Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

Le potager de la foi

 

Résister à l’uniformité est le seul chemin qui puisse apporter une joie complète

 

pasteur Serge Soulié

 

blog

 

Ed. la Barre Franche
96 pages, 11 €

 

Recension Gilles Castelnau


12 mars 2021

Ce ne sont pas avec un langage et des symboles religieux, pense Serge Soulié, que l’on touchera nos contemporains et qu’on leur montrera l’esprit de liberté et de dynamisme créateur fraternel de Jésus-Christ. C’est en employant les mots et les images de la vie de tous les jours et en reconnaissant le sens profond qu’ils peuvent prendre dans l’approfondissement de notre humanité.

Serge Soulié est bien malade et il utilise les rémissions qui lui restent pour semer avec son épouse des fèves et des haricots dans son jardin. Les succulentes recettes de préparation qu’il nous en donne, héritées de son frère cuisinier et les petits récits vécus qui l’ont réjoui nous plongent tout naturellement dans une réalité quotidienne dont il sait, en bon pasteur qu’il est, nous montrer la transcendance rayonnante.

Ce n’est pas un catéchisme, dont il dit que personne ne voudrait, mais tous les aspects du monde de l’Évangile trouvent dans ces pages l’occasion d’être heureusement montrés... sous les titres de « les rêves de la grâce », « les haricots de l’espérance », « le navet et l’Évangile » et bien d’autres encore. 18 chapitres en tout.

En voici, sur ce site, deux chapitres entiers
Les fèves de la grâce
Les haricots de l'espérance

Et encore quelques passages significatifs

 

 

Avant-propos

Comme pour mon deuxième livre, mon frère est à l’origine de celui-ci. Habitué à lire mon blog, il était frappé par ma référence aux légumes pour exprimer, à la fois, le contenu de ma foi et ma méfiance à l’égard, sinon des religions, tout au moins du religieux qu'elles se plaisent à cultiver. Chef cuisinier abordant son temps de retraite, il m'a proposé de joindre à mon livre des recettes incluant les légumes cités dans chaque article, des plats qui ont bien marché dans son restaurant. Il a aussi amélioré les fiches écrites par mon épouse, attachée à faire connaitre les spécialités de notre région d’origine, à savoir la Montagne Noire.

[...]

La proposition de mon frère intervenait cinq jours après qu'un ami pasteur, allant régulièrement sur mon blog, me proposait d'écrire un catéchisme parce qu'il avait perçu, à travers mes textes, une théologie pensée et construite, abordant I ‘ensemble des questionnements théologiques. Il me proposa de lire le catéchisme qu'il avait lui-même écrit. Il se trouve qu'après cette lecture, je ne voyais pas ce que je pouvais dire d'autre, tant je me sentais proche de sa pensée. Par ailleurs le terme de catéchisme me paraissait ringard, n’attirant que des chrétiens très convaincus. J'ai toujours veillé, sans toujours réussir, à ce que mes textes et mes prises de parole s’adressent à tous, croyants et incroyants, intellectuels avérés et gens du peuple. Une manière pour moi d’éviter toute hiérarchisation mettant une catégorie de la population sous tutelle d'une autre. Exposer ma pensée à travers des moments vécus m'a semblé alors la meilleure manière d’être compris et susciter de l’intérêt.

Avec un peu d'humour, il fut décidé que le livre aurait pour titre « Le potager de la foi » pourvu que l’on retrouve dans chaque récit au moins un légume. Il faut parfois s'aider d'artifices pour avancer !

Chaque récit s'appuie sur des faits réels vécus. Les personnages sont des proches parmi la famille, les amis ou des personnes suivies en entretien clinique. Prenons l'exemple du récit sur les pissenlits : la personne en question est tout simplement ma grand-mère maternelle. Le bambin de cinq ans, son petit-fils, c'est moi. Et j'ai bien semé des graines de haricots un peu partout dans le champ. Le souvenir est vague mais l’histoire a fait le tour de la famille. Elle est vraie. Cette grand-mère cherchait à se nourrir de tout ce que donne la nature, elle privilégiait les chicorées, les poireaux sauvages et autres herbes dont je ne connais le nom qu'en occitan sans trouver de traduction. Par exemple les « nissoïs » qui sont des plantes à gros tubercule au goût noisette. Elle les mangeait cuits ou crus selon les repas. Elle mangeait à peu près tous les champignons qu'elle trouvait.

Ces données rassemblées, il fallait construire un récit pour donner du sens à tous ces petits faits. Le récit n'est pas une invention, une fantaisie. Il est une mise en ligne de ce qui s'est passé, selon la compréhension de celui qui écrit. Remarquons qu'il en est ainsi des récits de la Bible. Ce ne sont pas des reportages de faits réels. Ce sont des perceptions de ces faits et du sens qu'ils peuvent prendre dans des situations différentes.

Lorsque les théologiens parlent du Jésus de l ‘histoire, il s'agit de l'homme que l’on peut retrouver travers tous les événements rapportés dans les Evangiles. Le Christ de la foi représente cette compréhension que les auteurs ont eue de la résurrection. Mourir sur une croix à l’époque était tout à fait possible, ressusciter était plus difficile à accepter. C'est pourquoi il n'est pas utile de chercher la véracité des événements, mais de chercher ce que l’évangéliste a bien pu ressentir et essayé de transmettre. Le récit est une construction, sur laquelle va s'appuyer une manière de vivre, de comprendre et de croire pendant un long temps.

 

Pour conclure : la foi… c’est quoi

La foi, une puissance de vie
[...]
Il est impératif de se tourner vers le réel. Il nous enseigne ce que les mots perçus uniquement comme religieux, peuvent avoir d'utile dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, ces mots nous aident à découvrir ce que vivait le Jésus des évangiles, tout en nous évitant de l’enfermer dans le monde des dieux, monde auquel l'humain n'a aucun accès sinon celui de son imagination. Ici le mot foi en est un exemple parlant. Sortons-le de la religion et découvrons que la foi concerne la vie. Elle n'est plus un attribut de la religion. Elle désigne la force vitale dont chacun peut être investi à un moment de son histoire.

Du monde illusoire au monde réel
[...]
Au cours des siècles, l’église a construit un monde artificiel, auquel elle se réfère pour expliquer et justifier ses actes et ses paroles. Pour combler l'écart entre la réalité vécue et le réel possible, elle a mis en place des symboles, qu'elle utilise sous le nom de sacrements. Ils sont au nombre de sept dans l’église catholique. Ces symboles ne sont plus compris actuellement. Ils avaient un sens dans un monde magique où les connaissances scientifiques faisaient défaut ou étaient encore bien basses.

Aujourd'hui, ce monde n'est plus crédible. Nous vivons tous dans le monde de la science. Y compris les chrétiens. Il y a eu des tentatives pour revenir au réel. La Réforme a été la plus importante. Elle a été jusqu'à remettre en cause les symboles tels le baptême ou I ‘eucharistie, auxquels elle a donné un sens nouveau, plus proche de la réalité. C'est ainsi que le pain de la cène reste pain et le vin reste vin. Elle a déclaré certains de ces symboles non opérants, comme l'extrême-onction.

Dire que ce n'est ni le baptême, ni les prières, ni les bonnes œuvres qui sauvent c'est prendre le réel au sérieux.

Il ne s'agit pas ici de laïciser des valeurs chrétiennes pour expliquer le recul de la religion. il s'agit de rendre au domaine du réel, ce qui a été confisqué par les religions pour garder la main sur la vie en général, en créant un monde entièrement fictif fait de croyances présentées et prêchées comme étant la réalité, et incluant les moments les plus importants de la vie : naissance, relation à Dieu et aux autres, mariage, décès…

Il ne s'agit pas pour nous de discréditer les affirmations fortes de l’église, mais de les replacer dans le contexte de la vraie vie, celle vécue par la plupart de nos concitoyens. Le divin, le péché, la grâce, le pardon... vont enfin pouvoir concerner tout le monde. Pour le citoyen actuel, ces mots n’ont plus de sens parce qu'enfermés dans un contexte religieux. Sortons-les de leur contexte religieux et nous retrouverons les valeurs essentielles des évangiles, valeurs que nous avons bien du mal à percevoir en regardant vivre l’église actuellement. Ces mots arrachés aux institutions religieuses reprendront du sens pour l'humanité entière. Ils permettront qu’émerge une religion renouvelée et universelle.

Nous minimisons, ou oublions, trop souvent combien Jésus, comme la plupart des prophètes, a été condamné par les prêtres et les religieux, autrement dit par la religion et ses institutions. Jésus n’avait pas le projet de créer une nouvelle religion qui s'appellerait christianisme. Il a mis en route des actes et des paroles assurant une vie libre, paisible et heureuse pour tous.


Retour vers Serge Soulié
Retour vers "libres opinions"

Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.