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La gloire de Dieu

 

Exode 33.12-23


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

22 janvier 2021

Il y a dans la Bible quelques dialogues très passionnants. L’un de ceux qui me paraissent le plus intéressant met en scène une discussion entre Moïse et Dieu.
Ce dialogue se situe à un moment-clé de l’histoire du peuple d’Israël.
Le peuple vient juste de vivre l’épisode traumatisant du veau d’or ; Dieu menace de retirer sa présence, Moïse se sent trahi et abandonné, abandonné de Dieu et du peuple, il est découragé, il ne sait pas comment continuer. Il aurait besoin d’un sacré coup de pouce ou, plutôt, un coup de pouce sacré !
Dans son désarroi, Moïse s’adresse alors à Dieu.
Voici ce dialogue :

Exode 33.12-23
Moïse dit à l’Eternel :
-  Ecoute, tu me demandes de conduire ce peuple, mais tu ne me fais pas connaître qui tu enverras pour m’accompagner ! Pourtant tu m’avais dit :
« Je t’ai choisi personnellement et tu jouis de ma faveur. »
Eh bien ! Si réellement j’ai obtenu ta faveur, veuille me révéler tes intentions et fais-toi connaître à moi. Alors j’aurai vraiment ta faveur. Et puis, considère aussi que cette nation-là, c’est ton peuple !
Dieu répondit :
-  Je marcherai moi-même avec toi, et je te donnerai une existence paisible.
Moïse reprit :
-  Si tu ne viens pas toi-même avec nous, ne nous fais pas quitter ce lieu. A quoi reconnaîtra-t-on que j’ai obtenu ta faveur pour moi et pour ton peuple, sinon si tu marches avec nous, et si nous sommes ainsi distingués, moi et ton peuple, de tous les autres peuples sur la terre ?
Alors l’Eternel répondit à Moïse :
-  Parce que tu jouis de ma faveur et que je t’ai choisi personnellement, je t’accorde aussi ce que tu viens de me demander.
Là-dessus Moïse reprit :
-  Permets-moi de contempler ta gloire !
Et Dieu lui répondit :
-  C’est ma bonté tout entière que je veux te montrer et je proclamerai devant toi qui je suis. Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié.
Mais tu ne pourras pas voir ma face, car nul homme ne peut me voir et demeurer en vie.
L’Eternel dit encore :
-  Il y a ici un lieu tout près de moi ; tiens-toi debout sur le rocher et quand ma gloire passera, je te mettrai dans le creux du rocher et je te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos, car personne ne peut voir ma face.

« Seigneur, fais-moi voir ta gloire ! 
Montre-moi quelque chose de grand, quelque chose d’éclatant ! Rassure-moi, Seigneur, donne-moi un signe, fais passer ta gloire extraordinaire devant mes yeux afin que je sache que le Tout-Puissant est avec moi ! »

Moïse a besoin de voir de voir un signe grandiose, il lui faut quelque chose de glorieux.
Plus le quotidien est sombre et déprimant, plus grand est le besoin ou le désir de voir des choses magnifiques…
Moïse n’a pas oublié le faste de la cour de Pharaon ; l’or, les perles précieuses, les mets raffinés, les statues somptueuses, tout cela est nécessaire pour assoir et confirmer la gloire du Pharaon et celle des dieux de l’Egypte.

Aux yeux des hommes, aux yeux de Moïse – et à nos yeux aussi, il faut bien le dire – gloire rime avec grandeur, splendeur, honneur, richesse, puissance, domination politique, militaire et économique, - aussi avec célébrité, luxe, palace, prestige, feux d’artifice ! Et pour les chrétiens, gloire rime avec miracles et prodiges, avec méga-église à l’américaine... bref, nous partageons, pour la plupart d’entre nous, la même conception humaine de la gloire.

« Seigneur, fais-moi voir ta gloire ! » La réponse de Dieu est splendide et quelque peu surprenante. Dieu se place à l’opposé des conceptions humaines, il renverse le jeu. La gloire de Dieu est sans gloire, sans gloire humaine. Dieu nous prend à contrepied.

Que répond Dieu à Moïse ? « Mets ton casque et ta visière, accroche ta ceinture, ouvre-bien grand les yeux et les oreilles, et accroche-toi, tu vas voir ce que tu vas voir ! » ???
Non, Dieu dit :
- « C’est ma bonté tout entière que je veux te montrer. »
La gloire de Dieu, c’est sa bonté, sa bienveillance, sa patience, sa douceur – j’allais presque dire, la gloire de Dieu, c’est son « humanité ».

La gloire de Dieu – comme nous le voyons chaque année à Noël – c’est un bébé fragile et vulnérable dans une crèche.
La gloire de Dieu, c’est cet enfant, ce fils, ce fils de Dieu, ce fils de l’homme, comme il l’aimait qu’on l’appelle,
- cet homme qui s’agenouille devant le lépreux et le prend dans ses bras,
- cet homme qui rencontre l’impur exclu et possédé par le mal,
- cet homme qui parle à la Samaritaine méprisée,
- cet homme qui se laisse laver les pieds par une prostituée et qui, à son tour, lavera les pieds de ses disciples, même ceux de celui qui allait le trahir...

La gloire de Dieu, c’est aussi la croix, non pas dans le sens de la souffrance – il n’y a aucune gloire dans la souffrance – mais dans le sens de celui qui est allé jusqu’au bout de sa mission, même et surtout quand celle-ci finit dans ce qui semble un échec aux yeux des hommes... oui, la gloire de Dieu passe parfois par ce qui parait être une défaite.
La gloire de Dieu, c’est aussi la résurrection, qui s’est passée dans le silence le plus absolu, pas de trompette, pas d’orchestre, mais avec la vie qui triomphe de la mort, mais avec la vie qui continue au-delà des apparences…
La gloire de Dieu, c’est la vie, c’est l’homme vivant. Et comme l’a dit, au 2e siècle Irénée de Lyon, « la gloire de Dieu, c’est l’homme debout ».
Et c’est exactement ce que Dieu dit à Moïse : « Tiens-toi là debout sur ce rocher. »

La gloire de Dieu, c’est de relever celui qui est couché, consoler celui qui est abattu, encourager celui qui n’en peux plus.
Et puis Dieu continue :
«  Quand ma gloire passera, je te mettrai dans le creux du rocher et je te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos, car personne ne peut voir ma face. »

Le creux du rocher, cela nous rappelle Elie, prophète en fuite, prophète dont la tête est mise à prix, un prophète déboussolé et ébranlé, un prophète qui, lui aussi, du fond de sa grotte, demande un signe. On connait ce fameux et beau passage qui nous dit aussi quelque chose de la gloire de Dieu :
« Dieu n’était pas dans la tempête, Dieu n’était pas dans le feu, Dieu n’était pas dans le tremblement de terre, mais dans le souffle doux et léger de la brise du soir. » (1 Rois 19). Dieu est comparé à une légère brise du soir... Voilà de quoi nous faire réfléchir quant à notre conception de Dieu...

« Je te mettrai dans le creux du rocher. »
Oui, il y était, Moïse, dans le creux du rocher, dans le creux de la vague, dans le creux du découragement, dans le creux de la solitude, et Dieu est venu à sa rencontre :
« Je te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que j’aie passé.  Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos, car personne ne peut voir ma face. »

L’Evangile de Jean nous le dit aussi : « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils, Jésus-Christ, nous l’a révélé. »
Connaître Jésus, c’est connaitre Dieu ; rencontrer Jésus, c’est rencontrer Dieu, voir la face de Jésus, c’est voir la face de Dieu.
De même que chaque homme, chaque femme, est créé à l’image de Dieu et si l’on prend le temps de mettre de cotés toutes les craintes et tous les préjugés, on verra dans le visage de notre prochain quelque chose du visage de Dieu. La gloire de Dieu n’est pas visible dans le face à face avec Dieu, mais elle est perceptible dans les yeux de celui ou de celle qui est en face de moi.
La gloire de Dieu, elle peut aussi se voir ailleurs que dans le visage de mon prochain, elle peut être rendue visible quand :
- l’amour est sincère,
- quand l’amour fraternel s’exprime par des actes et des paroles de bienveillance et d’entraide,
- quand la bénédiction remplace la malédiction,
- quand on partage la joie et la peine des autres,
- quand l’humilité et la simplicité sont les marques de nos relations mutuelles.

La gloire de Dieu, ce n’est pas l’église triomphante, ni son contraire, c’est-à-dire l’église courbée et silencieuse, mais la gloire de Dieu, c’est l’église rayonnante, une église qui chante, une église qui vit, une église qui marche dans les pas de Jésus-Christ !
« Seigneur, fais-moi voir ta gloire ! »
Moïse n’a rien vu, rien entendu, mais il a su, il a compris que Dieu, mystérieusement, était là avec lui.

« Seigneur, fais-moi voir ta gloire ! »
Et Dieu répond : Regarde à Jésus, regarde dans les yeux – dans le cœur – de ton frère, de ta sœur, et de ton prochain, et là, si tu prends le temps de voir, tu la verras, ma gloire...

Amen !



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