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Changement dans la conception chrétienne de notre vie ici-bas



Michel Leconte

théologien,  psychologue clinicien

 



 

 

13 novembre 2021


Les vœux de pauvreté, chasteté, obéissance sont des vœux de renoncement radicaux qui furent longtemps présentés dans l’Église catholique comme un idéal de vie chrétienne parfaite. Aujourd’hui, il ne s’agit plus là que de la poursuite d’un idéal grandiose mais mortifère d’anéantissement de la personne humaine. Ce me parait être la croix sans résurrection et le sacrifice sans la praxis de Jésus.

 

Assez tôt, la spiritualité chrétienne s’est concentrée sur le sacrifice et les souffrances de Jésus sur la croix. Suivre le Christ impliquait donc un renoncement à soi-même le plus radical et parfait possible afin d’accéder à la Vie éternelle dans l’au-delà après la mort. Cette conception reposait, en outre, sur une compréhension erronée de Marc 8, versets 34 et 35 : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix... » Car, de plus, le but de la vie chrétienne étant centrée exclusivement sur le bonheur éternel après notre vie terrestre, celle-ci n’en constituait plus guère qu’une étape préparatoire. Cela ne pouvait donc s’opérer qu’au dépend de notre vie concrète ici-bas et de la dévaluation des choses et des biens terrestres.

 

Ce schéma sacrificiel de la mort de Jésus et de sa résurrection a été profondément mis en cause par la théologie progressiste de la deuxième moitié du XXe siècle.  L’accent a été mis sur la praxis libératrice de Jésus aux dépens de son sacrifice : Jésus n’était pas venu pour souffrir et mourir à notre place afin que le Père puisse pardonner nos péchés, mais, pour nous enseigner une nouvelle qualité de vie et nous révéler l’amour gratuit et inconditionnel de Dieu envers les hommes - la Résurrection étant d’abord la confirmation par Dieu du message et de l’action de Jésus. L’accent a été placé sur l’aujourd’hui de notre vie et beaucoup moins sur une hypothétique vie après la mort. Dès lors, le renoncement à tout ce qui fait notre humanité concrète ne pouvait plus avoir cours.

 

La pauvreté n’est plus à rechercher, mais à combattre. C’est la découverte majeure de la théologie de la libération. La sexualité et le plaisir qu’elle procure sont maintenant considérés comme bons car créés par Dieu et devant procurer un certain épanouissement des êtres humains.  « Avoir la peine de vivre sans plaisir afin d’avoir le plaisir de mourir sans peine » devient une maxime particulièrement abjecte et mortifère. Enfin, si une juste obéissance est bien nécessaire pour réguler nos rapports sociaux, l’obéissance absolue « perinde ac cadaver » ne peut plus être considérée comme un but à atteindre et à rechercher au dépend de notre liberté personnelle.

 

L’Église romaine, dans ses instances magistérielle et sa doctrine officielle ne me parait pas avoir encore pris en compte ce considérable changement de paradigme spirituel.

 

 

 

 

 


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