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La conversion de Saul (Paul)

 

 

Actes 9


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

1er septembre 2020

Actes 9.1-9
Saul, qui ne pensait qu’à menacer et à tuer les disciples du Seigneur, se rendit chez le grand-prêtre et lui demanda des lettres de recommandation pour les synagogues de Damas. Ces lettres l’autorisaient, s’il trouvait là-bas des hommes ou des femmes qui suivaient la voie du Seigneur, à les arrêter et à les amener à Jérusalem.
Il se dirigeait donc vers Damas et approchait déjà de cette ville quand, soudain, il fut environné d’une lumière éclatante qui venait du ciel. Il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait :
-  Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?
Saul demanda :
-  Qui es-tu, Seigneur ?
La voix reprit : 5 —
- Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et là on te dira ce que tu dois faire.
Ses compagnons de voyage restèrent figés sur place, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais ne voyaient personne. Saul se releva de terre, mais il avait beau ouvrir les yeux, il ne voyait plus. Il fallut le prendre par la main pour le conduire à Damas.
Il resta aveugle pendant trois jours, et ne mangea ni ne but.

Et voilà ! Paul, le grand apôtre Paul, connait le plus grand bouleversement de sa vie, on pourrait même dire, le plus terrible traumatisme de sa vie ! Il se retrouve soudain à terre, comme terrassé par une force qui le submerge, il devient même momentanément aveugle.

A cet instant-là, Paul va vraiment prendre conscience de la signification du prénom Paul – un prénom que le lecteur du livre des Actes découvrira plus tard un plus tard, au moment où Paul sera en territoire exclusivement romain. Paul est un prénom romain, et Saul ou Saül, est un prénom hébreu. Dans l’Empire romain, les gens avaient parfois deux prénoms, celui qu’on avait dans la langue du pays de naissance, et celui de la langue de l’occupant.

Dans le texte que nous avons lu, il est question de Saul – mais pour que ce soit plus aisé, je l’appelle déjà Paul, comme ça il n’y a pas de confusion.

Alors, savez-vous ce que signifie le prénom Paul ? Y a-t-il des Paul parmi nous ? Paul signifie tout simplement : petit. Paul était peut-être de petite taille (comme moi, par exemple), mais je pense qu’il a dû choisir ce prénom pour symboliser l’expérience humiliante qu’il a connu sur le chemin de Damas, une expérience qui a mis à terre son orgueil, sa vanité, sa prétention à être le meilleur des hommes de sa classe et de sa religion.

Car, savez-vous ce que signifie « Saul » ? En hébreu, Saul signifie « demandé ». Chez les Hébreux, on donnait souvent un prénom qui exprime quelque chose qui est lien avec la grossesse ou avec les circonstances dans lesquelles se passait l’accouchement. En l’occurrence, ça pourrait être une demande que les parents de Paul ont adressée à Dieu, une demande d’avoir un enfant. Sa mère aurait pu dire : on a demandé à Dieu de bénir notre union, et il nous a exaucé ; en reconnaissance, on appellera cet enfant « Saul ».

Mais, je pense que ce n’est pas seulement ses parents qui ont « demandé ». Paul, lui aussi a beaucoup demandé ! Paul voulait avoir une carrière exceptionnelle, il voulait briller, être au-dessus des autres, et d’une certaine façon, il a été exaucé. Quand, plus tard, Paul parlera de lui, il alignera les titres et les diplômes. Un a un, il avait gravi les échelons de la carrière religieuse, il était devenu quelqu’un de très important, quelqu’un qu’on admirait, quelqu’un qu’on craignait : il était devenu le grand persécuteur des chrétiens.

Mais, en cet instant, dans l’épouvantable expérience qu’il vient de vivre, tous les plans que Paul avait bâti se retrouvent, comme lui, à terre ! Tous ses projets, tout son grand but, tout cela est balayé comme un château de cartes, il n’en reste rien que de la poussière, là où Paul git au même moment.

Le grand Saul est devenu le petit Paul... sur le chemin de Damas. D’ailleurs, ces mots sont devenu une expression populaire : quand quelqu’un passe par une expérience qui bouleverse totalement sa vie, on dit qu’il « fait son chemin de Damas ».

Question : qu’est-ce qui, en Paul, a provoqué ce cataclysme intérieur, cette révolution intérieure qui marquera à tout jamais sa vie ? Qu’est-ce qui a provoqué cela ?
La religion ? Non ! Les croyances ? Non ! La Bible ? Non !

Ce qui a provoqué ce renversement en Paul, c’est une rencontre. Une rencontre avec une personne. Une rencontre avec Jésus.

Une rencontre peut changer une vie. Quand vous avez rencontré l’Amour (avec une grand A), que vous êtes tombés follement amoureux de l’homme ou de la femme de votre vie, toute votre existence a été bouleversée !
Ici, vraiment, Paul rencontre l’AMOUR avec un grand A, un grand M, un grand O, une grand U, un grand R.

Paul n’a jamais su ce qu’est l’amour. Les respect des commandements, l’obéissance stricte aux lois du judaïsme, voilà ce qui était au centre de sa vie. Pour lui, aimer Dieu, c’était aimer les Dix Commandements. Pour lui, l’amour de Dieu se mérite, se prouve à la capacité d’être fidèles aux rites religieux.

Ici, vraiment, Paul rencontre l’amour. Ici, vraiment, Paul rencontre la grâce, c’est-à-dire l’amour inconditionnel, l’amour sans conditions préalables, sans récompenses ni punitions, sans promesse de paradis ni menace d’enfer.

Parce que : qu’est ce Paul entend, quelles paroles sortent de la bouche de Jésus ?
Des reproches ? Non ! Des jugements ? Non ! Des condamnations ? Non ! Paul entend juste une question : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »

Dans cette question, j’entends plus de la curiosité que de la réprimande. Cette une question empreinte d’amour, même de tendresse.

« Pourquoi, Paul, me persécutes-tu ? Que t’ai-je fait pour que tu sois aussi déterminé à faire du mal à ceux qui croient en moi, à ceux qui me suivent ? »
Paul découvre là ce qu’on appelle la loi de la réciprocité.

En pourchassant les chrétiens, en les persécutant, en leur faisant du mal, c’est comme s’il pourchassait Jésus, c’est comme s’il le persécutait, lui, c’est comme s’il faisait du mal à Jésus lui-même.
On pourrait même dire : en exerçant de la violence envers les chrétiens, c’est comme s’il était violent avec lui-même.
Faire du mal aux autres, c’est s’infliger ce même mal à soi-même. Blesser les autres, mentir aux autres, tromper les autres c’est se blesser soi-même, se mentir à soi-même, se tromper soi-même. Polluer la terre, détruire la terre, c’est se polluer et se détruire soi-même.

Mais, inversement, faire du bien aux autres, c’est se faire du bien à soi-même. Faire du bien à la nature, c’est faire du bien à nous-mêmes.

Ce que nous faisons pour les autres, en bien ou en mal, rejaillira toujours sur nous-mêmes, en bien ou en mal. Alors, vous avez le choix : si vous voulez être heureux, rendez les autres heureux. Si vous rendez les autres malheureux, vous finirez malheureux vous-mêmes…

Paul va faire le choix du bien : à partir de ce jour, Paul cessera de persécuter l’Eglise, il mettra toute ses forces, toute sa remarquable intelligence, au service de l’Eglise, au service du bien, au service de Jésus.

Mais, on le sait, la réalité n’est pas toujours idéale. La loi de la réciprocité ne marche pas à tous les coups : en découvrant l’amour de Jésus, Paul découvre en même temps la haine de ses concitoyens ; en rencontrant la douceur de Jésus, il rencontre aussi la violence verbale et physique de ceux qui ne lui pardonneront jamais d’avoir changé de camp, d’avoir choisi Jésus plutôt que la Loi de Moïse, d’avoir abandonné la religion des ancêtres pour suivre celle qu’on commençait à appeler le christianisme.

Vous l’avez peut-être vécu : faire le bien, aimer, ça ne marche pas toujours. Mais il faut pas se décourager : il faut faire le bien faire malgré tout. Parce que Jésus l’a fait. Parce qu’en faisant du bien aux autres, on fait du bien à Jésus.

Il faut faire le bien parce que... c’est bien. Il n’y a pas d’autre raison. Il faut aimer parce que l’amour, ça fait du bien.

Pour terminer :
En rencontrant Jésus – de façon assez dramatique en ce qui le concerne – Paul a pris un nouveau départ. Sa vie a été complètement chamboulée. De destructeur de communautés chrétiennes, il est devenu constructeur d’Eglises. La haine a fait place à l’amour. La paix est entrée dans son cœur. Le texte nous dit plus loin : c’est comme si des écailles tombaient de ses yeux (9.18).

Nous ne sommes pas Saul, ni Paul, mais nous, aujourd’hui, sommes aussi invités à rencontrer Jésus. Par la prière, par la lecture des Evangiles, en lui parlant, en imaginant sa présence à nos côtés.

Et qui sait ce que produira cette rencontre dans notre vie... De bien belles choses certainement.

Amen !



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