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Le message de Jésus : l’amour

 

Marc 12.28-33


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

13 octobre 2020
 

Marc 12.28-33
Un des spécialistes de la Loi s’approcha de lui ; il avait entendu cette discussion et avait remarqué avec quel à-propos Jésus avait répondu. Il lui demanda :
- Quel est le commandement le plus important de tous ?
Jésus répondit :
- Voici le commandement le plus important :
Ecoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, il est le seul Dieu ; tu aimeras donc le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. 31 
Et voici celui qui vient en second rang : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus important que ceux-là.
- C’est bien, Maître, lui dit le spécialiste de la Loi, tu as dit vrai : il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y en a pas d’autre que lui ;  l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, ainsi qu’aimer son prochain comme soi-même, c’est bien plus important que tous les holocaustes et tous les sacrifices.

 

Mes amis, si Jésus n’avait fait que prêcher, son message n’aurait certainement pas franchi les petites collines d’Israël, mais Jésus, en Maître de sagesse qu’il était, a constamment mis en pratique ce qu’il enseignait. Le fait d’avoir continuellement et inlassablement allié théorie et pratique, est une des raisons qui ont fait que Jésus n’est pas passé inaperçu : ses paroles et ses actions, la cohérence entre les deux, ont révolutionné le monde.
Si nous voulons que notre foi ait un impact autour, nous comprenons peut-être ce qu’il nous reste à faire... Mais entre le savoir et le faire, il y a parfois quelques km...

Aujourd’hui, j’aimerais vous inviter à réfléchir sur le point central, sur le verbe central du message de Jésus qui est : « Tu aimeras » : le Seigneur ton Dieu, - ton prochain comme toi-même, aimez-vous les uns les autres.

S’il fallait que nous résumions par un seul verbe l’Ancien et le Nouveau Testament par un autre verbe, nous pourrions presque dire ceci :

Ancien Testament = « obéissez » ; NT
Nouveau Testament = « aimez ».

Non pas que l’amour soit totalement absent de l’Anvien Testament, ni que l’obéissance soit exclue du Nouveau Testament, mais je crois que l’obéissance vient en second lieu : ce n’est pas l’obéissance qui me conduira à l’amour, c’est l’amour qui produira en moi le désir de mettre en pratique les commandements de Dieu…

L’amour est au centre du message de Jésus. Mais qu’est-ce que l’amour ?
L’amour est-il un sentiment, une sensation qui fait battre mon cœur, rougir les joues des adolescents boutonneux, est-ce une émotion passagère qui va et qui vient au gré de mon humeur, ou bien est-ce une passion extraordinaire, exaltante, mais qui pulvérise tout sur son passage ?
L’amour, on ne sait pas trop ce que c’est, et pourtant c’est le thème principal de la plupart des livres, des chansons, des films.
L’amour, on ne sait pas ce que c’est, mais on en a tous besoin, comme on a besoin de l’air, du soleil ; l’amour, c’est vital : ceux qui ont eu un grand manque d’amour dans leur enfance sont souvent malheureux quand ils sont adultes et cherchent par tous les moyens, bons ou mauvais, à combler ce manque.
L’amour, c’est notre principal moteur dans la vie : nous faisons pratiquement tout dans l’espoir d’être écouté, reconnu, vu, estimé, en un mot, nous faisons tout, du joli dessin dans le meilleur des cas, jusqu’à des actes de délinquance dans le pire des cas, tout cela, nous le faisons dans le but d’être... aimé et reconnu.

Il y aurait des millions de choses à dire concernant l’amour, mais ce matin, je vous invite à voir assez courtement ce que le Nouveau Testament nous dit sur cette étrange chose qu’est l’amour.
Dans le Nouveau Testament et dans le monde grec à l’époque, il y a 3 mots qui sont employés pour définir l’amour, et c’est bien pratique, parce qu’en français, c’est pas toujours évident : de quel amour parlons-nous quand nous disons : « j’aime la choucroute, j’aime Jules, j’aime Julie et j’aime ma femme ? » Est-ce le même degré d’amour, la même sorte d’amour ?
Ou, autre exemple, quand un homme, en parlant d’un de ses amis, dit qu’il l’aime, c-à-d qu’il l’apprécie en tant que personne, on l’accusera très vite d’être... vous voyez ce que je veux dire !

Alors, le Nouveau Testament, qui est écrit en grec, nous simplifie un peu le travail, en nous donnant trois mots tirés de la langue grecque pour définir l’amour.

1. Premier mot : « eros » ; en français on retrouve ce mot dans « érotisme. »
L’amour-éros est lié à la sexualité, au désir sexuel ; mais pas seulement à ce domaine-là ; « eros » touche tout le corps, c’est la sensualité, ce sont toutes les sensations du corps, tout ce qui fait vibrer le corps ; ainsi, une musique pleine d’émotion, ou un magnifique coucher de soleil peut être qualifié, sans honte et sans jugement moral, « d’érotique », parce que cela touche quelque chose dans mon être bien sûr, mais aussi dans mon corps.

2. Deuxième mot : « philia ». « philia » vient du verbe « philô » qui signifier « aimer ». Ex : la philosophie, c’est philo = aimer, et sophia = sagesse ; la philosophie, c’est « aimer la sagesse ». Ou : philanthrope : philo = aimer / anthropos : homme, l’être humain = celui qui aime l’humanité (et qui fait donne beaucoup)
L’amour-philia a souvent été traduit par « amitié », bien qu’il s’agisse d’un sentiment plus large puisque « philia » désigne tout aussi bien l’amour que j’éprouve pour mes enfants, ou pour mes parents.
« Philia » est un beau sentiment, mais ce mot ne suffit pas pour caractériser l’amour dont parlait Jésus.
Il y a dans « philia » une limite que Jésus va dépasser : « philia », c’est « je t’aime parce que tu es comme moi, parce que tu aimes les mêmes choses que moi, parce tu penses la même chose que moi » ; c’est : « on s’aime parce qu’on a les mêmes valeurs, les mêmes convictions, les mêmes goûts, la même culture, la même nationalité, la même race, le même nom de famille, etc... »
Il y a aussi dans « philia » une attente de retour : « je t’aime, dit philia, mais je te demande de m’aimer en retour, de m’aimer comme je t’aime ». Il y a une part d’égoïsme dans ce mot, il y a du « donnant-donnant » dans « philia » ; « je t’aime parce que tu m’apportes quelque chose » ; en somme « philia », c’est « je t’aime parce que... »
« Philia », ce n’est pas l’amour de Jésus, parce que « philia » est encore trop centré sur soi. Il faut un amour qui dépasse le « centré sur soi », il faut un amour qui nous arrache à nous-mêmes, à notre désir de posséder l’autre ou de le garder près de soi parce qu’il m’est utile, il faut un amour qui va plus loin. Et c’est cet amour que le grec du Nouveau Testament désigne sous le nom d’ « agapè »

3. « Agapè », c’est notre troisième définition de l’amour, « agapè », c’est l’amour dont Jésus parlait, c’est à cet amour que Jésus invite ses disciples quand il leur dit « aimez-vous les uns les autres. »
Que signifie « agapè » ? Quelle sorte d’amour est-ce ?
Agapè est différent de « philia » ; si « philia », c’est « je t’aime parce que », agapè sera « je t’aime », tout court, sans rien ajouter de plus.
Agapè, c’est « je t’aime » non pas à cause de ce que tu m’apportera en retour (de l’amour, de la considération, de l’admiration, des cadeaux, de l’argent ou quoi que ce soit d’autre), non pas parce que nous partageons les mêmes convictions, ni parce que nous avons la même religion, ni parce que nous fréquentons les mêmes églises, ni parce que nous avons les mêmes goûts, ou parce que nous aimons les mêmes couleurs, mais « agapè », c’est un amour gratuit qui me fait aimer l’autre non pas parce qu’il m’est proche, mais simplement parce qu’il est lui ou elle, parce que c’est un être humain, créé, lui aussi, à l’image de Dieu.

Un tel amour n’est possible que si je suis capable de reconnaître un parcelle de Dieu en chacun, du plus sympathique de mes amis au plus désagréables de mes « ennemis. » Folie, dira-t-on ! On ne peut pas aimer son ennemi ! Peut-être. Mais cette folie est celle de Jésus. « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous persécutent ». Est-ce possible ?
Si vous voulez aimer comme Jésus a aimé, alors je vous souhaite bon courage ! Car il vous faudra alors apprendre à aimer de l’amour-agapè, et pour y arriver, il vous faudra en enlever des centimètres d’amour-propre, il vous faudra en laisser des kilos d’orgueil !

Aimer de cet amour-là est difficile. Si vite, nous sommes renvoyés à nos limites. Si vite, nous baissons les bras, si vite, nous faisons marche arrière, nos stocks d’amour sont rapidement épuisés…
Agapè est difficile. Mais « agapè » est possible. Pour vous comme pour moi. Agapè est possible dans la mesure même où vous laissez Jésus vivre en vous. Si vous lui laissez une petite place, et c’est votre droit, vous vivrez un petit « agapè » ; si vous laissez plus de place, ce qui serait mon souhait, votre « agapè » sera plus grande...

Une jeune femme qui s’appelle Christine m’avait dit un jour qu’elle aimait bien son prénom parce qu’il contient le mot « Christ » et son prénom l’aide alors à vivre plus profondément sa relation avec Jésus-Christ. Mais malheureusement il ne suffit pas d’avoir le mot « Christ » dans son prénom ou dans sa bouche, ou dire « le Christ habite dans mon cœur » pour vivre automatiquement et facilement l’amour-agapè.
Nous sommes invités à rendre visible cet amour, non pas seulement dans des actions héroïques ou extraordinaires, ou dans une vie vouée aux lépreux comme Mère Térésa l’avait fait.

L’amour-agapè, ça commence beaucoup plus petitement, ça commence et ça se montre et ça se propage dans nos relations les uns avec les autres, des relations marquée par des attitudes de respect, de compréhension, d’indulgence, ça se montre par le souci désintéressé qu’on a de l’autre.

L’amour-agapè ne condamne pas la personne, même si l’on approuve pas ses actes, l’amour-agapè n’écrase pas, mais l’amour-agapè cherchera humblement le bien-être de l’autre, - à relever l’autre, et pour relever quelqu’un, il faut se mettre à genoux, se mettre au niveau de l’autre, et ensuite on pourra relever, aider. Mais c’est parfois dur de plier le genou.

L’apôtre Paul a écrit cela d’une façon plus théologique, mais non moins profonde et personnelle : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ». En laissant l’Esprit de Jésus vivre en moi, en nous, en notre Église, l’amour-agapè viendra aussi vivre en moi, en nous, en notre Église.

Que Jésus, par son Esprit nous donne d’apprendre à vivre dans cet amour, que « amour - agapè » puisse s’épanouir en nous !

Amen !



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