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Vers une espérance commune


Petit précis à l’usage des hommes d’aujourd’hui

 

Gilles Cosson

 

Ed. Pierre-Guillaume de Roux

 

256 pages, 18 €


Recension Gilles Castelnau

 

Voir sur ce site : Gilles Cosson
Et Rome s'enfonça dans la nuit
Cinq femmes


11 janvier 2021

Gilles Cosson observe le monde, sa propre vie et la vie des hommes, leurs espérances. Il comprend l'angoisse que l'on peut avoir à l’idée de se trouver faible, vulnérable et sans soutien de la part des grandes religions dont il constate l’obsolescence de l’enseignement et le vide qu’elles laissent autour d’elles.
Il réfléchit paisiblement et intelligemment à tout cela et... nous montre son projet, la manière dont il nous propose de reconstruire intelligemment notre spiritualité. Son idée est de repenser Dieu en tenant compte de notre actuel état d’esprit critique et basé sur la vision que la science nous donne désormais du monde et du cosmos.
Tout cela est juste, bien vu et présenté avec tant de verve que nous sommes volontiers entraînés dans son mouvement : on ne peut qu’approuver tout ce qu’il dit.
Nul doute que les lecteurs de cet essai le liront avec plaisir et intérêt, auront immédiatement le désir de le partager avec leur entourage et... s’en réjouiront.

En voici des passages significatifs.

 


Jalons pour une espérance commune

L'approche rationnelle de la spiritualité

Double nature de l’être humain

Rappelons qu'en matière de spiritualité, deux chemins principaux s'ouvrent :

. Le premier consiste à enseigner un dogme indiscutable par essence, car reçu directement d’En-Haut Dans ce cas, la raison est absente et la discussion impossible. Comme le dit très bien Renan :

« Dans l'ordre moral et religieux, il est indispensable de croire sans démonstration ; il ne s’agit pas de certitude, il s'agit de foi… » ( 1 )

Telle est bien la voie suivie par les religions révélées, une voie qui a pour elle la force de la conviction, mais qui prédispose à de terribles errements. Les siècles peuvent passer, les querelles entre systèmes de pensée continueront de plus belle, pour ne pas parler des guerres entre vrais croyants de tous bords;

. Le second consiste à offrir à chacun un sentier balisé, mais sans credo, qui permette de s'approcher du divin, par la prise de conscience intime de son appartenance au monde invisible. L'itinéraire spirituel correspondant, avant tout voie de recherche, n'a pas la prétention d'abolir les enseignements traditionnels, même s'il n'est pas sans lien avec ce qu'il serait sans doute possible d'appeler le « tronc commun » des diverses religions ou philosophies d'essence religieuse...

[...]

L’approche rationnelle ne peut déboucher que sur une morale

Comme le disait Emmanuel Berl ( 2 ) parlant de la conquête de l'espace :

« Nous persévérons à vouloir la conquête des espaces intersidéraux, et n'y persévérerions pas moins si nous savions qu'elle devait s'avérer vaine. Ce voyage au bout de soi-même fait toute la valeur des cultures et des personnes... »

Certes, ces nouvelles frontières ne concerneront au départ qu'un nombre infime d'êtres humains, mais elles entraîneront un changement de perspective pour l'humanité toute entière. Car devant pareils défis, les repères s'effacent. On voit mal nos descendants, face à des êtres « améliorés», invoquer Jésus-Christ, Mahomet ou Bouddha, sinon au plan de leur fulgurance individuelle. La conscience de leur appartenance commune au genre humain face à l'immensité des questions posées ne peut que l'emporter sur leurs ascendances religieuses. On les voit plus mal encore, lorsque la Terre ne sera plus qu'un point dans le vide sidéral, se tourner vers La Mecque, ou exiger du pain azyme. Et même si cette éventualité est encore lointaine, elle est utile pour mettre en lumière la situation d'aujourd'hui.
Si l'humanité dans son enfance a éprouvé le besoin de s'appuyer sur des convictions révélées, si l'anthropocentrisme a marqué ses représentations de l’univers, il lui appartient maintenant d’entrer dans l'âge adulte en définissant une démarche ouverte dans sa méthode et épurée dans ses exigences.

 


L’approche intuitive : une expérience personnelle

Épreuves
Une nuit, au milieu de ce désordre, surgit sans s’annoncer une vision éblouissante. Elle est si belle cette vision, qu'elle ne saurait être expliquée. La mettre en forme reste en revanche une possibilité. L’inspiration de ce jour-là est-elle ridicule ou méprisable ? Chacun en jugera...
Voici donc ce message :
[...]

Je suis au-delà de la perception de toutes les créatures
Car je suis le Créateur et l’Univers créé
Je suis le Tout et le Rien
Le temps et la matière
La lumière et la nuit
Le bien et le mal
Je suis l'espoir et le désespoir
Je suis mon propre dessein qui t'est pour toujours étranger Tout cela je le suis et davantage encore.

 


Vers la réconciliation

Une méthodologie : l’intériorisation critique
Rien de ce que nous allons proposer n’est accessible sans un retrait au plus profond de nous-mêmes, dans les abysses où se posent les questions les plus redoutables.

Pourtant, au moment même où nous nous immergeons dans les gouffres de notre inconscient, nous devons conserver notre regard critique, douter de cela même à quoi nous aspirons de toutes nos forces. Nous devons, pour utiliser une métaphore, nous enfoncer toujours plus avant dans notre océan primitif en gardant les yeux ouverts.
[...]

 

Quelle transcendance pour le monde d’aujourd’hui ?

. L’insoutenable absence

Le silence s'est fait. Dans l'infini des mondes, l'esprit s'inquiète. Sommes-nous abandonnés ? Devons-nous vivre et mourir sans espoir d'aucune sorte ?
Oui, le mutisme du ciel est insupportable.
[...]

Résonne ainsi depuis toujours l'éternelle complainte des hommes, celle qui a généré tout au long de l'histoire maîtres et disciples. Le savoir et la technique n'ont rien changé : l'homme nu se tourne vers l’invisible pour crier sa détresse. Mais il a du mal aujourd'hui, en Occident tout au moins, à se contenter des révélations traditionnelles qui lui sont proposées.

 

. Questions et réponses

Créatures intelligentes de tous les univers pensants, vous vous interrogez sur votre destinée, vous lui cherchez une cause et un aboutissement que vous ne trouvez pas... Mais réfléchissez : votre interrogation ne crée-t-elle pas l'Être que vous appelez de vos vœux ? N'êtes-vous pas en train, par votre interpellation même, de Le « nommer », de Le faire sortir de ce néant qui vous fait si peur ? Ne L'engendrez-vous pas en dehors de l'espace et du temps par votre requête ? Ne faites-vous pas d'une certaine manière « descendre » Dieu vers vous en tentant de vous élever vers Lui ? Si l’Univers pense à divers niveaux de connaissance, n'est-ce pas aussi à travers vous ? N'êtes-vous pas dépositaires d'une partie de la conscience divine ? Pourquoi auriez-vous été créés, si ce n'est pour illustrer, au niveau de votre pensée, la conscience du « Soi en Soi ».

 


Quels peuvent être dès lors les commandements de notre temps ?

Méditer, faire silence, prendre conscience de notre appartenance essentielle à l'Univers, écouter vivre en nous la part divine, se tourner vers l'Éternité qui est en nous et non vers le bruit du monde, aller de l'avant avec résolution en sachant rester humble, tels sont pour moi les commandements de ce temps.

 

 

 

Insertion dans la panorama actuel : vers une espérance commune

Les prières que véhiculent les diverses traditions possèdent la noblesse des siècles. Aujourd'hui, elles nous réconfortent comme par le passé et il n'est nulle gêne à nous en réclamer. Être né chrétien, musulman, juif, bouddhiste ou taoïste est un honneur que nous pouvons et devons reconnaitre. Le sentiment d'appartenance à une communauté de croyants est de plus pour les fidèles un réconfort fondamental.
N'oublions pas la beauté des cérémonies, baptêmes, mariages, enterrements, tous ces rites qui, en donnant aux événements de la vie quotidienne une touche de sacré, ont permis et permettent toujours aux hommes de franchir les étapes l'espoir au cœur. Notre époque demande un pas en avant du même ordre. Pourquoi ne pourrait-on se dire chrétien, musulman ou taoïste en même temps qu' « universaliste », néologisme qui décrit bien l'élan vers une nécessaire unité commune ?

 

Une obligation pour terminer : sortir de la passivité

Je reconnais que s'affronter aux divers intégrismes demande un courage hors du commun, surtout lorsque l'on profite de tous les avantages d'une situation acquise : il est toujours confortable d'être commandeur des croyants ou gardien des Lieux Saints. Le peuple des croyants ne saura aucun gré à celui qui secouera le socle même de ses habitudes de pensée, souvent confondues avec une appartenance quasi tribale à sa communauté. Mais c'est pourtant bien cette attitude qui sépare le courage du confort intellectuel.
[...]

Il faut pourfendre sans pitié les adeptes du consensus mou, il faut lutter contre toutes les convictions potentiellement mortifères, il faut exiger des prises de position beaucoup plus fermes de la part des leaders religieux ou des intellectuels.

Courage, citoyens ! Portez-vous en avant sans crainte, ouvrez la voie spirituelle de demain ! L'avenir appartient à ceux qui ne baissent pas pavillon devant la dictature des idées en place. Encore faut-il proposer une alternative crédible : c'est ce que nous avons commencé à faire et que nous comptons bien poursuivre dans les lignes qui vont suivre.

 

 

Dieu
comme hypothèse raisonnable
Réflexions sur quelques données scientifiques récentes

 

 L’univers pensant

Qu’est-ce donc que l’univers pensant ?
Revenons maintenant à nos pensées, à toutes nos pensées, des plus importantes aux plus insignifiantes. Sans que nous en soyons conscients, elles voyagent donc à travers l'éther à la vitesse de la lumière, infiniment diluées certes, mais jamais éteintes. Ainsi baignons-nous sans nous en rendre compte dans l'univers spirituel de toutes les créatures passées et présentes, dont la pensée nous parvient à un instant donné.
Car il est très probable que sur d'innombrables mondes, dispersés au hasard des étoiles, des milliards de créatures sont capables de se concevoir en tant que telles, de s'interroger comme nous sur les raisons de leur présence fugitive en tant qu'êtres conscients, bref de penser.
Certaines sont en retard sur nous, à peine capables de porter sur elles-mêmes un regard distancié, d'autres sont assurément très en avance sans que nous puissions connaître la forme ni la direction suivie par leur intelligence. De la même façon que l'homéopathie, par un processus incompréhensible, agit peut-être sur nous à des doses infinitésimales, il est légitime d’imaginer que nous sommes en contact permanent avec la pensée de nos semblables, voire avec celles d'êtres extrêmement lointains et différents, qui peuvent avoir sur nous une influence que nous ne mesurons pas.
[...]
L'univers pensant qui vient ainsi à notre rencontre est d'une infinie richesse. Sans que nous soyons capables de la qualifier, nous avons en effet conscience de sa présence, de sa diversité, de sa puissance. La plupart d'entre nous chercherons d'ailleurs à lui associer un nom, le plus souvent celui de Dieu.

 

L’univers pensé

Dieu est-il bon ?
L'interrogation qui peut en revanche apparaître est celle de savoir si ce Dieu, immanent plus qu'agissant, peut diriger vers nous une de ces « grâces » auxquelles nous avons fait allusion dans notre approche intuitive ? Il nous semble que oui : si l'homme, consciemment ou non, se tourne vers « l'Esprit qui veille » au sein de l'univers en cherchant soutien et réconfort face aux problèmes qu'il rencontre, on ne voit pas pourquoi celui-ci ne pourrait lui renvoyer une part de l'énergie spirituelle qui l'habite sous forme d'une réponse qui n'a nul besoin d’être formulée. La « grâce » consistera alors pour l'être humain à sentir au fond de lui-même une certitude qui le dépasse, mais qui lui apporte joie et sérénité.

C'est à nous qu'il appartient à tout moment d'orienter la création dans la bonne ou la mauvaise direction.

 

Démons
Si toutes les intelligences passées, présentes et à venir, sont en quelque sorte « parties constitutives » de Dieu, il est inévitable de trouver parmi elles des personnalités déviantes, disons des « démons », pour emprunter le langage de la plupart des religions révélées. Le personnage d'Hitler, agissant au nom d'une morale radicalement inversée, en est un exemple récent. Ici gît la plus inquiétante conséquence de notre postulat, puisqu'il revient à dire que la Création sera bonne ou mauvaise selon ce que nous en ferons, ce qui nous place devant une responsabilité effrayante.

[...]
En chacun de nous sommeille un « Loup des Steppes », caricature de la brutalité, de la cruauté, mais aussi de la force, qui côtoie à l’intérieur même de notre pensée les plus nobles aspirations. Ainsi « Dieu » est-il dans notre conception à la fois le sage et le fou, le bien et le mal sans que nous puissions connaître son dessein et il nous appartient de témoigner par nos actes de la vision idéale que nous nous en faisons.

 

 

Louanges et obligations

Louange et action de grâce

Il est certes possible d'objecter que la laideur est partout, que le spectacle des turpitudes humaines est décourageant, il n'en reste pas moins que si le pire coexiste avec le meilleur, le spectacle de la vie comporte beaucoup de moments où l'enthousiasme l'emporte. Le spectacle de la nature dans sa grandeur, le sourire spontané d'un enfant, l'abandon confiant de l'être aimé, la solidarité humaine en action, nous bouleversent et nous portent à ce sentiment profond nommé action de grâce. C'est en somme l'émerveillement de la créature rendant hommage à l'œuvre du Créateur présent en lui et au-delà de lui (hommage « montant »). Dans cette attitude particulière, l'esprit se fond dans une démarche de louange, il s'incline devant la beauté du monde, il s'efforce de se rendre digne du spectacle qui lui est offert.

 

_____________________________________

( 1 ) E. Renan, Marc Aurèle, toome VII de « L'Histoire des origines du christianisme »
( 2 )
Emmanuel Berl, Essais, Julliard, 1985.


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