Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion


 

L'infaillibilité pontificale
et les femmes



Michel Leconte

théologien,  psychologue clinicien

 

 

6 novembre 2021


Cette infaillibilité en matière de doctrine et de mœurs est une idée bizarre ! Quand on pense qu'elle fut promulguée juste après que le pape eut perdu ses états pontificaux et même la ville de Rome ! À défaut de pouvoir temporel, on accroît son pouvoir spirituel en le déclarant infaillible ! Et je crois vraiment que cette doctrine est gênante pour les successeurs de Pie IX car ils se sentent liés par ce qu'ont dit leurs prédécesseurs comme Paul VI qui s'est cru obligé de ratifier « Casti connubii » de Pie XI dans son encyclique sur la contraception « Humanae vitae », et ce en dépit des avis favorables à la contraception de la commission dont il avait nommé les membres.

En 1966, les théologiens de la commission déclarent par 15 voix contre 4 que la contraception artificielle n'est pas intrinsèquement mauvaise et, les 24 et 25 juin 1966, approuvent par 9 voix contre 5 un texte final disant « qu'il leur appartient [aux époux] d'en décider ensemble, sans se laisser aller à l'arbitraire, mais en ayant toujours à l'esprit et à la conscience des critères objectifs de moralité » où l'éloge de la continence périodique est supprimé. Paul VI n'a pas voulu contredire un de ses prédécesseurs.

 

Cette doctrine de l'infaillibilité pontificale est extrêmement conservatrice, elle empêche d'innover et même de réformer. On peut constater que c'est toujours au sujet des femmes qu'elle s'applique par opposition à cette femme irréelle qu'est la vierge Marie.

 

La doctrine de l'infaillibilité pontificale définie lors du concile Vatican I, quoi qu'il en soit de sa plus ou moins grande extension pratique, a provoqué le schisme des Vieux catholiques. Et c'est pour avoir critiqué cette doctrine dans son livre « Infaillible, une interpellation » que le théologien Hans Küng a été condamné par Rome en 1979 et privé de son enseignement. Le problème est qu'il est impossible de remettre en cause cette doctrine car elle a été approuvée lors d'un concile œcuménique. Dans la réalité, elle n'a été utilisée qu'une seule fois : conséquence de la bulle « Ineffabilis deus » promulguée par Pie IX le 8 décembre 1854 pour proclamer l'immaculée conception de Marie ; le pape Pie XII fit usage de son infaillibilité pour promulguer la doctrine de l'assomption de Marie le 1er novembre 1950 par sa constitution apostolique « Munificentissimus Deus ». Ainsi, peut-on constater que le pouvoir devenu infaillible des papes consiste à glorifier encore davantage la vierge Marie. N'est-ce pas quelque peu bizarre   Mais il y a plus.

 

Le refus d'ordonner des femmes prêtres a été déclaré définitif par Jean-Paul II le 30 mai 1994 à la suite de quoi le cardinal Ratzinger, préfet de l'ex Saint-Office, a déclaré que « la doctrine qui prévoit que l'Eglise n'a pas la faculté de conférer l'ordination sacerdotale aux femmes doit être considérée comme appartenant au dépôt de la foi. » Ladite doctrine « exige un assentiment définitif parce qu'elle est fondée sur la parole de Dieu, écrite (où ça ?) constamment appliquée dans la tradition de l'Eglise depuis le début. » Le refus de l'ordination des femmes prêtres découlerait donc de la tradition et d'une lecture fondamentaliste des Écritures est basée sur le fait que le Christ n'aurait choisi que des hommes pour apôtres et que s'il l'a voulu ainsi, c'est valable pour les siècles des siècles. Ce refus, martèle alors le pape Jean-Paul II, fait partie de la doctrine infaillible de l'Eglise catholique, qui lie tous les papes à venir.

 

Glorification de la vierge mère d'un côté, déni d'humanité des vraies femmes de l'autre !

N'est-ce pas bizarre ? Comme si les prêtres ne pouvaient avoir comme épouse (imaginaire) qu'une mère vierge et immaculée et que les vraies femmes ne pouvaient être que des êtres secondaires indignes du sacerdoce ! S'il n'y a pas de l'inconscient psychanalytique là dessous, je change de métier ! Cette configuration me paraît parfaitement illustrer un des aléas possibles du complexe œdipien où lorsque les fils utilisent leur désir pour exprimer leur chaste amour envers une mère sans sexualité, ils dévalorisent les femmes réelles car tentatrices puisque dotées de pulsions sexuelles : « la maman et la putain ». Cette attribution à la Vierge de toutes les qualités imaginables contribuent à faire d'elle une mère phallique, favorisant ainsi le déni de la différence des sexes chez de nombreux ecclésiastique et un déni de la castration symbolique qui s'actualise dans la toute-puissance conférée par l'infaillibilité pontificale et qui n'est pas sans conséquence chez certains prêtres pervers...

 

 

 




Retour vers Michel Leconte
Retour vers "libres opinions"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.