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Pour un christianisme de liberté

 

Michel Barlow


Édition Empreinte

204 pages - 16,20 €


 

recension Gilles Catelnau



31 mars 2021

Michel Barlow est docteur ès lettres et en sciences de l’éducation. Il est également diplômé de la Faculté de théologie catholique de Lyon. Il est devenu protestant, il est prédicateur laïc de sa paroisse lyonnaise, il enseigne, il est vraiment un homme de culture littéraire et théologique.

Justement cet important ouvrage énumère, présente et discute tous les grands thèmes de la spiritualité catholique et protestante qui font problèmes de nos jours.

Il est particulièrement intéressé – et sévère, souvent avec ironie et humour – lorsque les conceptions religieuses qu’il rencontre dans ses nombreuses conversations avec nos contemporains, lui paraissent contourner et même contredire l’esprit de joie et de libération qu’apporte Jésus-Christ.

14 chapitres dont, entre autres :

Christ nous délivre du sacré
Christ nous délivre du surnaturel
Christ nous délivre de la « Religion du Livre »
Christ nous délivre du moralisme pseudo-chrétien
Christ nous délivre du de l’obsession du péché
Christ nous délivre d’une idée scandaleuse de son sacrifice et de la Rédemption
Christ nous délivre de l’idée pseudo-chrétienne du péché originel
Christ nous fait amoureux de l’humanité et du monde

Et pour finir dans une apothéose :

Christ nous délivre... de « Dieu » (du Dieu des philosophes et des savants) !
Christ nous délivre aussi... de lui-même (de l’idole culpabilisante imaginée par certains).

Jusqu’à sa conclusion :

« Et la vérité vous rendra libres ».

En voici trois passages :


Avant-propos

Le christianisme va-t-il imposer ou exploser ?

[...]
Le christianisme va-t-il disparaître dans un avenir proche ou lointain ? Va-t-il imploser ou exploser ? On aurait de bonnes raisons de le penser en considérant le spectacle qu'il donne aujourd'hui, ici ou là. Mais c'est compter sans la formidable puissance de vie et de liberté que recèlent les évangiles. Explorons quelques-unes de ces forces potentielles de renaissance : elles méritent vraiment le détour ! Chacun pourra mener cette visite au fil du texte ou en privilégiant les chapitres qui correspondent le mieux à ses propres interrogations. Mais on n’oubliera pas un instant, au cours de cette promenade, que l'espérance chrétienne n'est pas le rêve consolant de lendemains qui chantent... des cantiques, évidemment - mais la plénitude de sens injectée dans l'aujourd'hui de nos vies !

Et le Christ, « hier aujourd'hui et toujours » est bel et bien celui qui apporte un sens plénier à nos vies - que l'on s'affirme chrétien ou non. C'est lui, le vrai libérateur de l'humanité. Faut-il dire qu’il nous délivre ou qu'il nous libère de toutes nos peurs, de toutes nos paresses de pensée dans le domaine religieux ? J'ai longtemps hésité entre les deux formules. Si j'en crois les puristes (Littré, Adolphe Thomas...), on libère un prisonnier incarcéré sur décision de justice, mais l'on délivre un otage retenu en toute injustice. Dire que Christ nous a libérés des dogmes aliénants et des dévotions étouffantes, ce serait donner une apparence de légitimité à toute cette végétation parasite qui a proliféré sur son message, ce serait faire mine de croire qu’elle en était une traduction fidèle. Il paraît plus juste de dire que Christ nous délivre de toutes ces considérations et pratiques qui l'avaient indûment pris en otage au long des siècles. D'autant que délivrer, si l'on en croit les dictionnaires, c'est aussi « débarrasser d'une gêne », « guérir », « soulager d'un tourment » - la « délivrance », étant l'autre nom de l'accouchement, la venue au monde d'un être nouveau !

 

 

III

Christ nous délivre de la « Religion du Livre »

Il est clair que Jésus n’a jamais voulu nous léguer un écrit sacré qu’il faudrait révérer comme une relique divine. La seule fois où on le voit écrire, c'est sur du sable ! Les évangiles ne sont pas des reportages ni même des mémoires authentifiés des paroles et actions de Jésus, mais des témoignages sur la façon dont les chrétiens de la seconde, voire de la troisième génération après sa mort vivaient leur foi : la façon dont ils méditaient les paroles et les gestes du maitre dont ils avaient décidé de faire le guide de leur vie. L’Évangile comporte sans doute des paroles prononcées telles quelles par Jésus (ses « ipsissima verbas ») comme disent les biblistes), mais dans les évangiles tels qu’ils nous sont parvenus, ces paroles authentiques ont souvent été reformulées en fonction des situations que vivaient les premiers chrétiens. Et n'en déplaise aux lecteurs fondamentalistes de l'Écriture, c'est une bonne chose qu'il en soit ainsi : les témoins de Jésus ne sont pas des magnétophones qui ont enregistré et reproduit fidèlement ses paroles, mais des femmes et des hommes qui se sont efforcés de vivre concrètement de sa Parole et qui nous invitent à faire de même.

Ce que nous apportent les Évangiles, c'est un élan, un appel, une invitation à vivre une vie donnée comme celle de Jésus ; ce n'est pas une parole à vénérer telle quelle, sans y changer une virgule : un texte sacré, Du reste, on le disait à l'instant, si l'on en croit la parabole du Jugement dernier, qu’y a-t-il de sacré, selon le message de Jésus, sinon les humains eux-mêmes ? « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ! » (Matthieu 25,40 et 45). Et, pour mieux solenniser son propos, Jésus le place au cœur d'un texte de style apocalyptique qui évoque la fin du monde ! La conclusion s'impose : la Bible - écho de la Parole de Dieu à travers des paroles d'hommes (et de femmes !) - n'est pas davantage (ni moins) sacrée qu'une personne humaine. C'est une présence vivante, bien qu'elle soit indirecte, relayée par le témoignage des rédacteurs du texte. Mais on parvient cependant à y entendre l’écho de celui qui était lui-même la Parole, le Verbe de Dieu et, dès l'origine des univers, « tourné vers Dieu, Dieu lui-même », (Jean 1,2). La Bible nous fait rencontrer une personne et, comme toute rencontre cordiale, elle se doit d'être source de joie et de liberté.

 


 

V

Christ nous délivre du moralisme pseudo-chrétien

[...]
Le propre du discours moral bien-pensant, c'est qu’il est essentiellement de l'ordre de l'exigence : un lot de commandements et d'interdits à respecter sans discussion. Il est caractéristique qu’à propos des « Dix Paroles » (Déca-logue) de la Loi mosaïque, on parlait alors des « Dix Commandements ». Pourtant, qui lit sans a priori le Décalogue dans le livre de l'Exode ou le Deutéronome y trouve bien davantage des orientations de vie que des ordres menaçants. De ce point de vue, le fameux chapitre 30 du Deutéronome est bien significatif :

« Vois [dit Dieu au fidèle de l'Alliance] : je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur - la mort et le malheur ! [...] Aime le Seigneur ton Dieu, suis ses chemins, garde ses commandements, ses lois et ses coutumes. Alors tu vivras, tu deviendras nombreux, et le Seigneur ton Dieu te bénira [...]. Mais si ton cœur se détourne, si tu n'écoutes pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servit je vous le déclare aujourd'hui : vous disparaitrez totalement [...] J'en prends à témoin aujourd'hui contre vous le ciel et la terre : c’est la vie et la mort que j'ai mises devant vous, c'est la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui. »

À l'inverse de cette invitation à une vie épanouie, le bon peuple chrétien, dans le contexte de la morale bien-pensante, était amené à raisonner en termes de « permis » et de « défendu ». La frontière était nettement définie entre les deux et plus infranchissable que le fameux « Rideau de fer » dressé entre les pays communistes et l'Europe occidentale à l'époque.

Au service de son projet, la morale autoritaire recommandait aux fidèles de pratiquer l'examen de conscience. Mais là encore, les différentes façons de procéder relevaient d'attitudes morales quasiment opposées. Pour les uns, l'examen de conscience était une sorte d'exercice comptable combien de bonnes actions ai-je accomplies aujourd'hui ? De combien de mérites ai-je crédité mon « compte en ciel » ? Et au contraire, combien de mauvaises actions à inscrire dans la colonne des débits ? Pour d'autres, l'examen de conscience était une sorte de certificat de garantie : ai-je aujourd'hui été en règle ? Ai-je bien respecté tous les commandements de Dieu, sans en oublier aucun ?

Heureusement - par exemple dans l'orbite de la spiritualité inspirée par Ignace de Loyola, le fondateur des jésuites – la perspective était plus ouverte : qu'est-ce qui, dans la journée, m’a parlé de Jésus-Christ ? Quels gestes, paroles, attitudes de mon entourage ont été des messages d'Évangile, des signes de Dieu ? Dans le même ordre d'idées, j'ai été émerveillé d'entendre, dans ma paroisse protestante actuelle, une dame confier au cours d'une réunion : « Chaque soir, je recherche dans ma journée trois signes du Royaume de Dieu qui vient, et je ne consens à m'endormir qu'avant d'en avoir vraiment trouvé trois ! »

 

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