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Dimanche des Rameaux

la sagesse des ânes

 

Donkey Wisdom for Palm Sunday


Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ
Université de Californie du Sud


 

traduction Gilles Castelnau

 

18 novembre 2020 

Dites à la fille de Sion :
Voici, ton roi vient à toi,
Plein de douceur, et monté sur un âne,
Sur un ânon, le petit d'une ânesse. (Matthieu 21.5)

Voici, ton roi vient à toi ;
Il est juste et victorieux,
Il est humble et monté sur un âne,
Sur un âne, le petit d'une ânesse. (Zacharie 9.9)

 


Jésus était peut-être humble. Mais depuis quelques mois j’ai appris bien des choses au sujet des ânes et je puis affirmer ceci : Jésus n’était pas humble parce qu’il est entré dans Jérusalem sur un âne, car un âne est un animal aussi noble que n’importe quel cheval.

Depuis 27 ans que je suis marié avec Roberta, elle dit qu’elle désire avoir un âne. Chaque fois qu’elle en parle, je hoche la tête et je souris. Je lui dessine des ânes, j’en peins, j’en fabrique même avec du métal et je les lui donne. Mais son désir ne fait qu’augmenter.
L’année dernière nous avons emménagé dans une propriété de 10 000 m2 au nord de Los Angeles et nous avons finalement pu avoir deux ânes : Sespe et Sisar. Ils proviennent du désert d’Arizona et n’ont encore jamais été apprivoisés ni entraînés. Roberta n’en voulait qu’un mais on nous a dit qu’il fallait en prendre deux car un âne seul risquait de se déprimer.

Ceci explique peut-être un détail très étrange du récit des Rameaux qui dit que Jésus était monté sur deux ânes en même temps. Ce passage de la Bible illustre parfaitement l’absurdité de prendre le texte biblique à la lettre. L’auteur ou les auteurs de Matthieu ont utilisé une citation de l’Ancien Testament où le prophète Zacharie parle de la venue d’un roi sur un âne et sur un ânon. Utiliser des doublets était une habitude poétique des écrits juifs anciens et la Bible montre de nombreux exemples de ces répétitions de mots un peu différents présentant un rythme poétique. Zacharie dans ce passage se référait à un seul animal et non à deux.

Prendre ce texte à la lettre obligerait à penser absurdement que Jésus se livrait à la performance équestre d’entrer dans Jérusalem assis sur deux ânes à la fois ! La marche sur l’eau n’est rien en comparaison d’un tel miracle ! Alors que si on lit le récit des Rameaux en tenant compte de la poésie hébraïque, on y découvre une double sagesse des ânes.

Jésus entre dans la ville non comme un prince terrestre violent mais comme le prince de la paix. Sans doute l’âne – ou faut-il parler de deux ânes ? – avait-il quelque chose à voir avec la paix.

Le croisement d’une ânesse et d’un cheval donne une mule. Un pèlerin espagnol allait, en l’an 1522, à Rome et à Jérusalem monté sur une mule. Il se nommait Ignace de Loyola. Il se refusait à toute richesse et cultivait la lumière spirituelle.
En chemin il rencontra un Maure musulman avec qui il chemina côte à côte. Leur conversation se tourna vers la Vierge Marie. Le Maure était d’accord pour dire qu’elle avait conçu Jésus virginalement mais qu’elle avait naturellement perdu sa virginité lors de son accouchement. Ignace par contre défendait vigoureusement le dogme catholique selon lequel elle est toujours vierge. Ils avaient oublié la règle selon laquelle il ne faut jamais parler de religion ou de politique avec un étranger. Le Maure fit accélérer sa mule et laissa Ignace derrière lui.

Celui-ci était furieux et scandalisé de l’attitude du Maure qui lui paraissait une offense mortelle et inacceptable contre la Vierge Marie. L’honneur de la Vierge devait être défendu à la pointe de l’épée si nécessaire. Que devait-il donc faire ? Le Maure lui avait dit qu’il ferait étape non loin de là. Ignace devait-il donc le rejoindre et le tuer pour le punir de son manque de respect ? Ou devait-il laisser les choses aller ?

Il décida de laisser Dieu diriger lui-même sa mule. Peut-être se souvenait-il de l’histoire biblique de Balaam dont la mule avait été plus que lui sensible à la présence divine et avait vu l’ange que Balaam ignorait (Nombres 22).
Arrivé à un carrefour, Ignace laissa donc les reines sur le cou de la bête : un chemin menait au village où le Maure avait prévu de s’arrêter et l’autre le contournait. Si Dieu conduisait la mule au village, il défendrait l’honneur de la Vierge en tuant le Maure et si Dieu la dirigeait dans l’autre direction, il comprendrait que Dieu voulait laisser l’affaire sans suite.
La mule choisit d’écarter Ignace de cette rencontre dramatique. Ignace n’était certainement pas un prince de la paix, cela est tout à fait clair. Il était plutôt un homme violent. Mais il montait une mule de paix et lorsqu’il fonda l’ordre des jésuites, ce fut l’attitude de paix et de justice qui fut dès lors celle de l’Église catholique.

On dit que les ânes sont têtus. C’est tout à fait faux. Ce sont des animaux intelligents qui ne se laissent conduire par les humains que lorsqu’on leur demande une conduite raisonnable :
- Non, Balaam ! je ne continuerai certainement tout droit alors qu’un ange nous barre le passage avec une grande épée !

Le récit de l’évangile dit que les gens coupaient des branches d’arbres et en jonchaient la route au passage de l’âne (des ânes ?). Les ânes ont une bien meilleure compréhension que les chevaux de l’importance de la nourriture et celui-ci (ceux-ci ?) devaient être intéressés a manger une feuille d’arbre ou deux tout en amenant le Prince de la Paix dans la ville.

C’est la sagesse : Si on veut laisser entrer dans sa vie le Prince de la Paix, il vaut mieux attirer l’Âne de la Paix avec une bonne nourriture !

Depuis que Sespe et Sisar sont entrés dans nos vies, j’ai la grande joie de regarder ma chère femme qui, tous les matins les nourrit avec du foin et de la luzerne. Elle s’assied au soleil dans le champ et les regarde manger devant elle. Ils se sont habitués à sa présence. Au début elle a pu caresser un peu la tête de Sespe, puis ses joues et finalement entre ses oreilles. Sisar était plus ombrageux, mais maintenant il la laisse lui aussi lui toucher la tête.

L’amour est exactement cela : une présence. Des attentions. Et la confiance qui nait de ces attentions. Être là, être avec – pas plus, pas moins.
Quand je vais dans le champ, je leur tends la main, je les laisse la renifler et je reste là, tout simplement, avec eux. Je marche un peu et je les laisse me suivre, juste pour être avec eux.
Ils semblent heureux d’être ensemble et d’être aussi avec nous.
Sespe et Sisar, ânes de paix...

Dans cette paix, dans cet amour, il y a de l’attention. Entrons dans la Jérusalem de notre vie – nos lieux de travail, nos communautés, tout notre monde – et propageons cette paix et cet amour dans nos relations et tout notre système social et économique.

 


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