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Le plus grand commandement

 

Marc 12.28-34


pasteur René Lamey 


Église protestante d’Alsace et de Lorraine
Labroque-Schirmeck

 

 

18 août 2020

Il arrive parfois dans la vie qu’on rencontre des gens extraordinaires qui nous touchent, nous étonnent, nous font réfléchir.
C’est ce qui est arrivé, du temps de Jésus, à un spécialiste de la loi de Moïse.
Découvrons ensemble cette rencontre étonnante et bienfaisante pour le spécialiste de la loi, mais aussi pour Jésus !

Marc 12.28-34
Un des spécialistes de la Loi s’approcha de lui ; il avait entendu cette discussion et avait remarqué avec quel à-propos Jésus avait répondu. Il lui demanda :
-  Quel est le commandement le plus important de tous ?
Jésus répondit :

-  Voici le commandement le plus important :
Ecoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, il est le seul Dieu ;  tu aimeras donc le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.
 Et voici celui qui vient en second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus important que ceux-là.

- C’est bien, Maître, lui dit le spécialiste de la Loi, tu as dit vrai : il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y en a pas d’autre que lui : l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, ainsi qu’aimer son prochain comme soi-même, c’est bien plus important que tous les holocaustes et tous les sacrifices.
Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit :
-  Tu n’es pas loin du royaume de Dieu.

Après cela, personne n’osa plus lui poser de question.

 

Le spécialiste de la loi de Moïse avait été frappé de la manière dont Jésus répondait aux questions souvent tordues de ses adversaires. Cet homme était vraiment étonné par l’attitude de Jésus. De manière générale, lorsqu’il y avait un débat entre les spécialistes du texte biblique, tout le monde s’énervait, on argumentait à coups de texte bibliques, on se lançait dans des démonstrations compliquées et tout cela finissait parfois par des insultes et par des condamnations réciproques (un peu comme certains débats politiques où les invités s’échauffent et se disputent).

Les spécialistes de la loi, c’est-à-dire de l’enseignement de Moïse contenu dans les grands livres de loi de l’Ancien Testament, ces spécialistes, donc, connaissait pratiquement par cœur ces vieux textes, ils passaient une grande partie de la journée à essayer de comprendre ce que Moïse avait voulu dire et à réfléchir comment et dans quelles situations il fallait appliquer les cinq cents commandements de l’AT.

Ce sont ces hommes-là qui viennent tendre des pièges à Jésus. Pourquoi ? Parce qu’ils sont choqués. Ils sont choqués de la liberté que prend Jésus par rapport à la loi de Moïse. Ils sont aussi jaloux du succès de Jésus auprès des foules. Leur objectif est de disqualifier Jésus, de le ridiculiser, de le prendre en défaut sur telle ou telle partie de la loi.

Les évangiles regorgent de ce genre de scènes où l’on voit les interprètes de la loi interroger Jésus pour discréditer son autorité et son succès. Mais tous les spécialistes de la loi de Moïse ne sont pas des roublards, en tous cas, il y en a un, ici, qui est frappé, d’une part par le calme et la sérénité de Jésus, et d’autre par la sagesse et la cohérence de ses réponses.
Il s’arrange pour avoir un rendez-vous avec Jésus et il lui pose une question, une question, fondamentale et capitale : « Quel est le plus grand commandement ? », ou selon notre traduction : « Quel est le commandement le plus important ? » Autrement dit : qu’est-ce qui est essentiel dans la vie, qu’est-ce qui donne un vrai sens à la vie ?
Ce n’est pas une question-piège, c’est une question de curiosité, mieux même, une question où pointent un réel désir de connaissance, une réelle envie de savoir d’où viennent la sagesse et l’autorité de Jésus. D’une certaine manière, il veut connaitre le secret de Jésus !

La réponse de Jésus est claire est sans ambigüité : Aime Dieu et aime ton prochain.
Ce qui est essentiel, fondamental, ne se situe pas sur les centaines de commandements rituels qui régissaient la vie religieuse et sociale et sur lesquels les spécialistes de la loi et autres pharisiens ne dérogeaient pas d’un pouce, tout en jugeant et en condamnant avec la plus grande fermeté ceux qui n’arrivaient pas à mettre en pratique les règles et les prescriptions préconisés par la loi de Moïse.

Jésus ne met pas la pureté rituelle au centre de sa vie, il ne met pas le respect du sabbat au centre de son message, il ne se préoccupe pas du jeûne, des prières, des aumônes, du nombre de pas qu’il ne fallait pas dépasser le jour du sabbat, ni des multiples codes liées aux sacrifices, toutes ces choses qui, par contre, étaient au centre des débats sans fin des religieux du temps de Jésus.

Dans sa réponse, Jésus dépasse le cadre religieux, les gestes religieux, le rituel religieux. Jésus rassemble toutes les lois dans un commandement, un double commandement : aimer Dieu et aimer le prochain. La religion, ce n’est pas une série de doctrines et de dogmes auxquels il faut adhérer : la religion, selon Jésus, c’est aimer, point final !

Ce qui – dans ma vie, dans notre vie – est primordial, ce qui est vital, ce qui est central, ce n’est pas l’observation exacte et précise des lois rituelles et religieuses, ce qui est essentiel, ce n’est pas l’obéissance stricte des rites et rituels de la religion, mais ce qui est le plus important, ce sont mes paroles, mes actes envers ceux qui m’entourent, ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui vivent avec moi ou à côté de moi et que je croise tous les jours.

Le respect de la religion, c’est important – et Jésus ne dit pas le contraire – mais ce qui est mille fois plus important, c’est le respect de l’être humain, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, un respect qui, bien sûr, va de pair et découle du respect envers Dieu.

Saint-Augustin a dit : « Aime... et fais ce que tu veux. » Non pas faire n’importe quoi : celui qui aime vraiment aura à cœur de faire de bonnes et de belle choses.

Le spécialiste de loi accepte la réponse de Jésus. « C’est bien, Maître, dit-il, tu as dit vrai. » Les deux hommes ont dû se regarder avec respect, étant surpris et heureux d’être malgré tout sur la même longueur d’onde.
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu », lui dit Jésus, autrement dit : « Toi, tu as compris ce qui est important, ce qui est au centre de la religion, c’est-à-dire l’amour, c’est-à-dire la compassion, l’écoute, la compréhension, le pardon, la bienveillance. »

Et le texte de conclure : « Après cela, personne n’osa plus lui poser de questions. » Pourquoi ? Eh bien voici : quand vous vivez, quand vous agissez en étant inspirés et conduits par l’amour, plus personne n’a de raison de vous posez des questions. Bien sûr, ceux qui vous en veulent chercheront toujours la petite bête, mais vous n’avez pas besoin de vous laissez culpabiliser ni d’être troublés ou découragés : votre comportement sera votre défense et votre preuve – devant Dieu et devant les hommes.

Un célèbre américain, Noam Chomsky, a dit : « L’homme se définit par ses actes. » Non pas par sa religion, ni par son intelligence, ses connaissances ou ses compétences, ni par son pouvoir ou ses succès, ni par ses discours, ni par son métier, ni par la grosseur de son portefeuille, mais par ses actes, point final ! Des actes empreints d’amour…

Parfois, dans la vie, il y a des rencontres étonnantes. Ce spécialiste de la loi en a fait l’expérience : pour lui, Jésus n’est plus un rival à discréditer, il est devenu un Maitre. De même pour Jésus : il a croisé la route d’un homme au cœur intelligent, ouvert et réceptif.

Que nous aussi, nous puissions faire des rencontres surprenantes, des rencontres qui nous aideront à mieux vivre et à mieux aimer Dieu et notre prochain. Amen !
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