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Du désert à la plénitude

 

 

Marc 8.1-9


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

7 octobre 2020

Marc 8.1-9
En ces jours-là, une grande foule s’était de nouveau rassemblée autour de Jésus et elle n’avait rien à manger. Jésus appela donc ses disciples et leur dit :
- J’ai pitié de cette foule : cela fait trois jours que ces gens sont avec moi et ils n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces vont leur manquer en chemin, car certains d’entre eux sont venus de loin.
Ses disciples lui répondirent :
- Où pourra-t-on trouver dans cet endroit désert assez de pain pour les nourrir ?
- Combien avez-vous de pains ? leur demanda-t-il.
- Sept, répondirent-ils.
Alors il invita tout le monde à s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et, après avoir remercié Dieu, il les partagea et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ce qu’ils firent. Ils avaient aussi quelques petits poissons.
Jésus prononça la prière de bénédiction pour les poissons et dit à ses disciples de les distribuer également. Tout le monde mangea à satiété. On ramassa sept corbeilles des morceaux qui restaient. Il y avait là environ quatre mille hommes. Ensuite Jésus les congédia.


Récit connu... mais voici une manière un peu différente d’aborder cette histoire...
Petit retour sur les congés d’été... Où étiez-vous en vacances cette année ?
Parmi les différents lieux où en vont les gens, il y en a un où il vaut mieux prendre avec soi une gourde et des litres d’eau, car dans ce coin-là, il fait très soif : je veux parler du désert. Cette destination connaît un relatif succès, les gens ont envie de dépaysement, ils en ont assez du bruit et des bouchons, alors, hop, on s’en va faire une virée dans le Sahara. Dans le désert, il y a de la place, et puis tout est organisé, pas de crainte de se perdre ou de mourir de soif. Ça, c’est le côté touristique, le côté folklorique ; mais ne nous y trompons pas, le désert, c’est peut-être beau, mais le désert est sans pitié pour celui qui s’y perd. Au sens figuré, quand on dit de quelqu’un qu’il « traverse le désert », ça signifie que ça va mal pour lui.

Ce sont ces déserts-là que j’évoquerais courtement.

 

Les quatre déserts

Dans le récit que nous avons lu, il y a plusieurs déserts. Et ces déserts, nous pouvons les connaître aussi.

D’abord, le désert moral.
C’est le désert de la tristesse, de l’abattement, du découragement. Suite à une mauvaise nouvelle, suite à un événement dramatique, un accident, une rupture ou un échec, nous avons baissé les bras, nous avons « rendu le tablier », nous nous sommes peut-être effondrés, avec l’envie de tout plaquer, on ferme la porte. Besoin de solitude, besoin de recul, besoin de faire le vide. Être seul pour soigner sa peine.
La solitude, ça peut faire du bien, mais ça a aussi a aussi son côté négatif : s’y enfermer pour ressasser les souvenirs n’aide pas, et continuer à vivre dans le passé peut même nous amener à la dépression.

Ensuite, il y a aussi dans le texte, le désert spirituel.
Les foules sont là, elles apprennent que Jésus est dans la région, elles viennent vers lui. Pour quelles raisons ? Peut-être par curiosité : on a envie de voir et d’entendre cet homme célèbre ; d’autres viennent en espérant assister à un miracle sensationnel. Les motivations des foules ne sont pas toujours très positives.
Marc nous dit que Jésus a pitié de la foule : elle a faim. Faim de pain, mais aussi d’autre chose – sinon, elle ne serait pas restée trois jours... Ici, la foule a faim de vie, de sens.
Il y a dans la vie de beaucoup de personnes un vide, une recherche de sens : pourquoi est-ce qu’on vit, quel est le sens de la vie, y a-t-il quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous donne une raison de vivre, qui nous motive à nous lever chaque matin, quelque chose qui nous élève, nous rend meilleurs ?

Et puis il y a aussi le désert physique
Jésus, ses disciples, la foule, ils sont tous là dans cet endroit désert, loin des villages, loin de tout. Le désert « physique », nous pouvons le connaître aussi, et sans aller au Sahara.
Ce désert peut être causé par la maladie : on est éloigné des siens, dans une chambre d’hôpital, ou emmené loin, dans un centre de convalescence ; il y a aussi des maladies qui font le vide autour de soi (cancer, dépression, la maladie d’Alzheimer) ou des situations particulières comme le célibat, le veuvage, le chômage, la retraite, le temps de la vieillesse, on se retrouve seul, parfois on doit quitter le « chez soi », pour se rendre dans une maison de retraite, à l’écart, loin de la famille, loin des amis. Et certains peuvent même avoir l’impression que la famille s’est débarrassée d’eux...
Quand on est dans ce désert-là, on peut se sentir inutile, on a l’impression d’être un numéro, un cas, on ne sait plus quoi faire pour s’occuper, c’est le désert relationnel : loin de la vie, loin des rires et de la joie, on se sent soudain très seul.

Et cela peut conduire au désert le plus tragique, le désert psychique.
Quand Jésus demande à ses disciples de nourrir la foule, ils ne savent pas quoi faire, comment réagir, ils sont désorientés, ils se sentent incapables, dépassés par les événements. Alors ils paniquent, ils perdent la tête :
« Comment veux-tu qu’on nourrisse cette foule, on n'a rien ou si peu... ».
C’est dur de perdre la tête, c’est dur d’être « parqué » en hôpital psy parce qu’on a disjoncté, parce qu’on a craqué ; c’est dur de perdre la mémoire, de ne plus reconnaître les siens... Le désert psychique, c’est le désert le plus triste, le plus douloureux...
Ce récit nous présente donc quatre déserts : moral, spirituel, physique et psychique. Mais le texte ne s’arrête pas là, et heureusement pour nous ! Le texte nous donne aussi quelques pistes pour sortir de ces déserts !

 

La sortie du désert

Sortir du désert moral.
Dans l’Evangile de Matthieu, au sujet du même récit, Jésus avait envie de se retirer seul dans le désert. Mais il n’en n’a pas eu le temps : la foule est là, tout autour de Jésus, elle attend quelque chose de lui, elle attend des réponses, un enseignement, une direction. Que fait Jésus ? Il renonce à son projet de solitude, de paix et de repos, il reste là, et il se met à guérir les malades, il se met à enseigner.
Voilà un des meilleurs moyens pour sortir du désert moral : ce n’est pas en fuyant les autres, au contraire ! Pour sortir du désert moral, il est nécessaire de se tourner vers les autres, de s’occuper des autres, de se soucier des autres. C’est en donnant qu’on reçoit.

Sortir du désert spirituel
Que fait Jésus, face à cette foule ? Il se met à les enseigner ! Une des plus belles réponses au vide spirituel de tant de gens autour de nous se trouve certainement en Jésus, dans son enseignement, à travers son message, dans ses paroles de sagesse, dans sa compassion pour chacun !
Le message de Jésus n’est pas seulement théorique ou théologique, il peut toucher toute notre vie et celle des autres.

Sortir du désert physique
Pour Jésus, nous sommes tous importants, aux yeux de Jésus, nous avons tous de la valeur, autant les bien-portant que les malades, je dirai même que ce sont surtout les malades, les faibles qui sont importants aux yeux du Christ. Pour lui, je ne suis pas un N°, je ne suis pas un cas ; lui, il ne rejette pas, il n’exclut pas.
Pour sortir du désert physique, du désert de la maladie, il nous faut découvrir la compassion de Jésus pour les personnes qui souffrent. Jésus est proche des malades, il est proche des personnes âgées, de ceux qui sont seuls, parce qu’il les aime, parce qu’il a compassion d’eux.
Le désert de la maladie, le désert du chômage, le désert du rejet, le désert de la vieillesse, qu’ils soient remplis par l’amour et la présence du Christ !
Et là, nous pouvons aussi, les uns et les autres, être des instruments de cet amour et de cette présence en allant auprès des autres, en les aimant, en les écoutant, en priant pour eux.

Et pour finir, comment sortir du désert psychique ?
Face à la foule, les disciples sont incapables de réagir. Mais Jésus ne leur dit pas : « Vous êtes des incapables, vous êtes des nuls, je ne peux pas compter sur vous, il faut que je fasse tout moi-même, mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une équipe pareille ?... » Jésus ne les critique pas, il ne les juge pas, il dit simplement : « Apportez ce que vous avez, même si c’est peu. »
Autrement dit : « Ne restez pas là à rien faire, ne laissez pas votre cerveau devenir mou, mais faites travailler votre tête, votre intelligence, votre mémoire, vos pensées, votre corps et ensuite, comptez sur moi, je serai près de vous. »
Pour les disciples, pour la foule, le miracle s’accomplit : le peu de pain et de poisson que les disciples ont apporté a été multiplié, il reste même douze paniers pleins de nourriture.

Conclusion :
Des corbeilles vides aux paniers pleins, du désert à la plénitude. Le chemin de l’un à l’autre prendra du temps, et si vous voulez qu’il aboutisse, il passera nécessairement par Jésus, par l’écoute de son enseignement, par la mise en pratique de son message, par le peu que nous, les disciples désemparés d’aujourd’hui, offrirons à notre Maître...
Que le Seigneur remplisse notre vie de la plénitude de son amour, de sa présence et de son Esprit !
Que nos déserts refleurissent par la puissance de vie et de joie de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ !
Que nos vies désertes deviennent un champ de fleurs et de fruits, un jardin à la gloire de notre Dieu !

Amen !



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