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Croire en l'au-delà ?

 

 

Gilles Castelnau

 

29 janvier 2008

Les prophètes d'Israël ne promettaient pas de paradis dans un au-delà futur ni ne menaçaient d'un enfer éternel. Ils parlaient au nom d'un Dieu qui ne se préoccupait « que » de la vie terrestre.
Jésus était tout à fait dans leur ligne. Il menaçait de la Géhenne ceux qui profanaient la vie des autres mais ne prétendait jamais que le but de l'existence pourrait être de gagner le paradis.

C'est pourquoi il me semble que l'on peut tout à fait ne pas croire en l'au-delà et être néanmoins parfaitement en harmonie avec le dynamisme créateur de Dieu, symbolisé dans l'Ancien Testament par la Sortie d' Égypte et dans le Nouveau Testament par la Résurrection du crucifié.

Le souffle de vie que Dieu fait monter en nous et qui résiste au péché, à la souffrance et aux malheurs nous rend capables d'affronter également l'angoisse de la mort, sans pour cela chercher un apaisement dans la croyance à l'entrée dans un paradis.
Le message de l'Évangile ne doit donc pas, à mon avis, être identifié à la foi en la résurrection des morts. Ne pas y croire n'est en aucun cas le signe d'une vie spirituelle insuffisante : après tout ni Abraham, ni Moïse, ni David ni le prophète Esaïe n'en avaient la moindre idée.

L'espérance de la Résurrection auprès de Dieu s'accorde parfaitement avec la foi en la victoire de Dieu sur toutes les forces destructrices de vie. Elle est évidemment un exemple frappant de l'espérance du renouveau que suscitait Jésus.

La vie éternelle tel que l'apôtre Paul l'enseigne n'est pas celle d'une immortalité de l'âme qui retournerait naturellement dans l'au-delà (et qui pourrait d'ailleurs, selon certains, se réincarner dans une nouvelle existence). On peut comprendre le franchissement du voile qui nous cache l'au-delà comme le retour à la Source de la vie, l'entrée dans l'émerveillement de la contemplation face-à-Face du Dieu qui nous a accompagnés tout au long de notre existence. Paradis qui n'est pas immobilité permanente au son des psaumes mais union avec Dieu dans sa créativité cosmique incessante.
Cette prédication - qui sera considérée comme une image par ceux qui ne peuvent croire en sa réalité - a l'avantage de marquer la valeur de l'homme aux yeux de Dieu et d'en souligner la transcendance.

Quant à l'idée de l'enfer, qui réapparaît de nos jours sous l'influence de l'islam et de la prédication évangélique, il me semble que Dieu ne laisserait évidemment pas fonctionner à la porte de son paradis un camp de concentration avec de misérables damnés torturés pour l'éternité. Il en enfoncerait la porte et en libérerait les « damnés » comme les Alliés l'ont fait à Auschwitz !

Celui qui croit en la vie éternelle a raison de faire confiance en la puissance créatrice de Dieu qui est tout à fait capable de ressusciter les hommes et de les faire participer à son éternel dynamisme créateur.
Mais celui qui ne peut pas croire en sa propre résurrection ne doit pas se croire indigne des enfants de Dieu et des disciples de Jésus-Christ. La participation ici et maintenant au dynamisme créateur de l'Esprit en est un gage.


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