décide la vie et la mort, le bien et le mal, comme un despote oriental. Aucun rapport avec la passion et l'amour du Dieu de la Bible défini uniquement comme Dieu de la vie.

Le fait que les médecins français (dans les pays protestants il n'en va pas de même) se focalisent sur la vie physiologique est un paganisme, une idolâtrie : il n'y a pas si longtemps on refusait le contrôle des naissances, l'IVG, comme aujourd'hui l'euthanasie, au nom de cette idolâtrie de la vie physique : on sauvait l'enfant dans un accouchement difficile et on laissait mourir la mère. Or la vie de la mère a plus de valeur que celle du bébé car elle est entourée d'amour, de relations avec son mari, ses parents etc.

 

 

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Albert Schweitzer a écrit :

« Le principe du respect de la vie, appliqué à la vie de l'homme, ne signifie pas seulement respect du simple fait de l'existence et attention aux souffrances, comme lorsqu'il s'agit des êtres vivants en général, mais il signifie encore respect pour les valeurs et les buts que cet être, le plus élevé de tous, introduit dans le monde.

Je ne peux reconnaître la valeur de son existence et sa justification que si je l'élève à son plus haut niveau, en recherchant un accomplissement moral et spirituel. » (Humanisme et mystique)

Certains disent :

« C'est Dieu qui donne la vie et lui seul peut la reprendre ».

Je ne crois pas que Dieu « reprenne » la vie, c'est-à-dire fasse mourir.

Je ne crois pas que Dieu intervienne de l'extérieur dans notre histoire, histoire du monde ou histoire des individus et nous passe arriver des bonheurs et des malheurs, des réussites ou des échecs, qu'il nous sauve la vie ou nous fasse mourir (ou nous « laisse » mourir). Je ne crois pas qu'il dévie l'autobus qui menace de nous écrase quand nous traversons sans regarder ou au contraire qu'il le laisse nous tuer !

Je n'aime pas trop dire que « Dieu donne la vie », car certains pourraient avoir une étrange image de Dieu quand la vie qu'on reçoit est non désirée (souvenons-nous de cette petite fille du Nicaragua, de 9 ans, violée, et dont l'évêque a menacé d'excommunication le médecin qui avait accepté de pratiquer sur elle une IVG car, disait-il, « Dieu a donné la vie de cet embryon et lui seul peut la reprendre ». Je ne crois pas que Dieu ait « donné cette vie ».

J'aime mieux dire, avec Albert Schweitzer que « Dieu maintient la vie en vie ». Ce n'est pas la vie physique, biologique, animale, qui est bonne et sacrée, préservée par Dieu. Dieu n'est pas le Dieu de la Nature, mais Dieu de la Vie :
La nature est cruelle, les bêtes se dévorent, les tremblements de terre, le vieillessement ; certes la vie naît de la mort, mais nous ne somme pas amis de la mort, de la souffrance.
Dieu est le Dieu de la vie en ce sens qu'il maintient la vie en vie.

 

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Personne ne peut décider seul de l'euthanasie : même pas les médecins ou les infirmières que nous ne devons pas laisser dans leur solitude à ce sujet. (D'autant plus que certains médecins se laissent parfois enfermer dans l'application un peu fondamentaliste du Serment d'Hippocrate qui identifie faussement la vie physique avec la vie humaine. Idéologie païenne du 4e siècle av. JC marqué par l'idéologie du respect absolu de la vie biologique donnée par Jupiter seul Maître du Destin !

Il y a longtemps que les pays protestants, l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, la Suisse, les pays scandinaves - y compris d'ailleurs la Belgique et le Luxembourg - ont mis en place des structures de dialogue, de concertation respectueuses des uns et des autres, en général dans la société et notamment dans le monde hospitalier.


En Hollande, par exemple, la concertation est prévue par la loi entre la famille, le médecin, et des autorités morales extérieures (pasteurs, prêtres, juges, avocats, professeurs etc.). Le médecin, ni la famille, ni le pasteur ou le prêtre, ne se voit autorisé à prendre seul le pouvoir de décision.

Personne n'est pape ni roi absolu. Personne ne détient à lui seul l'idéologie universelle qui serait applicable sans discussion à toute situation.

Le problème est clair. Il se pose pareillement dans bien d'autres cas : les IVG, les dons d'organes, etc. Il nous faut organiser des structures de dialogue obligatoire, comme aux Pays-Bas. Nous devons rendre au peuple de France sa liberté de penser et de décider ce qui est bien, au cas par cas, car chaque cas, chaque famille, chaque situation est différente des autres. Et il faut absolument empêcher l'autoritarisme des décisions solitaires, y compris celle des médecins, des infirmières ou... des mères.

Et ne pas oublier, naturellement, que bien des demandes d'euthanasie disparaissent dès lors que les soins palliatifs sont disponibles : si le gouvernement acceptait d'augmenter les crédits qui leur sont nécessaires, ceux-ci seraient moins rares et la possibili!té d'y trouver une place pour nos proches moins exceptionnelle. Là encore l'exemple de bien des pays étrangers pourrait nous inciter à nous réveiller de notre léthargie.

Les antalgiques notamment que les médecins français administrent moins qu'ils le devraient (par exemple, ne dit-on pas que les Anglais utilisent proportionnellement dix fois plus de morphine pour calmer la douleur de leurs patients que les Français... ?) sont un puissant moyen de réduire les demandes d'euthanasie : lorsqu'un malade ne souffre plus, ou sait qu'on ne le laissera pas souffrir, il demande moins la mort. Mais il faudrait que disparaisse réellement de nos hôpitaux la conception selon laquelle la souffrance est « naturelle », voire même dans certains cas « rédemptrice ». Mais nous ne sommes pas encore délivrés de cette fausse idéologie qui est encore pour certains une véritable « spiritualité » !

 

 

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