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Le pauvre Lazare
et le mauvais riche


Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ
Université de Californie du Sud


 

traduction Gilles Castelnau

 

9 décembre 2021



Question

En tant que chrétien libéral, comment lire et comprendre la parabole de Lazare et de l’homme riche ?


Luc 16.19-31

 Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.

Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.

Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.

Il s'écria :

- Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme.

Abraham répondit :

- Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.

D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.

Le riche dit :

- Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j'ai cinq frères.  C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.

Abraham répondit :

- Ils ont Moïse et les prophètes ; qu'ils les écoutent.

Et il dit :

- Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront.

Et Abraham lui dit :

- S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.

 

Réponse de Jim Burklo

L’ancienne traduction latine de la Vulgate comprend que le mot « Dives » qui désigne la richesse de l’homme indique en fait son nom. Lazare demande les miettes qui tombent de sa table.

Voici ce que le pasteur Martin Luther King disait de cette parabole :

« Dives est l’homme blanc qui refuse de franchir l’espace que crée la ségrégation entre son frère Noir et sa propre position de citoyen de première classe, car il pense qu’il s’agit là d’une structure naturelle de l’univers.
Dives est l’Indien brahmane qui refuse de franchir l’espace entre son frère et lui parce qu’il pense que le système des castes appartient au fonctionnement naturel de l’univers.

Dives est le capitaliste américain qui refuse toujours de franchir l’espace économique qui le sépare des travailleurs parce qu’il trouve normal que certains vivent dans un luxe extravagant et d’autres dans une lamentable pauvreté.

La faute de Dives n’était pas sa cruauté envers Lazare mais le fait qu’il refusait de réduire l’intervalle d’infortune qui existait entre eux. La faute de Daves n’était pas sa richesse : celle-ci était au contaire une occasion. Sa faute était son refus de l’utiliser pour diminuer la distance extrême entre sa richesse démesurée et la pauvreté révoltante de Lazare. »

Je ne saurais dire mieux que ce commentaire de Martin Luther King. Son langage sonne de manière aussi juste aujourd'hui que lors de son sermon en 1955.

La parabole de Jésus n’était d’ailleurs pas nouvelle lorsqu’il la prononça. Elle figurait déjà dans les textes de l’ancienne Égypte. Et les prophètes d’Israël ont toujours exhorté les riches à aider et à soutenir les pauvres.

Les chrétiens libéraux pourront être déconcertés par l’imagerie de l’enfer (le texte grec parle de l’hadès). Mais il faut noter que le texte ne dit pas, comme le font pourtant les évangéliques d’aujourd’hui, que pour éviter l’enfer il faut « accepter Jésus comme son Seigneur et Sauveur personnel. » Tout ce qu'il faut pour arriver au « sein d'Abraham », c'est de suivre la loi de Moïse et l’enseignement des prophètes. Et le texte ne parle pas d’un « paradis » qui n’est d’ailleurs jamais mentionné dans l’Ancien Testament. Le contexte culturel de cette parabole montre clairement qu’elle ne doit pas être prise pour une description littérale de la vie dans l’au-delà.

Mais les chrétiens progressistes se doivent de la prendre tout à fait au sérieux. Ceux d’entre nous qui en ont les moyens se doivent d’être attentifs aux pauvres et de veiller à ce que leurs besoins soient satisfaits. Et il ne s’agit pas d’une simple attitude de charité mais d’une implication dans le changement des structures sociales et économiques du pays.

 

 


 

 


 


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