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Nombres 11 et Actes 6


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

9 septembre 2020

Nombres 11.1-17
Le peuple murmura et cela déplut aux oreilles de l'Eternel. Lorsque l'Eternel l'entendit, sa colère s'enflamma ; le feu de l'Eternel s'alluma parmi eux, et dévora l'extrémité du camp.
Le peuple cria à Moïse. Moïse pria l'Eternel, et le feu s'arrêta.
On donna à ce lieu le nom de Tabeéra, parce que le feu de l'Eternel s'était allumé parmi eux.
Le ramassis de gens qui se trouvaient au milieu d'Israël fut saisi de convoitise ; et même les enfants d'Israël recommencèrent à pleurer et dirent :
-  Qui nous donnera de la viande à manger ? Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Egypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx.
Maintenant, notre âme est desséchée: plus rien ! Nos yeux ne voient que de la manne.
La manne ressemblait à de la graine de coriandre, et avait l'apparence du bdellium.
Le peuple se dispersait pour la ramasser ; il la broyait avec des meules, ou la pilait dans un mortier ; il la cuisait au pot, et en faisait des gâteaux. Elle avait le goût d'un gâteau à l'huile.
Quand la rosée descendait la nuit sur le camp, la manne y descendait aussi.
Moïse entendit le peuple qui pleurait, chacun dans sa famille et à l'entrée de sa tente. La colère de l'Eternel s'enflamma fortement.
Moïse fut attristé, et il dit à l'Eternel :
-  Pourquoi affliges-tu ton serviteur, et pourquoi n'ai-je pas trouvé grâce à tes yeux, que tu aies mis sur moi la charge de tout ce peuple ? Est-ce moi qui ai conçu ce peuple ? est-ce moi qui l'ai enfanté, pour que tu me dises : Porte-le sur ton sein, comme le nourricier porte un enfant, jusqu'au pays que tu as juré à ses pères de lui donner ?
Où prendrai-je de la viande pour donner à tout ce peuple ? Car ils pleurent auprès de moi, en disant : Donne-nous de la viande à manger !
Je ne puis pas, à moi seul, porter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi. Plutôt que de me traiter ainsi, tue-moi, je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, et que je ne voie pas mon malheur.
L'Eternel dit à Moïse :
-  Assemble auprès de moi soixante-dix hommes des anciens d'Israël, de ceux que tu connais comme anciens du peuple et ayant autorité sur lui; amène-les à la tente d'assignation, et qu'ils s'y présentent avec toi.
Je descendrai, et là je te parlerai; je prendrai de l'esprit qui est sur toi, et je le mettrai sur eux, afin qu'ils portent avec toi la charge du peuple, et que tu ne la portes pas à toi seul.

 

Actes 6
1 En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour.
2 Les douze convoquèrent la multitude des disciples, et dirent : Il n'est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables.
3 C'est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l'on rende un bon témoignage, qui soient pleins d'Esprit-Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi.
4 Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole.
5 Cette proposition plut à toute l'assemblée. Ils élurent Etienne, homme plein de foi et d'Esprit-Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte d'Antioche.
6 Ils les présentèrent aux apôtres, qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains.



La vie d’une église, d’une communauté, d’une paroisse n’est pas toujours facile. Il y a des hauts et des bas, des moments de tensions. Mais il y aussi des joies, il y a le plaisir d’être ensemble, comme ce matin, au culte, mais aussi dans nos temps de fêtes.
Pour vivre une bonne et belle vie d’église, la Bible contient un secret. Et ce matin, je vais vous partager ce secret !
Deux textes bibliques nous guident sur ce « secret » : le chapitre 11 du livre des Nombres qui se trouve dans l’Ancien Testament, et dans le Nouveau Testament, le 6e chapitre du livre des Actes.

Voici, en résumé, et avec mes mots, ce dont il est question dans ces deux textes.

Nombres 11 : Moïse, le grand Moïse, eh bien, il en a assez. La patience a quand même des limites, même pour un patriarche chevronné ! Quand le peuple d’Israël est sorti d’Egypte sous la conduite de Moïse, quand, miracle, la mer s’est ouverte pour laisser passer les Israélites, le cœur de Moïse était rempli d’exaltation et d’excitation, Moïse était au 7e ciel   Mais, quelques jours plus tard, patatras, l’enthousiasme a fait place au plus noir des découragements. En quelques instants, Moïse est passé du paradis à l’enfer...

Parce que... parce que le peuple n’arrête pas de râler : nous avons faim, nous avons soif, c’était mieux avant, nous regrettons, (et ce que je vais dire maintenant est écrit comme ça dans la Bible) « Nous regrettons la viande, les poissons, les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et l’ail. » Oublié l’esclavage en Egypte, les coups de fouet, la souffrance, les pleurs, la mort. Tout ce qu’ils veulent maintenant, c’est une bonne soupe de légumes accompagnée de knacks !

Moïse est fatigué, Moïse est déprimé, Moïse n’en peut plus – n’en veut plus – de ce peuple ingrat et versatile. Alors Moïse dit à Dieu : « Je ne suis pas capable de porter à moi seul la responsabilité de tout ce peuple ! C’est trop lourd pour moi, prend ma vie, laisse-moi mourir ! »...

On fait maintenant un bond de deux milles ans dans le temps.

Livre des Actes, chapitre 6 : autre temps, autre peuple, le peuple de l’Église. Les disciples de Jésus sont devenus apôtres. Avec Jésus, ils ont connu les trois glorieuses, ces années de pérégrinations à travers Israël ; avec Jésus, ils sont montés le cœur plein d’espérance vers la ville sainte, vers Jérusalem. Là, alors qu’ils étaient au sommet de leur carrière, ils sont passés par la terrible désillusion de la trahison, de l’arrestation et de la mort ignoble de leur Maître, pour vivre ensuite la plus grande expérience de leur vie, la rencontre avec le Ressuscité !

Maintenant, ils sont à la tête d’une grande communauté d’hommes et de femmes qui ont adhéré au message de Jésus, les conversions se chiffrent par centaines.

C’est le succès, mais tout n’est pas si simple. Il faut organiser la vie communautaire. Les apôtres sont tour à tour – et dans la même journée – enseignants, pasteurs, conseillers, managers, cuisiniers, serveurs... C’en est trop, ils ne peuvent pas tout faire, ils commencent à craquer, et quand ils apprennent, vers midi, que des conflits de service aux tables compromettent sérieusement l’unité de la communauté, ils baissent les bras et se tournent vers Dieu.

Moïse est écrasé sous le poids de sa responsabilité, les apôtres ne sont pas loin du burn-out, les deux communautés – Israël et l’Eglise – risquent de s’effondrer : sans chef, sans conducteurs, un peuple ne va pas bien loin.
Moïse et les apôtres attendent de Dieu un signe, une parole, un conseil.

Il faut croire que le Dieu de la Bible est le Dieu du management, car voici ce qu’il dit à Moïse :

Nombres 11
Rassemble-moi soixante-dix hommes choisis parmi les responsables d’Israël, des hommes que tu sais être des responsables et des chefs du peuple, et amène-les devant la tente de la Rencontre. Qu’ils se tiennent là avec toi. Alors je descendrai m’entretenir là avec toi, je prendrai de l’Esprit qui est sur toi et je le leur donnerai, pour qu’ils portent avec toi la charge de ce peuple, de sorte que tu n’auras plus à la porter seul.

Et que disent les apôtres de la part de Dieu ?

Actes 6
Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper des distributions. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Nous les chargerons de ce travail. Cela nous permettra de nous consacrer à la prière et au service de l’enseignement.

Des milliers d’années séparent ces deux récits, mais leur proximité de situation est frappante. L’avenir de deux communautés était menacé, chute du chef d’un côté, éparpillement des forces vives de l’autre. Mais une solution a été trouvée de part et d’autre.
Des centaines d’années nous séparent de ces récits, mais ici ou là, le problème demeure. Combien de pasteurs fatigués, combien de responsables déprimés, combien de dirigeants épuisés ont failli mettre en jeu leur vie, leur paroisse ou leur entreprise parce que trop occupés, trop écrasés, trop seuls.
Et pourtant, la bonne vieille solution divine (et humaine et spirituelle) est toujours là : constituer une équipe, s’entourer de gens compétents, déléguer les tâches et les responsabilités.

L’avez-vous remarqué – il est question de l’Esprit de Dieu dans les deux textes – n’est-ce pas là, dans ces choses tout bassement matérielles et organisationnelles que commence le travail de l’Esprit Saint ? Soixante-dix hommes remplis du Saint-Esprit pour aider Moïse dans sa tâche de conducteur, et l’ « invention » des diacres (on pourrait dire : des conseillers presbytéraux ou des bénévoles), eux aussi remplis du Saint-Esprit, pour permettre aux apôtres de continuer leur ministère d’enseignement.

L’Esprit-Saint, c’est pas pour la Pentecôte qu’il est donné, c’est pas pour faire des miracles qu’il est accordé.
Ici, dans ces deux récits fondateurs, l’Esprit Saint est donné, l’Esprit Saint agit quand des hommes et des femmes mettent ensemble leurs forces et leur bonne volonté pour partager des tâches, pour s’entraider les uns les autres, pour permettre à une communauté donnée ou un groupe donné de vivre sa destinée et sa vocation particulières.

L’Esprit Saint est donné pour être partagé, l’Esprit Saint n’est pas une donnée individuelle, mais communautaire. Autrement dit, dans le contexte précis de nos deux récits, l’Esprit Saint n’a de sens, de valeur, et de corps qu’en lien avec une communauté ou un groupe qui œuvre et qui s’ouvre au témoignage et au partage.

N’est-ce pas à cela que nous sommes appelés ? A des échanges, des discussions, à un le partage des tâches, pour un but commun : faire vivre la paroisse, à travers toutes ses activités, avec tous ses membres, avec tous ses groupes. Et pour cela, nous avons besoin de l’Esprit de Dieu.

Et si, finalement, dans une certaine mesure, si l’Esprit Saint, c’était, en majuscule, dans le sens noble et spirituel du terme, l’Esprit d’Equipe ? Que cet Esprit nous conduise ! Amen !



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