Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

 

Le protestantisme et ses cultes désertés

 

Lettres à Maurice qui rêve malgré tout d'y participer

 

 

Olivier Bauer

 

Ed. Labor et Fides

 

3 juillet 2008
Cet amusant et intéressant petit livre
est écrit par un professeur de théologie pratique, à l'Université de Montréal. Il critique de manière très originale et inattendue la célébration du culte protestant en cherchant à dissuader un ami d'y participer. Nul doute que les catholiques y trouveront nombre de remarques convenant également à leur messe.

En voici quelque pages.

 

Pages 81-84

Le culte comporte une limite, trois risques et cinq dangers.

Une limite d'abord :

L'expérience qu'il propos est toujours imparfaite, seul Dieu pouvant faire goûter la plénitude de l'existence devant lui.

 

Trois risques ensuite:

Il peut échouer  n'exercer aucune influence et ne pas te permettre de faire l'expérience de la vie devant Dieu.

Il peut aller à fins contraires : te donner tout sauf l'envie de vivre devant Dieu.

Il peut enfin exercer une mauvaise influence : te donner à vivre une « mauvaise » existence devant Dieu, c'est-à-dire qu'elle n'est pas celle que défend la théologie réformée.

 

Cinq dangers enfin :

La sacralisation : participe au culte et tu auras l'impression que Dieu n'agit que le dimanche matin dans le culte, seulement au travers des paroles prononcées dans le culte, par gestes accomplis dans le culte, les objets manipulés et les aliments consommés dans le temple, uniquement par les personnes autorisées à célébrer le culte, rien que sous la conduite de ceux qui se sont eux-mêmes investis de cette mission ! Corollaire de cette conception, il suffirait qu'une parole soit prononcée dans le temple, au cours du culte, par une personne autorisée pour qu'elle devienne ipso facto La Parole De Dieu. Or, c'est faux. Ce qui est dit ou fait pendant le culte n'est pas toujours, ni pour tout le monde, la volonté de Dieu. C'est bien pour cela qu'au début du culte, avant la lecture de la Bible et encore au moment de célébrer la cène, les officiants doivent - humblement - demander à Dieu d'envoyer son Esprit sur eux-mêmes et sur celles et ceux qui participent au culte. Rien n'est automatique, rien n'est magique. C'est chaque fois un miracle si des mots et des gestes humains, des objets banals et des nourritures quotidiennes peuvent porter et attester l'amour de Dieu.

L'intellectualisation : participe au culte et tu penseras que ta relation à Dieu dépend d'un savoir que tu pourrais acquérir et retenir. La position assise que tu adopteras, la quantité de paroles - raisonnables, réfléchies, rationnelles - que tu y entendras n'y seront sans doute pas étrangères. Le culte ressemble parfois à un cours magistral, le pasteur à un professeur, et le participant à un élève, pas même à un étudiant.

L'individualisme : participe au culte et tu te demanderas si la dimension communautaire n'est pas accessoire ou facultative ! Les participants sont peu nombreux - bien moins nombreux que ceux qui n'y participent pas. Et même ceux qui y participent semblent parfois n'être qu'une communauté d'individus juxtaposés, sans vécu commun, ni volonté de partage. Hélas, le désir de créer des liens, de faciliter les échanges semble si rare ; le temple n'est pas aménagé pour renforcer la convivialité. Le temps manque pour s'accueillir et se saluer.

Le monologue : participe au culte et tu te croiras dans un one man show pastoral ! Le pasteur y fait tout ou presque. Peu importe la raison : qu'il prenne le pouvoir ou qu'on lui impose cette charge, le résultat est le même. Tout repose sur ses seules épaules : la prière, la cène, la prédication, le choix des lectures bibliques et celui des chants. Il est à la fois prédicateur, liturge et chantre, roi, prêtre et prophète. Bientôt, il sera aussi organiste, boulanger et oenologue ! Quand le culte remplit son rôle, le pasteur peut être fier de lui. Mais quand le culte ne tient pas ses promesses, il n'y a rien ni personne pour rattraper notre pauvre pasteur ! C'est à lui que l'échec sera imputé.

 

Le formalisme : participe à plusieurs cultes et très vite tu seras forcé de penser que l'ordre qui structure le culte ne sert ni à te sécuriser ni à te rassurer, mais à t'enfermer ! Ce n'est pas un bain chaud, mais une camisole de force. Pétrifié dans une forme pourtant contingente, sclérosé par le respect des hiérarchies, étouffé par les traditions à respecter, le culte confine chacun dans une tâche, empêche toute évolution et dépossède toute la communauté - et le pasteur en premier lieu - de sa part de créativité.

Alors, mon cher Maurice, toujours partant pour participer au culte ?

.

 

p. 88

Après vingt siècles de culte chrétien, je crois venu le temps d'un changement radical. Je plaide donc pour un moratoire cultuel : que nos Eglises réformées cessent de célébrer des cultes pendant six ans, au moins le temps que nous ressentions un eventuel - devrais-je écrire un hypothétique ? - manque et que nous cherchions ensemble - paroissiens, pasteurs, diacres et théologiens - d'autres formes de rassemblement communautaire.

 

Bien sûr, ma proposition « abracadabrantesque » a toutes les chances de tomber à plat. Elle risque d'être traitée par l'indifférence. C'est que les enjeux ne sont pas minces ! Car malgré tout, nos Eglises réformées persistent à faire du culte leur raison d'être, les pasteurs y recherchent une bonne part de leur identité, les autorités paroissiales et ecclésiales en font le coeur de la vie de l'Eglise. « Hors du temple pas d'Eglise ! », « hors du culte, pas de pasteur ! » affirment-ils en oubliant les autres activités qu'assument les Eglises et les autres tâches que remplissent les pasteurs : je renonce à les énumérer.

 

 

Retour vers libres opinions
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.