Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion


 

 

Dieu et l’amour


 

pasteur Serge Soulié

 

blog


3 janvier 2021

La religion chrétienne affirme, quelles que soient les obédiences, l’amour de Dieu pour les humains. De manière plus générale toutes les religions proclament cet amour. Dans l’islam par exemple, Allah est appelé « le Tout misécordieux, Ar-Rahmân » pour dire l’immense clémence de Dieu envers ses créatures. Parmi les chrétiens, cet amour est parfois attribué à Jésus sans que celui-ci soit considéré comme un Dieu.

Cette affirmation de l’amour de Dieu pour les humains est accompagnée, dans la Bible comme dans le Coran, de la colère dans laquelle Dieu peut entrer et punir l’infidèle jusqu’à la mort. Dès les premiers temps, les hommes ont attribué les manifestations de la nature à des puissances surnaturelles et souvent hostiles. Ils en ont rendus les dieux -puis le Dieu unique- responsables de cette hostilité. Il n’est donc pas surprenant de retrouver l’esprit de vengeance de Dieu dans la Bible et le Coran. Ces livres n’échappent pas aux croyances du moment.

L’originalité des religions est d’avoir mis en avant l’amour de Dieu. Le Coran précise que la clémence d’Allah précède toujours sa colère. Les évangiles insistent sur le pardon de Dieu. Cette précédence et ce pardon suffisent-ils pour se satisfaire d’un Dieu qui serait amour et qui dit-on aimerait ses créatures pour devenir un tyran dans le cas où les humains s’écarteraient de la voie qu’il a tracée ? Ceci est d’autant plus incompréhensible que cette voie n’est jamais ni définitivement tracée ni réellement connue. Le « Dieu veut que... » attribué au divin n’est qu’une manière peu élégante de cacher la volonté de celui qui parle. Il n’est pas recommandé de se prendre pour un prophète.

La difficulté vient de ce que Dieu est perçu comme un humain ayant les mêmes sentiments et développant des réactions identiques. Ne pouvant s’imaginer Dieu sans fin comme une mer sans rivages, les humains se retrouvent dans un Être qu’ils se représentent à partir de ce qu’ils connaissent. Pourraient-ils faire autrement ? Certainement pas. Seul Dieu est infini. L’homme est un être fini. Il ne peut pas accéder à une représentation juste de Dieu. Il est condamné à renoncer à s’imaginer Dieu comme son semblable.
Cette volonté de renoncement sera dynamisante. Elle le conduira à penser Dieu comme celui qui ne cherche pas plus à aimer qu’à haïr. Dieu est Tout autre : Il est amour (1 Jean 4.8). Autrement dit, il ne distribue pas l’amour. L’amour est à la fois sa matière et son essence. Dire « Dieu t’aime » est équivalent à dire « l’Amour t’aime ». L’évangéliste Jean l’écrit sans équivoque : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique » (Jean 3.16). La mission est accomplie.
L’amour est maintenant à la charge de Jésus et au-delà à l’humanité tout entière. Il leur appartient de faire vivre cet amour. Il y a eu transfert. C’est aux hommes à aimer en se référant à Jésus qui a mis en œuvre, en parole et en acte, l’amour de Dieu. Nous sommes appelés à aimer les autres et aimer Dieu comme Jésus a aimé le Père. L’amour divin n’existe qu’incarné dans l’autre. En dehors de ma relation au prochain (à l’autre et au Tout Autre), il n’y a pas d’amour venant du ciel. Il m’appartient d’aimer pour que l’amour de Dieu se manifeste. Il n’y a pas d’amour de Dieu pour moi en dehors de l’amour que j’apporte à Dieu et aux autres.
Quand j’aime l’amour j’en ressens les bienfaits. Il en va de même lorsque j’aime Dieu. Parler de l’amour de Dieu sans l’aimer est vain. A la suite d’un entretien un homme en souffrance m’a lancé : « me dire que Dieu m’aime ne m’apporte rien ». Il n’y avait pas d’autres réponses que de lui demander si lui aimait Dieu et l’amener par la suite à découvrir le verset de Math 22.37 « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » afin qu’il puisse entrer dans cette démarche d’amour pour le divin.

Toute la question est de savoir comment mettre en route le désir qui conduit l’humain à aimer Dieu. Notons tout d’abord que ce désir n’est ni de l’ordre du sentiment ni de celui de l’émotion et pas davantage de l’ordre du religieux. Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait à Dieu une enveloppe corporelle. Le terme de père dans la première hypostase de la trinité peut induire en erreur. Or Dieu n’est pas un papa. Ne confondons pas désir et besoin. Un besoin se comble. Le désir entraîne et met en route. L’objet du besoin est figé et invariable. Celui du désir appelle, il est en mouvement. Nous signalerons trois propositions pouvant conduire à l’amour pour Dieu. Attention : elles ne sont pas exhaustives.

a) Regarder la nature avec attention jusqu’à entendre le murmure des plantes, le sourire des fleurs, la supplication des animaux. Lever les yeux vers le ciel et voir le lever du soleil, son coucher ; le parcours de la lune et ses différents quartiers. Déchiffrer le ciel étoilé pour identifier les différentes constellations. La perfection d’une toile d’araignée. La transparence d’une goutte de rosée. Il faut s’attacher à la nature jusqu’à ce que sa beauté nous saisisse.

b) L’art et la culture révèlent le divin. Pour Picasso, l’art nous fait entrevoir la vérité. Pour Albert Camus il accroit la somme de liberté et de responsabilité qui est dans chaque homme et dans le monde. Il nous enseigne parce que l’on ne peut pas bien vivre en sachant que l’homme n’est rien et que la face de Dieu est affreuse. Pour Auguste Ingres l’art permet de découvrir le beau et l’éternel. Il permet aussi de se retrouver soi -même. A travers son œuvre l’artiste, l’écrivain, le sculpteur, le musicien, se dit et se découvre à la fois. A travers ceux qui l’écoutent, le voient et l’entendent il prend conscience qu’il fait partie d’un Tout.

c) Les actions positives des hommes invitent à regarder au-delà du commun et à se réjouir. Les médias ne retiennent trop souvent que ce qui est laid, dégradé et rabaissé. Mais il y a aussi le geste qui aide le blessé à se relever, la parole qui remet en route, le regard et le sourire qui invitent à la rencontre sincère, réconfortante et constructive de soi. Il y a enfin ceux qui s’engagent pour la paix et s’intéressent aux modèles qui ont déjà fait leur preuve. Seul le bon choix porte des fruits.

Toutes ces attentions conduisent chacun à contempler et à méditer. A porter un regard sur soi et se sentir lié à la création tout entière et à son créateur. Le premier rôle des offices religieux est de faciliter contemplation et méditation afin que chacun puisse s’ouvrir au Tout Autre et au prochain. Les offices doivent aider à s’émerveiller et à aimer d’un amour universel. Il devient alors impossible de ne pas aimer Dieu et toute sa création.

Dire « Dieu est amour » est bien différent de dire « Dieu t’aime ». La première expression invite à la recherche sur ce qu’est l’amour et comment le vivre. La seconde place la personne dans une situation où Dieu est responsable de tout ce qui arrive. De ce fait, devant le mal, soit la personne rejettera Dieu ou déclarera son inexistence, soit elle se culpabilisera considérant qu’elle mérite ce qui lui arrive. Consciemment ou pas elle se dira : Si Dieu m’aime et s’il est tout puissant, pourquoi me laisse-t-il souffrir ? Il n’y a pas de réponse. L’amour est l’ennemi du mal. Il ne le laisse pas triompher. Dieu n’aime pas, il est amour.



Retour vers Serge Soulié
Retour vers "libres opinions"

Vos commentaires et réactions

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : gilles@castelnau.eu
Il ne s'agit pas du réseau Linkedin auquel nous ne sommes pas rattachés.
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque