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Aquilas et Priska

Témoins infatigables


Francis Willm

pasteur de l'Église protestante unie

 


éd. Lulu.com
246 pages

 

recension Gilles Castelnau

 

Voir aussi de Francis Willm
Aquilas et Priscilla
 (2e tome)
Priscilla et Aquilas
(1er tome)



13 janvier 2021

Le pasteur Francis Willm exerce une verve et un talent inimitable pour nous faire pénétrer dans la vie du monde gréco-romain du 1er siècle de notre ère en compagnie des premiers chrétiens et de leur entourage. On participe ainsi avec eux a la réalité quotidienne de leur existence, aux péripéties de leur voyage, à leur découverte de la ville de Rome, de Naples, de Pompéi puis de Nîmes où l’on parvient par la fameuse via Domitia qui longe aujourd'hui l’autoroute.

Cette initiative de Francis Willm a connu un tel succès que c’est ici le troisième tome qu’il nous offre de ces aventures sympathiques et colorées. En les dévorant comme on le ferait d’un roman, on entre avec beaucoup de naturel dans la composition même des écrits du Nouveau Testament : on rencontre même à Rome dans ce tome l’évangéliste Luc achevant son évangile et les Actes des Apôtres !

Et ce faisant on découvre la naissance de la nouvelle vie spirituelle du christianisme, telle qu’elle s’est sans doute produite et qu’en bon pasteur, Francis Willm nous présente de manière fort édifiante.

En voici quelques passages

 


Rome

Le voyage
Tout en bavardant ils rejoignent leur bateau. La réparation a être faite et ils pourront repartir dès le lendemain matin. Comme l'a annoncé Aquilas, quand la nuit est totale, ils cherchent à voir le sommet de l'Etna. André leur a indiqué la direction. Heureusement aucun bâtiment ne gêne la vue et ils sont émerveillés par le spectacle, pourtant très lointain. Le sommet lui-même est éclairé par une sorte de grande flamme qui se dresse vers le ciel, cachée de temps à autre par des volutes de fumée. Etant donné la distance, André leur dit que cette torche fait au moins deux fois la longueur du bateau.

- Mes amis, c'est de la roche fondue, de la lave qui jaillit des entrailles de la terre. En retombant elle forme des rivières qui s'écoulent plus ou moins loin, parfois jusque dans les villes !
Ce sont les dieux, Vulcain et les autres, qui trafiquent là dessous !
- Mais non, s'écrie Aquilas, tu ne peux pas croire ça, cher André. Tu connais sans doute le fameux penseur grec Aristote. Il avait des explications scientifiques pour presque tout. Je ne sais pas ce qu'il a dit à ce sujet, mais tout s'explique, mon cher ami !
-  Oui, oui, je ne suis pas loin de penser comme toi. C'est pourquoi ta religion me satisfait plus que nos religions romaine ou grecque.
- Mais vous savez, les terres autour de cette montagne sont extrêmement fertiles. Merci Vulcain, n'est-ce pas ? dit Aquilas en riant.
- Merci la nature, corrige Priscilla avec un petit sourire I ironique.

 

Rome

- Eh bien ! interrompt Priscilla, mon père aussi était sénateur et a été assassiné, sous Claude ! Ma mère, Paulla, habitait une villa au pied du Mont Palatin, mais elle est décédée après une grave maladie, puis sa maison a été détruite dans l'incendie de Rome. Nous sommes à la recherche de mon frère et de ma sœur. Caius Justus a bien remarqué la belle prestance de Priscilla, suggérant une origine patricienne.
- Vous savez où chercher ?
- Oui un ami, ancien légionnaire, nous a dit que mon frère réside près de Neapolis, mais actuellement il est en voyage en Egypte. Et ma sœur serait à Nemausus, car elle a épousé un Gaulois.
- Nemausus ! Mais je connais ! La municipalité de cette belle ville cherchait un architecte qualifié pour faire les plans d'un amphithéâtre. Nous sommes plusieurs sur cette affaire, et nous avons pu voir déjà sur place les différentes possibilités. J'ai donc assez souvent l'occasion de m'y rendre, ce n'est pas compliqué, par bateau.

 

 

Nemausus

La fin du séjour

- Tu as dit quelque chose de curieux tout à l'heure, dans vos présentations : tu as parlé d'un dieu, et tu as même dit « notre dieu ». Je sais, mon cher cousin, que tu ne crois pas à grand-chose, mais explique-nous ça... Aurais-tu trouvé une nouvelle religion, ou un dieu particulièrement efficace ?

Il est ironique ! Alors Brice se tourne vers Aquilas et lui fait signe d'expliquer, car il ne sait pas bien comment s'y prendre, le sujet est délicat ! On ne sait pas comment son cousin et sa famille vont accepter cette conversion… Il ne veut surtout pas les fâcher. Alors Aquilas, après une prière éclair dans sa tête, raconte toute la dimension spirituelle de leurs voyages, dont il n'avait pas parlé pendant les premières présentations. Le petit groupe s'est arrêté et Bitius, avec son épouse, écoute attentivement. C'est une surprise totale ! D'autant plus quand il apprend que presque toute la famille a adopté ce nouveau Dieu !
- Vous me voyez stupéfait. Je n'arrive pas à y croire. Non pas à votre dieu, mais à toute cette histoire ahurissante. Et pourtant je constate en vous, qui êtes de ma famille, un changement certain. Tu sais, Brice, que je ne suis pas particulièrement croyant, pas du tout même, comme tu l'es toi-même, enfin comme tu l'étais ! Mais ma femme, Caranta, consulte toujours nos divinités gauloises. Je ne sais pas si ça lui apporte grand-chose...
- Mais si, ça m'apporte, s'écrie-t-el1e, ça me rassure. J'y trouve quelques points de repère...
- Bon ! On ne va pas vous convertir, dit Brice en riant, du moins pas maintenant ! Mais quand tu viendras à Nemausus, passe à la maison, et nous parlerons de tout ça. Et puis tous les solis dies, le soir, nous avons chez Paullus un office religieux, une prière en somme. Si ça t'intéresse, tu pourras venir voir, et Caranta aussi bien sûr.
- Car dans notre façon de croire, précise Aquilas, nous sommes tous égaux devant Dieu, hommes et femmes, libres et esclaves !
- Bon ! Eh bien ! nous venons tout ça, nous allons y réfléchir avec Caranta.
Là-dessus le petit groupe rentre à la maison pour une collation préparée par les esclaves. Brice fait une proposition :
- Pas loin d'ici on peut voir un site remarquable : la Via qui relie Nemausus à Tolosa franchit le Vidosolis (l41) sur un immense pont, chef d'œuvre de construction comme seuls les Romains savent en faire. Je suis sûr que cela vous intéressera.
- Oh oui ! s'écrie Priscilla, toujours aussi spontanée.

Par une route assez bonne ils ont vite fait d'arriver sur le site, en pleine campagne, dans une large vallée entourée de collines boisées. Bitius les précède sur un cheval blanc. Et 1à, enjambant le fleuve, un immense pont d'une vingtaine d'arches s'offre aux regards admiratifs des promeneurs. Des charriots vont et viennent, transportant pour la plupart des marchandises. (142)

141 - Le Vidourle, fleuve qui se jette dans la mer au Grau du Roi. Tolosa : Toulouse.
142 - Aujourd’hui seules sept arches restent visibles. La ville de Sommières a été construite au Moyen Age sur les autres arches, certaines étant encore visibles sous les maisons. Mais les constructions et villages s’étant multipliés le long du Vidourle au cours des siècles, le cours naturel en a été perturbé et les inondations peuvent être catastrophiques, l'eau montant jusqu'au troisième étage des maisons, comme en 2002, submergeant même le pont, qui résiste depuis vingt siècles !

 

 

La baie de Néapolis

 

De Rome à Pouzzoles

Arrivés à Ostie, ils décident finalement de rejoindre Rome. Après une nuit sur place dans l'auberge qu'ils ont déjà fréquentée, ils arrivent le lendemain à Rome en début d'après midi et se dirigent d'abord vers la maison de Luc. C'est une grande surprise pour le missionnaire qui n'avait pas eu de nouvelles des voyageurs depuis deux mois. Aussitôt il envoie un serviteur avertir quelques fidèles de la communauté et propose une réunion pour le lendemain matin. Naturellement la soirée se prolonge avec les récits enthousiastes de Priscilla et Aquilas. Luc est heureux de voir le bonheur de ses chers amis.
- J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer, déclare-t-il soudain. C'est le cas de le dire : mon livre, la Bonne Nouvelle du Fils de Dieu, est terminé !
- Ah ! C'est magnifique, s'écrie Priscilla ! On peut le voir ?
- J'ai encore quelques corrections à effectuer, vous le verrez à votre retour, si vous repassez par Rome.
- Alors donne-nous quelques détails ! Comment ça commence et comment ça finit ?
- Je ne vais pas tout vous raconter. Encore une fois, vous le savez, ce n'est pas une biographie de Jésus, ou de Paul, ou de Pierre. Le but est de donner une catéchèse simple aux Eglises de notre époque, surtout celles fréquentées par des chrétiens venant du paganisme. Ce sont elles que je connais le mieux. Vous le savez bien, je suis un scientifique, et je me suis bien renseigné sur tous ces évènements. J'en ai tiré des enseignements capables de fortifier nos assemblées et de les encourager à témoigner de la Bonne Nouvelle.
- Marc l'a déjà fait, à sa manière, interrompt Aquilas.
- Oui, d'ailleurs je m'en suis pas mal inspiré, mais j'ai utilisé d'autres sources, souvent très diverses. J'ai même pu discuter avec Matthieu, quand je suis allé à Jérusalem, car il écrit lui aussi un livre sur Jésus ! Il possède déjà pas mal de textes et de traditions qu'il utilise avec discernement.
- A Ephèse, dit Aquilas, nous avons rencontré avant de partir Johan, qui a le projet lui aussi d'écrire quelque chose ! (144) Mais en parlant avec lui, je me suis rendu compte que ses intentions et ses sources sont différentes de celles de Marc et des tiennes.

 

(144) L’Évangile de Jean, qui paraîtra à la fin du premier siècle.



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