En
Matthieu 19, 28, en réponse à une question
de Pierre, nous pouvons lire : «
Jésus leur répondit : Je vous le dis en vérité,
quand le Fils de l'homme, au renouvellement de
toutes choses, sera assis sur le trône de sa
gloire, vous qui m'avez suivi, vous serez de
même assis sur douze trônes, et vous jugerez les
douze tribus d'Israël. »
De même, les disciples d'Emmaüs affirmaient à
l'inconnu venu à leur rencontre : « nous
espérions qu'il était celui qui allait délivrer
Israël » (Lc 24, 21).
La question se repose en Ac 1, 6. Les exégètes
sont unanimes, Jésus a prêché en paroles et en
actes un royaume terrestre qui ferait suite à
une intervention de Dieu. Que faire de cette
prédication de Jésus dans notre foi chrétienne ?
Les premières communautés et Paul attendait le
retour de Jésus, comment intégrer cela dans
notre foi ?
Cette question m'a longtemps taraudé : dans le
cadre de la promesse messianique juive, Jésus
annonçait un royaume terrestre, mais la pensée
commune en a fait un royaume spirituel ou bien
l'a situé dans un au-delà de ce monde. On est
même allé jusqu'à identifier ce royaume avec
l'Église institutionnelle... Ce faisant, la foi
chrétienne s'est centrée sur une sagesse morale
ou, le plus souvent, sur un arrière-monde, voire
une simple appartenance à l'Église catholique
romaine, évacuant ainsi la praxis terrestre de
Jésus. La résurrection du Christ a été réduite à
être la préfiguration de la nôtre. Comment
pouvons-nous être fidèle à l'objectif terrestre
du Nazaréen ?
La mission de Jésus était soutenue par sa foi en
la promesse biblique et son engagement contre la
violence des rapports socio-religieux de son
temps. C'est Ainsi que ses actes et ses paroles
préfiguraient le Royaume qu'il annonçait. Sa
résurrection par Dieu n'abolit nullement son
parcours terrestre ; au contraire, c'est le oui
de Dieu à sa praxis libératrice. Parce qu'il
accusait l'injustice, la résurrection du
Nazaréen n'abolit pas notre finitude, mais elle
annonce que le meurtre de l'homme n'a pas
d'avenir, et c'est parce que le meurtre de
l'homme n'a pas d'avenir que la mort est
vaincue.
Dès lors, on ne peut plus soupçonner la foi
pascale d'être une illusion du désir car le lieu
de la foi pascale se situe dans la dimension
historique de la parole et de l'action de Jésus.
La foi en la résurrection se présente à nous
comme une dynamique pour transformer les
rapports naturels des humains. Nous sommes ainsi
renvoyés à notre responsabilité. Jésus fait de
Dieu le complice de notre révolte. Nous sommes
invités à nous inscrire dans le combat de Jésus
sous le mode de l'aléatoire et du provisoire
dans l'attente de l'advenue du règne de Dieu.
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